Zion National Park

Carnet de voyage – jeudi 5 juillet 2018

Maintenant que nous savons que certaines nuits peuvent être froides, nous avions pris nos dispositions : l’équipement néo Z est de nouveau de sortie, et la nuit se déroule bien mieux que la précédente !

Nous quittons notre campground dans la matinée, sans se presser : seulement 150 kilomètres nous séparent de notre prochaine étape, le Zion National Park.

Sur la route, nous en profitons pour nous arrêter au Red Canyon, le temps de nous dégourdir les pattes grâce à une sympathique marche de 1km à travers des hoodoos et des arches (oui encore, quand on aime on ne compte pas). Un arrêt rapide et sympa que Aurore avait noté à l’avance dans son calepin lors des préparatifs, il y a de cela plusieurs mois (autrement dit, l’arrêt doit être noté dans le lonely planet que nous avions emprunté… 😂).

 

 
 

Trêve de plaisanteries, il est temps de faire rentrer de l’information dans nos caboches ! Nous traversons la ville de Glendale connue pour abriter une très importante communauté de mormons et Aurore se plonge donc dans l’histoire de la religion mormone et celle des amish. 2 communautés qui n’ont en effet rien à voir mais européen que nous sommes c’était un peu flou l’histoire…

 

Il est midi quand nous atteignons l’entrée Est du Zion National Park. Des paysages complètement différents nous accueillent. Nous slalomons entre les montagnes et profitons des paysages tout en rejoignant le camping du parc que nous avons réservé, Watchman Campground.

 

Il fait 40degrés et malgré la présence d’un petit coin d’ombre que nous tenterons d’optimiser sur notre emplacement, le vent chaud rend l’installation peu agréable. Nous trouvons notre salue au pied d’un arbre, tandis que biches, chipmunks, écureuil et autres bestioles en tout genre viennent à notre rencontre : l’accueil est bien plus agréable que les températures !

À 18h alors que la température n’est toujours pas descendue, nous nous décidons à partir à la conquête du Watchman Trail, dont le départ se situe à quelques pas du camping. Il s’agit d’une randonnée de 5 kilomètres menant sur les hauteurs et offrant une jolie vue sur Springdale, la ville voisine installée à l’entrée du canyon et des Watchman Mountains.

 

 

C’est certes une jolie randonnée, mais sans plus : nous la verrons comme une mise en jambe pour le lendemain. En effet, nous avons prévu de nous attaquer à la randonnée la plus réputée du park (et semblerait-il la plus dangereuse) : Angel’s Landing Trail ! Une chose est sûre, si les températures ne baissent pas, ça va être chaud…

 

Carnet de voyage – vendredi 6 juillet 2018

Il est 7h quand nous partons prendre la navette nous permettant de nous rendre au début de la randonnée du jour. En été, les voitures n’ont pas accès à la route principale serpentant au cœur du Canyon de Zion, les rangers nous ont donc promis que nous pourrons bénéficier d’un système de navette gratuites fiables et très régulières pour nous y rendre. PIEGE EN VUE /!\

Nous attendrons pas moins de 1h30 avant de pouvoir emprunter un bus. Un goût amer pour nous deux qui n’aimons pas forcément les réveils aux aurores et encore moins les randonnées en pleines chaleurs au milieu de la foule (surtout quand on se donne les moyens de l’éviter).

Il est déjà 8h45 quand nous pouvons enfin nous attaquer à Angel’s Landing Trail, et le soleil tape déjà. Depuis notre arrivée, les recommandations pour finir cette randonnée pleuvent : particulièrement dangereuse, elle n’est pas faite pour les personnes qui n’ont pas une bonne condition physique, ni pour ceux qui ont peur du vide, ni pour ceux qui… Bref, vous l’aurez compris, niveau mise en confiance, on a vue mieux. Mais en voyant le nombre de personnes qui se lancent en même temps que nous, nous n’en sommes que plus motivés et partons à bloc.

La première partie est relativement simple, peu de dénivelé, c’est une balade d’un kilomètre suivi de lacets pour prendre de la hauteur et rejoindre le début de la crête. Toute cette partie est à l’ombre le matin, ce qui est réellement un bon point.

Les lacets sont de plus en plus serrés, mais en gardant un rythme lent, on monte facilement et sans se casser les jambes. On arrive ensuite sur une partie encaissée entre deux falaises, au milieu des arbres : de quoi reprendre son souffle et profiter de la fraicheur de la roche. Jusque-ici, rien de bien méchant donc.

Nous attaquons ensuite un second mur, composés de virages bien plus serrés et plus haut que sur la première partie. Ce mur se grimpe rapidement et permet d’avaler du dénivelé sur quelques centaines de mètres, ce qui devrait donc faciliter le reste de la randonnée qui est selon ce que nous savons « bien plus escarpée ».

Nous arrivons rapidement au point de vue sur la crête, et une pause s’impose. Nous sommes face à la dernière partie de la marche, qui est bien la plus impressionnante, et qui concentre ici tous les dangers que l’on nous avait décrits. A cette heure-ci, et comme nous le craignions, il y a pas mal de monde sur la randonnée, ce qui ne va pas nous permettre d’avancer à notre rythme. Certains en arrivant ici souffrent déjà physiquement : le ravitaillement à grand coup de coca et de chips ne va pas les aider… L’amérique.

 

Après 15mn à jouer avec nos potes écureuils chapardeurs, nous repartons pour cette dernière partie. L’ascension se fait tranquillement puisqu’il faut alterner entre les personnes qui montent et celles qui descendent, nous forçant à patienter sur d’étroites portions de roches au bord du vide. Une chaîne est installée pour nous aider tout le long, la crète n’est pas plus large que 1 mètre ou 2 mètres à certains endroits. Une chose est sûre, c’est que maintenant nous pouvons l’affirmer : nous n’avons pas le vertige !

 

Après 1h30 d’efforts modérés (certains passages méritent que l’on se glisse et que l’on escalade des gros blocs de roches), la vue se dégage à 360degré sur la Canyon et la vallée. C’est tout simplement magnifique et magique.

 
 

Malgré un soleil ravageur, on se pose pour admirer l’endroit pendant 15mn avant d’attaquer la redescente, histoire de ne pas avoir à faire tout le retour en plein cagnard. Ce sera juste le temps pour nous de comprendre pourquoi cette randonnée à déjà pris des vies (une dizaine selon ce que l’on sait) : les gens sont prêts à prendre tous les risques pour un selfie… Une fois de plus, la théorie de Bastien sur la sélection naturelle s’avère juste.

Alternant marche et course sur le retour (en descente, c’est tout de même bien plus simple), nous terminerons la randonnée de 8,8km et 450m de dénivelé positif en 3h contre les 4h indiqués par les Rangers, en incluant les pauses.

Pour beaucoup ce ne sera pas un exploit, mais pour nous qui n’avions pas une si bonne condition physique il y a encore quelques mois, c’est un sacré progrès de pouvoir courir sur ces murs sans s’essoufler. 

Nous finissons peu avant midi et ça aussi c’est un soulagement. Ceux qui attaquent la montée maintenant sont sous un soleil de plomb, et en souffrent dès la première partie. Là aussi, nous avons du mal à comprendre le comportement de certains parents qui attaquent la randonnée maintenant avec de jeunes enfants…

 

Nous ne pouvons que vous recommander de faire cette superbe randonnée (l’une de nos plus belles de l’année), mais sous certaines conditions : partez tôt, prenez de l’eau, et chaussez vous correctement. Si vous respectez ces principes de bases, ce sera un jeu d’enfant !

 

Notre défi du jour relevé, nous reprenons la navette pour un seul arrêt, le lodge du parc et son restaurant. Enfin, lorsque les américains parlent de « restaurant », il faut bien entendue entendre « fast food ». On trouve malgré tout une salade pour Aurore (taille XXL supplément bluecheese, on est quand même aux US) et un burger au porc mariné pour Bastien, spécialité qu’il souhaitait tester avant de partir.

Notre plan était initialement de rentrer manger et nous reposer au camping pour ensuite revenir dans le parc faire une seconde randonnée. Mais l’attente de ce matin pour prendre une navette nous a bien refroidi, et nous réadaptons donc notre plan d’attaque.

Après une rapide digestion à l’ombre des grands arbres entourant le restaurant, nous repartons au dernier arrêt du parc pour une balade dans les narrows. Cette randonnée est très atypique, et se déroule les pieds dans l’eau au milieu des géants. Avec cette chaleur, c’est très agréable mais forcément, une randonnée plate et au frais, c’est noir de monde.

Après 1,6km de balade le long de la rivière, il ne vous reste plus qu’à vous mettre à l’eau pour continuer de progresser dans le canyon. De l’eau jusqu’au mollets puis jusqu’aux genous (nous ne sommes pas très grands, c’est vrai), nous avons avancé pendant 15mn pour profiter de l’ambiance et de la fraicheur, mais la randonnée peut être sans fin puisque la plus longue décrite par les Rangers fait 22km et dure près de 8h… Trop de monde pour nous, nous préférons faire demi-tour.

Cette seconde marche est bien différente de ce que nous connaissons habituellement et vaut le coup d’œil. Pour ceux qui souhaiteraient se lancer sur une plus longue distance ici, il est possible de louer des chaussures de canyoning adaptées ainsi qu’un bâton pour vous aider à progresser dans les cailloux de cette rivière. Si comme nous un bout vous suffira, des chaussures de marche font très bien l’affaire : vue la chaleur qu’il fait ici, elles ne tarderont pas à sécher à votre retour… Dernier point, il est nécessaire de se renseigner auprès des rangers avant de se lancer : certains passages de cette randonnée peuvent être soumis à des crues, et peuvent donc représenter un danger.

 

Cette très belle journée se termine avec une averse qui nous fait craindre une tempête (le Canyon de Zion connaît des moussons d’été assez importantes tous les ans et ce à partir de mi-juillet) mais il n’en sera rien. Au contraire, ce changement climatique nous permettra de gagner quelques degrés en moins pour passer une nuit plus agréable.

 

premiervol

Aurore et Bastien vous proposent de suivre l'aventure TOUR DU MONDE, de l'idée, au retour en France, en passant par le premier vol en Janvier 2018.

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