Villa de Leyva & Barichara

Arrivés tard jeudi soir à l’aéroport de Bogota, notre premier hôte colombien nous fait le cadeau de venir nous chercher à l’aéroport. Il est 22h, et il doit récupérer sa femme qui débauche en même temps à l’aéroport : notre bonne étoile nous accueil ici de façon très agréable ! Concernant Bogota ? Nous ne la reverrons pas, puisque nous décidons de partir dès le lendemain à la découverte des petits villages de la région de Bocaya.

Sans plus attendre, nous nous attaquons au premier arrachage de cheveux ici : les fameux transports colombiens. Arrivés au terminal Salitre grâce à un Uber partagé (une façon originale de partager un taxi à moindre coût, dont la légalité en Colombie est « discutable » cependant), il nous faut trouver notre bus : pas d’horaires affichés, des guichets dans tous les sens, et des destinations mal indiquées. Il faut donc jouer le jeu, prendre le temps, questionner toutes les compagnies pour enfin trouver notre bonheur, un bus direct pour Villa de Leyva, partant bien à 12:50 et non 14:00 comme toutes les autres compagnies le proposent.

Si nous souhaitions partir le plus tôt possible, c’est pour arriver dans la cordillère des Andes avant la nuit, afin de rejoindre notre AirBNB tranquillement et pouvoir profiter de la soirée et de la douceur de ce village en toute quiétude. La bonne nouvelle, c’est que nous arriverons à destination sur les coups de 17h30, et que le chauffeur de notre minibus nous permettra de descendre là où nous le souhaitons. La mauvaise, c’est que les adresse airbnb, en Colombie, ça n’a pas l’air d’être une science exacte. Il ne nous faudra pas longtemps avant que les Colombiens ne nous viennent en aide : pas moins de 4 hommes (plus on est de fous…) viennent tour à tour nous donner un coup de pouce, pour finir par élaborer un plan d’attaque pour contacter notre hôte et lui expliquer que les 2 blancs becs du vieux continents qu’il doit héberger sont dans le coin, paumés, au niveau de la station essence. Au final, personne ne saura nous dire ou est la fameuse rue que nous cherchions, et sans l’incroyable gentillesse des colombiens, nous serions encore à notre station essence. 

Une fois les clés de notre logement en main, fatigués mais affamés, nous partons vers le centre du village à 1km de notre chambre en quête d’un repas « typique ». Des ruelles pavées, des maisons coloniales blanches et une immense place principale, le village est charmant mais pas très animé pour un vendredi soir.

Les prix des restaurants autour de la place nous semblent « exorbitants » (comparativement au niveau de vie du pays cela va sans dire), et nous adoptons notre fameuse technique dite « d’éloignement circulaire de baisse de prix » pour trouver notre bonheur à un tarif correct. En quoi cela consiste ? Nous vous livrons le détail de notre technique secrète : prenez le centre du village, et tournez dans les rues autour en vous éloignant petit à petit. Attention, cette science implique parfois un autre paramètre, à savoir que plus qu’on est loin, moins que c’est bon. En l’occurrence, ici, c’est le cas, et nous finirons dans une sorte de «  fast food américo-colombo-saispastrop-antillais… » Niveau découverte culinaire, nous devrons attendre un peu. Les bars sont pleins : ce soir il y a match, et l’ambiance est électrique. Au programme, c’est Colombie-Venezuela (vous vous en doutez, on ne parle pas de twirling bâton mais bien de football).

 

Carnet de voyage – samedi 8 au mardi 11 septembre 2018

Le samedi, c’est Jour de marché à villa de Leyva. De nombreux locaux nous ont vanté l’événement, et nous avons lu sur quelques blogs que cela valait le détour, nous n’aurions donc raté cela pour rien au monde (avec en bonus la perspective de manger locale et pas cher cette fois-ci).

Direction donc la place principale une nouvelle fois, nous en profitons pour jeter un œil à l’église principale et pour se perdre dans quelques rues avant d’atteindre le fameux marché, situé à quelques blocs de là.

 

 
 
 

Malheureusement, la déception est grande : une trentaine d’étales seulement, disposés de façon quelque peu chaotique, et sans grand intérêt. L’ambiance n’y est pas, des détritus jonchent le sol dans tous les coins, les stands en eux même tiennent grâce à d’immondes bâches, et niveau nourriture c’est une catastrophe. En quelques mots : c’est un échec, et c’est bien une première pour un marché à l’autre bout du monde. Nous ne nous attardons pas et choisissons donc de nous attaquer à la marche permettant d’accéder au point de vue sur la ville, quitte à être du bon côté de la ville.

 
 
 

C’est donc parti pour une petite demi-heure de grimpette afin de rejoindre la statue du Christ qui surplombe Villa de Leyva. La montée n’est pas longue mais relativement physique, avec un dénivelé conséquent et soudain, mais la récompense en vaut le coup : la vue du village depuis les hauteurs, entouré des reliefs de la cordillère des Andes est superbe, de quoi effacer la déception du matin.

De retour au village il est l’heure de manger (encore), et nous finirons par nous attabler à la Tienda de Teresa, largement recommandée sur internet et dans les blogs de voyages. Nous découvrons donc enfin une vraie spécialité du coin, les arepas ! C’est une belle adresse à découvrir, à un bon rapport qualité prix : à nous de vous la recommander !

Nous déambulons encore un peu dans les ruelles afin de profiter de l’architecture coloniale de la ville puis prenons la route à pied vers deux centres d’intérêts de la ville, la « Casa Teracota » et les « Pozo Azules ».

 
 
 

La Casa Teracota n’est pas un désert colombien, mais une curiosité architecturale : une maison faite entièrement en terre cuite. Nous ne rentrerons pas dedans, peu persuadés de l’intérêt du lieu, mais l’observons de l’extérieur.

 

Nous empruntons ensuite un chemin de terre serpentant à travers les champs, ou il est semblerait il de bon ton de se balader en cheval, avant d’arriver aux « Pozo Azules », des bassins à l’eau turquoise.

 

Bon, vous nous connaissez maintenant, on ne va pas vous vendre du rêve inutilement : certes, ce sont 7 mignons petits lacs, mais il n’y a vraiment pas de quoi fouetter un chat, sachez le…  Les nuages nous ont certainement gâché le spectacle mais dans tous les cas nous ne nous trouvons pas ça sensationnel, cela reste cependant une petite balade agréable. Sachez qu’il est possible de se balader en moto/quad/cheval au milieu de ces étendues d’eau pour pimenter un peu la balade.

 
 
 
 

Certes, Villa de Leyva est un sympathique petit village colombien, mais nous le trouvons un peu survendu, et nous sommes forcément un peu déçus de cette première escale ici.

À seulement 3h (avec son propre véhicule) de Bogota, Villa de Leyva est en quelque sorte la sortie du dimanche des Bogotiens (?) qui souhaitent prendre un bon bol d’air frais au milieu des montagnes ; si c’est dans cet esprit que vous venez, alors oui, l’endroit vaut le déplacement, mais on ne vous conseille pas de vous y attarder plus que cela.

La vue sur le village reste incontestablement notre meilleur souvenir ! Le premier « christ » d’une longue série en Amérique du Sud…

Initialement, nous ne devions pas monter plus au Nord que Villa de Leyva, mais pour rejoindre Medellin, les possibilités sont peu nombreuses : soit nous poussons au peu plus dans cette direction, soit nous devons retourner sur Bogota pour prendre un autre bus, voir l’avion pour un vol interne.

Faire marche arrière alors qu’il y a tant à découvrir n’est pas quelque chose qui nous enchante, nous nous mettons donc en tête de partir à la découverte d’un second village typique sur notre route : direction Barichara !

C’est en route que nous apprendrons que Barichara a été nommé comme « plus beau village de Colombie », et que ses petites ruelles sont le décor de très nombreuses télénovelas locales, si prisées ici. De quoi donc conforter notre choix, éveiller notre curiosité sur cette nouvelle destination, et compenser le fait que la journée de transport pour s’y rendre est tout simplement INTERMINABLE.

Analysons ce trajet en détail pour que vous puissiez vous projeter dans nos têtes (ce qui est très bizarre, soit, mais pour cette fois-ci on vous autorise) :

Il faut tout d’abord prendre une première buseta (comme un bus, mais en petit, moche, pas confortable, avec un chauffeur suicidaire) de Villa à Tunja. Puis, mijotez une petite heure au terminal de Tunja, avant de récupérer un second bus en direction de San Gil, pour un trajet d’environ 4h et 180km. Un taxi, dans lequel on vous poussera sans plus d’explications et que vous payerez dans le billet du bus suivant vous permettra ensuite de changer de terminal (sinoncestpasdrole), avant de monter dans un DERNIER bus, qui mettra 1h à rejoindre Barichara dans les montagnes (soit à quelques 20km)… Bien heureusement, les colombiens s’avérent toujours aussi sympathiques et tentent de nous faciliter la vie dès que cela est possible.

Nous arrivons enfin à destination sur les coups de 18h avec un nouveau constat. Comme dans beaucoup de pays que nous avons traversé, peu importe la destination et la distance à parcourir, chaque changement de lieu nous prendra une journée de voyage pleine, malgré toutes les tentatives d’optimisation possibles.

Mais ce que nous concédons à la Colombie sans conteste, c’est que ses paysages montagneux sont superbes, et nous permettent de voir le temps passer un peu plus vite. Petit bonus, les bus semblent bien plus confortables que ceux empruntés jusqu’ici…

Dire que nous y sommes, dans la cordillère des Andes… Kilukru il y a quelques mois encore ?

Les environs de San Gil sont superbes, avec ses canyons et ses paysages tantôt arides, tantôt envahies par une végétation luxuriante.

Nous arrivons de Nuit à Barichara et grâce à l’aide de 2 hommes (une fois de plus) nous trouvons rapidement le logement de notre hôte airbnb. La traversée du village en bus et à pied nous convainc déjà, le charme opère immédiatement, et à peine les sacs retirés des épaules nous demandons d’ores et déjà si il est possible de rester une nuit de plus que ce qui était prévu initialement.

Notre prochain trajet se déroulant dans un bus de nuit, cela nous laisse donc 2 journées pleines pour découvrir la jolie Barichara.

Le premier jour sera consacré à la découverte du village en lui-même. Apres une grasse matinée méritée,  nous optons pour le rythme « local » : doucement le matin, pas plus vite l’après-midi. Nous tombons dans une petite comida typica typiquement typique (délicieuse et délicieusement abordable) pour notre pause repas avant de parcourir les quelques ateliers artisanaux sur les hauteurs. Ces ateliers permettent de découvrir l’intérieur des maisons typiques de ce coin, avec comme point d’orgue de superbes patios.

 
 
 
 

Nous tombons amoureux de cette architecture, des espèces d’échoppes bordelaises puissance 1000, aérées, vivantes, colorées, articulées autour de  cet espace ouvert ou tronent souvent une fontaine, permettant à la lumière naturelle d’inonder toutes les pièces.

 

La vie du village est vraiment tranquille, il n’y a pas grand monde dans les rues. Nous faisons le tour du village en 2h, en prenant le temps de flâner. Dans la liste des quelques points d’intérêt du village, 2 chapelles sont à découvrir aux extrémités du village, un parc avec des sculptures en pierre, une balade le long du Canyon où 2 miradors permettent des vues exceptionnelles sur la cordillère.

 
 
 
 
 

Barichara est un véritable coup de coeur et nous finirons notre journée en compagnie des locaux, sur la place principale, à boire un café frappé délicieux.

Pour notre seconde journée ici, nous remettons nos chaussures de randonnées et partons sur le « camino real », un chemin serpentant à travers la montagne permettant de relier les villages de Barichara et Guané, créé et utilisé par les indigènes, celui-ci a été pavé par un allemand au 19e siècle. 7km avalés en 2h30 avec une pause au Belvédère de la croix (n’hésitez pas à entrer chez papi et mamie, la Croix est dans leur jardin et tout le monde traverse le salon pour y accéder, vous pourrez même leur acheter une petite bière en chemin).

Tout le long de notre ballade, une meute de chiens nous accompagne, comme souvent depuis le début du voyage, rendant la ballade déjà très agréable encore plus sympathique et amusante.

 

Guané apparaît enfin, plus petit que Barichara mais à la même architecture. Le tour du village est fait en 20mn. Un musé paléontologique se trouve sur la place principale mais restera fermé tout le temps que nous serons sur place. Mention pour sa minuscule chapelle et son cimetière aux allures de western, avec une vue imprenable sur le canyon.

 

On trouve grâce dans un restaurant installé dans le patio d’une maison, un menu du jour avec soupe, plat et limonade pour 2,50€. Toujours aussi copieux, si la cuisine colombienne semble manquait de finesse elle a pour mérite d’être très généreuse !

Et il est déjà temps pour nous de repartir, cette fois ci en minibus. Un minuscule « office de tourisme » est ouvert pour vous indiquer les quelques infos utiles, comme les heures des transports circulants entre Guané, Baricha, et San Gil (il est possible de filer directement vers cette dernière depuis Guané, et donc de faire des sorties à la journée).

À 16h, juste le temps de récupérer nos sacs, nous quittons Barichara pour San Gil. Arrivés au terminal de San Gil a 17h, il est temps de négocier avec les 3 compagnies de bus proposant le trajet de Nuit pour Medellin. Nous réussissons à avoir 2 places avec la compagnie COPETRAN (l’une des principales du pays) a 70.000 pesos, en faisant seulement mine de prendre les tickets chez un concurrent. Nous prenons d’abord un premier bus à 18h30 direction Bucaramanga, puis un second sur les coups de 22h30 pour Medellin. Bonne surprise, les bus de nuit sont très confortables (en tout cas ceux-ci) mais plus froid encore qu’en Asie, justifiant d’emporter son duvet avec soi. Nous supposons que sur les compagnies haut de gamme les couvertures sont fournies, mais nous ne pouvons vous le garantir.

A bientôt,

Aurore & Bastien

 

Infos voyageurs:

  • Air Bnb Diego à Bogota, 11€ la nuit. Proche de l’aéroport, idéal pour un départ ou une arrivée tardive sur Bogota. chambre simple dans un appartement neuf, Diego et sa femme se plient en 4 pour vous accueillir. Diego est venu nous chercher et nous a offert un brunch avec eux le lendemain matin. que demandez de plus?
  • Uber de chez Diego au terminal de bus Salitre – 1,70€
  • Bus Bogota – Villa de Leyva 7€ par personne
  • Air Bnb Juan à Villa de Leyva 10€ par nuit, chambre double à l’entrée de la ville dans un appartement tout équipé. Appartement partagé avec une autre chambre double si occupée. Propre, spacieuse et au calme.
  • Pozo Azules 2,80€ l’entrée par personne
  • Air Bnb Carolina à Barichara 11€ la nuit. Une chambre double dans une maison typique au cœur du village. Une architecture incroyable qui a faillit nous faire rester une semaine à ne rien faire et profiter de la lumière naturelle qui arrive directement dans la maison par un patio ouvert. 
  • Bus Villa – Tunja 2€ par personne
  • Bus Tunja – San Gil 8,50€ par personne
  • Bus San Gil – Barichara 1,50€ par personne
  • Bus Guané – Barichara 0,60€ par personne
  • Bus de nuit San Gil – Medellin 20€ par personne

premiervol

Aurore et Bastien vous proposent de suivre l'aventure TOUR DU MONDE, de l'idée, au retour en France, en passant par le premier vol en Janvier 2018.

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