Torotoro : au pays des dinosaures boliviens

Carnet de voyage – 1er au 3 novembre 2018

 

2h30 de Jeep, 14h de Bus de nuit (toujours aussi chaotique), 20 minutes de collectivo et 8h30 de bus de Jour plus tard (…), nous arrivons enfin à Cochabamba, ville étape (parce que ce n’est pas fini) obligatoire pour rejoindre le parc national de Torotoro.

 

Il s’agit de la troisième plus grande ville du pays avec environ 600 000 habitants, et nous savions avant même d’y mettre les pieds que nous n’y resterions pas.

Notre arrivée à la tombée de la nuit est quelque peu déroutant, difficile de sortir du terminal, difficile de comprendre le fonctionnement des collectivo et un monde fou dans les rues en cette nuit d’halloween qui semble être fêtée ici aussi.

Nous nous décidons rapidement à rejoindre le centre à pied pour espérer trouver un hôtel correct dans notre budget, et ce dans un quartier à peu près « seguro », comme le décrivent les locaux.

Apres 2km et seulement 3 hôtels sur notre chemin nous n’avons d’autre choix que d’augmenter exceptionnellement notre budget, nous offrant ainsi un certain confort bien mérité après ces quelques jours en cabane.

Soyons clairs, de Cochabamba, nous ne retiendrons que la jolie place centrale et les marchés de rues gigantesques. Aujourd’hui il pleut et les autorités déconseillent la seule « attraction » de la ville, La montée au christ blanc (c’est que le Christ, ça ne nous a pas trop réussi jusqu’ici en plus…). Il ne nous en faut pas plus pour nous décider à partir directement pour Torotoro en collectivo.

 

Nous arrivons au terminal à 10h30 et montons rapidement dans un collectivo pour 35bols par personne. Il ne reste plus qu’à patienter pour que celui-ci se remplisse. C’est le jeu, les copains de la pampa nous avaient prévenus : bus pas plein, bus pas parti.

À 11h30 nous partons enfin. 6h annoncées pour 120km, nous espèrons surtout arriver avant la nuit pour trouver tranquillement un logement.

 

Apres 1h de route asphaltée, les pistes prennent le relai jusqu’au village de Torotoro. Ce n’est pas le trajet le plus confortable, mais les paysages sont vraiment beaux : les montagnes aux 1000 couleurs s’enchainent, et les richesses géologiques offrent de superbes vues.

 

Notre chauffeur est contraint de faire demi-tour face à un torrent qui a emporté la route initial, ajoutant donc 20km au périple initial, mais nous arriverons tout de même sur les coups de 17h30 au milieu du village.

 

Niveau logement, rien de très compliqué : il existe une dizaine d’établissements réparties sur un bloc. Torotoro est un petit village, et on en fait vite le tour… Après avoir toqué à toutes les portes nous opterons pour le moins cher que nous trouvons l‘Hostal San Miguel face au marché principal, des chambres très basiques couplées à une « pizzeria », mais propre.

 

Pour découvrir le parc national de Torotoro nous n’avons pas le choix, le guide est obligatoire. Le rendez-vous de tous les randonneurs se fait tous les matins devant l’office des guides, après avoir acheté nos billets d’entrée au parc (100bols par personne) à 7h.

 

C’est tôt mais c’est nécessaire pour espérer former un groupe et ainsi diminuer le coup du guide. Il existe 6 randonnées possibles, dont 4 accessibles depuis le village et 2 à 20km du village qui nécessite donc l’utilisation d’une jeep et un coût additionnel.

 

Nous jetons notre dévolu sur la plus célèbre, le « Canyon ».

Celle-ci ne s’étendant que sur 4 kilomètres et ne présentant pas grande difficulté, nous trouvons dommage d’avoir fait toute cette route juste pour ça… Nous réussissons donc grâce à la rencontre de 4 alsaciens à composer un itinéraire « custom », ajoutant une seconde randonnée au programme de la journée. Chaque randonnée coûtant 100 bols, cela ne présentera aucune difficulté pour le guide, qui doublera donc son salaire journalier.

 

À 8h30, Freddy notre guide affecté par le bureau, se présente à nous, et nous partons pour 7h de marche selon ses estimations.

 

La première partie est très « cadrée » : premier arrêt sur les traces de dinosaures. 2500 traces fossiles ont été répertoriées à Torotoro datant d’il y a 65 millions d’années (environ, au million prêt). À notre surprise celles-ci ne sont pas particulièrement protégées et notre guide nous permet même de les toucher… Nous sommes partagés entre fascination et étonnement : ne pas protéger ces vestiges inestimables, c’est se risquer à ne plus pouvoir partager ces traces d’ici quelques années…

 

Freddy nous explique que Torotoro était l’un des lieux de passage principaux sur la route de migration de ces espèces, expliquant l’extraordinaire concentration de ces traces et ossements sur un seul et même lieu. 

 

C’est ensuite le moment de rejoindre le Canyon. On entre dans le parc après avoir fait tamponner nos billets et on avance sur un chemin balisé. Nous passons devant 3 théâtres naturels, 3 ponts de pierre formés avec l’érosion, pour enfin arriver au mirador principal.

 

La vue est incroyable sur le Canyon et nous avons la chance de voir plusieurs oiseaux dont les perroquets que nous voyons virevolter au-dessus du village depuis hier. C’est toujours magique de voir ces animaux, que nous ne connaissons chez nous qu’en cage et zoo, dans leur environnement naturel…

 
 

 Apres une pause au mirador, nous descendons enfin au cœur du Canyon, ce qui est rapidement fait grâce à une succession d’escaliers : Rien de bien difficile jusqu’ici…

Freddy nous amène jusqu’à une cascade, traversant plusieurs fois la rivière, nous permettant ainsi de nous rafraichir dans cette chaleur étouffante. Le cœur du canyon n’est pas amenagé, et il faut sauter de rocher en rocher et composé avec un peu d’escalade pour évoluer, mais jusqu’ici, cela ne représente aucune difficulté.

Pour la suite Freddy nous demande de choisir : soit nous remontons par les escaliers, soit nous passons par le cœur du Canyon, nous enfonçant un peu plus loin hors des tracés classiques, mais cela demande de l’escalade et des chemins étroits où il ne faudra pas avoir le vertige, et où les crampons de nos chaussures vont être mises à l’épreuve.

Le groupe est unanime, on reste dans le Canyon     

 

             

 

 Freddy n’avait pas menti. Il nous faudra escalader, enjamber, sauter, nous faufiler, nous hisser et nous laisser glisser au bord du vide pour profiter de paysages incroyables et d’une nature luxuriante. Nous ne regrettons absolument pas notre choix, le parcours vaut vraiment les efforts fournis.

 

 

Nous sortons du canyon en empruntant un étroit chemin caillouteux, et en nous hissant sur des escaliers naturels de la taille d’Aurore, composé des strates de roches sans âge.

C’est le moment le plus éprouvant de la randonnée, car le soleil commence à taper sérieusement, il n’y a plus la moindre trace d’ombre, et la végétation est bel et bien restée au fond du canyon. La roche stock et réverbère la chaleur.

De retour au-dessus du Canyon, nous découvrons la seconde cascade : El Chiflon

2e choix à prendre, peintures rupestres ou fossiles? Nous optons pour les fossiles, tout simplement car ils sont plus éloignés, nous permettant ainsi de rallonger la boucle.

 

A 13h nous arrivons au bout de notre randonnée. C’est l’heure de la pause sandwich avant de partir à la découverte de derniers fossiles sur le chemin du village.

 

À 14h nous sommes finalement de retour, contents de cette randonnée, mais que nous ne pourrons qualifier d’incontournable, face aux 12h de transports nécessaires pour se rendre sur place. Si vous n’avez jamais eu l’occasion de voir d’empreintes, la randonnée reste très plaisante, et la présence du guide permet d’obtenir des informations précieuses. Si vous avez temps et budget, il sera peut-être judicieux de coupler cette journée de randonnée par une seconde en jeep, pour s’éloigner un peu du village.

 

Aujourd’hui c’est la fête des morts, un jour férié en Bolivie. Le cimetière est en pleine effervescence. Nous ne résisterons pas en fin de journée à aller y faire un tour, la curiosité l’emportant sur notre timidité. Contrairement à ce que nous pourrions voir un jour de toussaint, l’ambiance est ici à la fête ! La chicha coule à flot (alcool local, qui réveille les morts…) et les offrandes de nourriture sont incroyablement nombreuses et impressionnantes. De véritables totems de victuailles sont montés devant chaque caveau, avec une sorte de concours à qui aura le plus impressionnant. 

 

Nous ne sommes pas très à l’aise au début mais de nombreux boliviens nous invitent rapidement à avancer, à nous rapprocher d’eux, à boire et manger avec leurs familles (et leurs défunts, du coup). Quelques flûtes traditionnelles entament une belle cacophonie, des prières résonnent de toutes parts, pendant qu’un prêtre passe de tombe en tombe, ne manquant pas de boire un verre auprès de chaque famille.

 

Autant vous dire qu’à l’heure à laquelle nous passons, les regards sont éteints, la plupart des hommes et femmes sont passées en mode « automatique », l’alcool ayant pris les rênes.

C’est ce que nous pourrions appeler chez nous, un bien beau bordel. Et vous savez quoi ? C’est non-stop jour ET nuit. Alors que nous partons, des familles continuent à arriver, probablement de tout le pays, nous prouvant bien l’importance de cette fête.

De notre côté, nous devons nous décider pour le lendemain : allons-nous partir sur l’une des 2 sorties en jeep, et plus particulièrement sur celle en direction de la cité Inta ? Pas d’Internet dans le village, rien dans les guides papiers, il est difficile de savoir si les 4h de Jeep, pour seulement 2km de marche à travers des formations rocheuses valent réellement le coup.

Apres discussion des forces en présence (nous deux quoi), nous décidons de ne pas la faire et de nous reposer avant de retourner sur Cochabamba pour un autre bus de nuit, en direction de Sucre.

 

Si les formations rocheuses semblent jolies sur papier glacé, nous pensons avoir eu notre dose, entre la Nouvelle Zélande, les Etats Unis. Par ailleurs, l’office des guides nous explique qu’en raison du week-end prolongé, il y aura énormément de monde sur le chemin.

Il ne nous en fallait pas plus pour nous refroidir, peut-être à tort nous ne saurons pas, mais la grasse matinée post-enchaînement de ces derniers jours semble essentielle pour le bon déroulé de la suite du voyage.

 

Après avoir attendu une nouvelle fois que le collectivo se remplisse, nous partons à 11h de Torotoro, après un bon petit déjeuner au marché du village.

Notre chauffeur roule bien et malgré une crevaison en pleine pampa, nous arrivons 4h30 plus tard à Cochabamba.

2km nous séparent du terminal de bus. Nous avons le temps avant la suite des transports, et décidons donc de parcourir la ville à pieds, nous permettant ainsi de découvrir le plus grand marché de la ville : impressionnant par sa taille, il est découpé en dizaines d’allées, ou chaque section propose une catégorie de produits spécifiques. Une véritable ville dans la ville.

Petit plaisir du jour, nous prenons une place en cama VIP (la catégorie de bus la plus confortable) avec la compagnie Trans Copacabana pour notre trajet jusqu’à Sucre. Heureusement pour nous le terminal est grand, et une zone de restauration avec wifi nous permettra de patienter pour les 5 heures suivantes…

A bientot

Aurore & Bastien

 

infos voyageurs:

  • Bus La paz – Cochabamba 85Bol = 5,4€ par personne le trajet
  •  Hotel Jem Cochabamba – la chambre double + petit dejeuner. très propre et confortable . 25€ la nuit
  •  Collectivo pour Torotoro 4,5€ par personne
  •  Hotel Torotoro (au dessus d’une pizzeria) 9€ la nuit en chambre double. basic mais propre. eau chaude intermittente comme dans la plupart de la Bolivie.
  •  Entrée parc torotoro 26€ pour 2 personnes
  • Guide pour 2 excursions 9€ pour 2 personnes.
  •  Bus de nuit Cochabamba – Sucre 11€ par personne.

premiervol

Aurore et Bastien vous proposent de suivre l'aventure TOUR DU MONDE, de l'idée, au retour en France, en passant par le premier vol en Janvier 2018.

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