Hors série #1: Passage de la frontière Laos – Cambodge

Cette frontière, c’est un peu l’épreuve des poteaux de Koh Lanta pour les voyageurs en sac à dos. Le passage de cette frontière complètement rongée par la corruption nous aura beaucoup posé question en amont : pour les suivants, voici notre propre passage au Cambodge depuis le Sud du Laos !  

L’occasion pour nous de créer une catégorie « Hors Série », que nous viendrons enrichir de fiches pratiques pour les demandes de VISA, ou encore d’autres choses dont nous n’avons pour l’heure pas la moindre idée ! 

 

Hors série – Lundi 19 mars 2018

Il est temps pour nous de quitter la quiétude de Don Khone pour l’épreuve que beaucoup de backpackers redoutent, la fameuse frontière lao-cambodgienne.

On en a entendu des histoires, on en a lu, on nous a prévenu et autant vous dire que même si Bastien a passé son temps à dire qu’il fallait que l’on perçoive cela comme un jeu, Aurore n’en mène pas large.

Première étape, nous prenons un bateau pour rejoindre le port sans passer par une agence (et ainsi économiser quelques euros), puis nous allons à la station de bus réserver 2 places pour Siem Reap, notre premier arrêt cambodgien. En arrivant à 8h30 à la station de bus nous espérions partir au plus tôt pour avoir du temps à la frontière. Malheureusement le bus ne part qu’à 10h et la vendeuse nous informe que l’arrêt pour passer le poste ne sera que de 30mn… Ca va être court pour déployer nos stratagèmes anti-plumage, et ils le savent : un homme ne tarde pas à se présenter et nous annonce que pour 40$ par personne il propose de s’occuper de toutes les démarches. C’est la première étape de l’arnaque. A notre grand étonnement un grand nombre de personnes acceptent, y compris des jeunes dans la même configuration que nous, en voyage longue durée. Certaines ont connu des pots de vin bien plus important à leur arrivée au Laos et ne veulent pas revivre cela. Nous restons environ 8 à vouloir le faire par nous-même, prêts à en découdre.

Il est 10h30 quand nous nous présentons au bureau des sorties. Seconde étape.

La douanière nous demande comment nous réglons le tampon. Et la notre jeu de comédiens entre en action « le quoi ? Ah bah mince, nous n’étions au courant, on vient d’acheter notre déjeuner avec les derniers kips qu’il nous restait. Vous voulez une brochette de poulet ? Non ? On peut payer en carte bleu alors ? Non plus ? Mais alors on reste au Laos ? C’est un superbe pays mais quand même, nous aimerions découvrir vos voisins. Non ? vous avez une solution ? Peut-être que si j’appelle l’ambassade, nous trouverons une solution « alternative » ? »

Et au milieu de tout ce beau foutage de gueule (des deux côtés), Aurore montre les dollars que nous avons pour le visa cambodgien (le juste prix) et la douanière aperçoit grâce à son super pouvoir Picsou les 10.000kips derrière (soit 1€). Elle fait signe de lui donner.

Aurore demande si cela suffit, et demande également le prix du tampon qu’elle ne nous a jamais donné mais que nous savons être de 2$ par personne. Elle nous demande alors de nous asseoir et d’attendre 10mn. En réalité nous comprenons rapidement que nous avons gagné mais qu’elle ne veut pas le faire devant les autres afin qu’ils payent les 2$. La moitié du groupe paiera, 2 autres comme nous, attendant et bataillant un peu plus fort réussirons à ne rien payer. Il est 10h50, nous sommes sortis du Laos en ayant lâché 1€ de corruption. Nous estimons avoir limité la casse, et n’avions de toute façon aucune utilité de ces derniers kips ; nous ne sommes pas trop mécontents et nous dirigeons à pied à l’autre poste situé à 500m.

A ce moment précis, nous ne sommes officiellement dans aucun pays ! Parfait. 

Round 3. Un homme, habillé en civil, nous indique immédiatement une petite cahute pour le contrôle médical. Nous refusons, montrant nos carnets de vaccinations internationaux, mais le monsieur insiste. Nous l’ignorons et partons en direction des « visa on arrival ». Un douanier en uniforme nous bloque le passage, et nous hurle à gorge déployée d’aller à cette foutue cahute, malgré notre carnet. Il ne veut rien savoir, et nous toise d’un magnifique « it’s my country, my rules », nous indiquant l’homme qui nous attend.

Celui-ci s’avèrera aussi sympathique que possible et compréhensif ; il s’agit bien du contrôle sanitaire mais ayant nos carnets internationaux il nous donne juste un papier jaune tout en nous indiquant que c’est bien gratuit pour nous. Qu’on se le dise, ce papier ne contient aucune information importante, et cette étape est totalement saugrenue. Ce sont à nouveau 2$ que nous venons d’économiser, le prix pour prendre notre température. Très bien, on peut enfin aller aux visas d’entrée. Le même douanier, probablement croisé pitbull, nous suit et nous lui donnons les papiers/passeports et 30$.

C’est bien là que les choses se compliquent… Il jette les billets en nous indiquant avec force que le prix, son prix, c’est 35$, et pas un de moins. Malgré nous le ton est monté trop rapidement, nous essayons de rester calme en demandant des explications mais l’homme s’emporte, nous hurle dessus et pas qu’un peu. Nous menaçant à de nombreuses reprises, nous nous retrouvons un peu désorientés. Le douanier ferme son poste, et sort. Le second douanier présent refuse de nous parler, alors que les autres passagers du bus voient les minutes défilées, comme nous. Le piège se referme.

VOUS. NE. PASSEREZ. PAAAAAS. (image d’illustration, le vrai avait l’air moins sympa)

Nous déployons l’ensemble de nos stratégies alternatives, en passant par les tentatives (et simulations) d’appels à l’ambassade, demandant calmement des explications, tentant de leur dire que nous n’avons pas plus sur nous, … Rien n’y fait. Ils refusent dorénavant catégoriquement de parler à Bastien. A ce moment là, tu te sens à deux doigts de prendre une giroflée à 5 branches cambodgienne, du coup, tu bats quelque peu en retraite. Si nous avions eu plus de temps, nous aurions pu nous asseoir, attendre, et peut-être les avoir à l’usure, mais les autres voyageurs ont tous payé 5$ devant nous et nous nous retrouvons derniers à nous demander quoi faire. Le bus est déjà payé jusqu’à destination, nous n’avions pas réussi à obtenir de billets séparés, et cela risque de nous coûter finalement bien plus cher de retrouver un moyen de locomotion pour finir le parcours. Les hurlements de l’homme commencent à effrayer Aurore, qui s’imagine déjà en prison à appeler en France pour se sortir de là. Oui ça peut paraître bête, mais quand un homme en uniforme crie « C’est pas ton pays, c’est le mien, mes lois. Retourne à ta foutue ambassade si tu veux. », et bien tu ne sais pas trop quelles lois il est capable d’appliquer, le type. 

Particulièrement énervés, nous finissons par accepter l’échec, la montre jouant en notre défaveur. « BASRIEN » (oui, parce que sans faute sur le VISA c’était pas drôle) étant blacklisté du répertoire de Jean Gorille, Aurore s’occupera de payer les 35$ par personne pour nos autorisations d’entrée sur le territoire. 

En sortant du poste, notre chauffeur nous attend désespérément : il est 11h30 et nous partons sans attendre vers Siem Reap.

Merci Colonnel SivSovannatruc. Bisous. A bientôt. On t’as demandé en ami sur Facebook. 

Nous nous attendions à une mauvaise expérience. Nous espérions pouvoir avancer sans faire tourner la machine très bien huilée de la corruption. Ce sera donc un moment désagréable, rapidement oublié, durant lequel nous aurons dût remettre nos fierté au placard pour ne pas nous retrouver à payer le double de ce qui était prévu. 

Si vous prenez le temps, que vous arrivez par vos propres moyens à la frontière, et que vous êtes prêts à jouer la comédie pendant 1, 2, 3heures… Allez-y ! Faute de ne pas tomber dans leur piège, au moins, vous pourrez leur casser les pieds 🙂 

Infos voyageurs :

  • Pirogue Don Khone – Nadasang 20.000LKR/personne
  • Bus Nadasang – Siem Reap 210.000LKR/personne (21€)
  • Visa Cambodgien 30$. Ceci est le prix réel affiché sur nos sites gouvernementaux, en réalité un visa à la frontière vous coutera 30$+5$ de corruption si vous n’arrivez à y échapper + 2$ de frais de « tampon » pour sortir du Laos, là aussi si vous n’arrivez pas à y échapper. Le e-visa coûte 30$ + 5$ de frais de dossier et le visa à l’arrivée à l’aéroport coûte 35$.

premiervol

Aurore et Bastien vous proposent de suivre l'aventure TOUR DU MONDE, de l'idée, au retour en France, en passant par le premier vol en Janvier 2018.

2 pensées sur “Hors série #1: Passage de la frontière Laos – Cambodge

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