Salento & la vallée de Cocoroa

Carnet de voyage – mardi 18 au 20 septembre 2018

Pour rejoindre Salento dans le quindio, depuis le village d’El Jardin, nous n’avons pas 20000 options. Un unique bus part à 8h du centre-ville pour la première étape du voyage : Rioscucio ne se trouve qu’à 50km mais on nous annonce 3h de transport. On imagine par avance l’état de la route emprunté et malgré nos expériences précédentes c’est en réalité bien pire que tout ce que nous avons vécu. Elle est là, la première route meurtrière que nous pensions rencontrer plus tard dans le voyage du côté du Pérou et de la Bolivie.

Nous sommes installés dans une chivas, un camion qui a été complétement désossé, et dont la carrosserie a été en partie reconstruite en bois et élargie grâce à des planches, avant d’être complétement peint d’incroyables couleurs. Ce véhicule est complètement ouvert sur l’extérieur, et de simples bâches sont disposées en cas de pluies. Certes, extérieurement notre premier moyen de locomotion de la journée est superbe, mais c’est au détriment de la sécurité et du confort.

 

 C’est donc parti pour de la route de montagne : une piste, pas plus large qu’une voie à sens unique, qui serpente à flanc de falaise, dans la boue et les ornières. En 3h nous croiserons seulement 3 ou 4 véhicules et nous longerons des ravins de plusieurs dizaines de mètres de haut en ayant l’impression que les roues ne touchent plus la route par moment (facile à vérifier, puisqu’on a vue directement sous le bus).

 
 
 

Les paysages sont superbes, les montagnes andines nous subjuguent pendant tout le trajet. Sur le chemin, nous nous arrêterons en pleine montagne chez l’éleveur de truites du coin, pour récupérer une demi-tonne de poissons (frais, heureusement). L’occasion de découvrir ces élevages très répandus dans cette région, et dont les poissons sont livrés à travers tout le pays.

Peu après 11h nous arrivons à Rioscusio et sommes pris en charge par les différentes compagnies de bus pour la suite. Direction Pereira. Aurore achète quelques trucs à manger en bord de route mais ce sera un véritable échec, limite mangeable, nous ne pouvons finir. Encore 3h de route et de somnolence pour nous deux et nous arrivons à Pereira. Une grande ville avec un vrai terminal. Nous sommes arrivés 10mn Apres le départ du bus pour Salento : dommage, nous sommes bons pour attendre le prochain.

À 17h, après 9h de voyage, nous arrivons enfin à Salento. C’est un village charmant au tourisme local très développé, et ce grâce à sa proximité avec l’incontournable vallée de Cocoroa et sa randonnée.

Notre hébergement se situe au pied de l’escalier menant au mirador de la ville, un peu en hauteur, nous surplombons le village et la ruelle des commerces aux couleurs vives. Un paysage de carte postale qui va nous émerveillé pendant 3 jours, animé par les vols de colibris devant la fenêtre de notre chambre.

Maria et son mari tiennent cet hostel très sommaire (oubliez les fenêtres, les ouvertures sont fermées par des planches, et les cloisons sont de fines planches de plaquo) mais où on se sent pourtant si bien. Ils sont adorables, on peut facilement discuter avec eux et puis le café est à volonté. Le vrai café colombien, fait avec soin, et servi à température idéale. Le tout pour la chambre la moins chère de la ville (8€ la nuit pour 2, salle de bain partagée et accès à une cuisine très rudimentaire).

Salento se situe dans la Zona Cafetera (entendez la zone cafetière, mais on sait que tous nos lecteurs sont polyglottes en plus d’être sympas).  La Colombie étant l’un des principaux producteurs de café au monde et les tours dans les plantations étant réputés, nous ne dérogeons pas à la règle et décidons de partir faire la découverte de la plantation de Don Ellias a 5km du village. Cette plantation est réputée être à « taille humaine » et respecté une culture et une préparation traditionnelle du café.

Apres un petit passage par les miradors proche de notre hôtel et une truite gratinée sur la place du village (peut-être la même que celle de la Chivas ?), nous partons à pied vers la plantation.

 

 
 

Le chemin est très agréable et se fait en 1h entre forêt et prairies entourées par les montagnes. Sachez qu’il est possible d’opter pour un taxi collectif, mais si vous avez le temps privilégiez le trajet à pieds.

 

 
 

Arrivés à 14h nous ne sommes pas les seuls, un groupe attend sagement et nous partons en tour seulement 10mn après notre arrivée. Le petit fils de Don Ellias nous guide, il a fait ses études aux USA et est complètement bilingue ; oui, dans la famille on sait que l’avenir passera obligatoirement par le tourisme. On lui demande le tour en anglais afin de ne pas en louper une miette, ce qui ne lui posera aucun souci. Le jeune homme va nous faire une visite de plus d’une heure passionnante. On peut lui poser toutes les questions que l’on veut, il connaît le café sur le bout des doigts.

 

Cette plantation est très particulière car 100% biologique : plusieurs générations ont travaillés à trouver un équilibre parfait entre bananiers, caféiers, avocatiers et autres pour que les grains soient à taille idéale et développe un parfum particulier. Un vrai travail de chercheurs, aillant nécessité beaucoup d’essais, et donc de loupés. Les explications sur leur agriculture biologique et leur respect du produit sont passionnantes, et ils nous expliquent ne vendre leur produit à un seul exploitant, à la recherche uniquement de café haut de gamme. Les avis sont parfois divergents sur TripAdvisor, mais nous, on a adoré. Si vous y passez, demandez-leur de vous montrer leur poule « Donald Trump »… On vous laisse la surprise 😉

Nous quittons la plantation à 16h après une dégustation de café bien évidemment.

On rejoint la plantation voisine pour traverser la rivière en contre bas, une ballade recommandée par notre hôte et qui est très agréable. On évite ainsi le dénivelé positif du retour par le même chemin qu’à l’aller et marchons sur 2km le long de la rivière ou nous découvrons de très beaux établissement perdus dans la montagne.

 

On rejoint le village voisin de Salento et prenons le 1er bus qui passe pour 1000pesos par personne, afin de revenir à notre point de départ en douceur. Certes, on est assis directement sur le moteur pour ce trajet là, mais ça nous évite de grimper la côte en bord de route sur plusieurs kilomètres.

Notre journée se termine tranquillement à l’hôtel en admirant le coucher de soleil depuis la terrasse de l’établissement et discutant avec nos voisins et voisines de chambres.

 

Pour notre 2e journée à Salento, nous décidons de nous attaquer à la fameuse randonnée de la vallée de Cocoroa. Des paysages qui font la réputation de la région et que nous avons hâte de découvrir. À 7h30, nous sommes à l’arrière de notre jeep Willys (demandez pour savoir d’où elles partent, ce n’est pas si évident) : debout à l’arrière des 4×4, nous profiterons des 10km de trajet cheveux aux vent, à découvrir la campagne colombienne composée en grande partie de champs de café.

Après moultes discutions, car c’est un sujet souvent abordé pour cette rando, nous décidons de nous lancer dans cette marche dans le sens « classique ». À savoir à la sortie du parking de Jeep partez sur votre gauche puis vers ce qui semble la fin du village, passez le portail sur votre droite pour rejoindre le début du sentier. Ou plus simplement, suivez les muletiers. 500m plus loin une cahute nous attend et nous explique que l’accès à la totalité de la randonnée est de 5000pesos par personne. 2000 maintenant et 3000 un peu plus tard. L’homme nous annonce 5h de randonnée pour une boucle de 12km. On part donc avec entrain vers la maison des colibris qui sera notre pause collation de 10h.

Apres les prairies et avoir côtoyé les mules qui amènent le ravitaillement au sommet nous entrons dans une jungle épaisses et traversons la rivière à de nombreuses reprises sur des ponts plus ou moins stables.

 

Le dénivelé de 300m positif se fait tranquillement malgré la boue (la pluie est très présente depuis notre arrivée en Colombie, même si nous ne nous en plaignons peu) sur les 5km, vraiment rien de terrible en soit. Apres une succession de marches nous arrivons à la maison des colibris pour 9h30. Une famille vit ici au milieu de la jungle et propose de pouvoir admirer des colibris de près grâce à leurs installations (comprenez nourriture et eau à volonté pour ces petites bestioles) : une vingtaine de colibris volent autour des mangeoires et se laissent prendre en photo sans difficulté. Quand on sait que tous ceux que nous avons croisés depuis le début ne se laissaient voir que quelques secondes avant de virevolter plus loin, c’est un vrai confort pour les photographes en herbe. On reconnaît 4 espèces différentes que l’on reste admirer pendant une bonne heure, tentant d’immortaliser ces minuscules oiseaux. L’entrée à la maison est de 5000 pesos, incluant une boisson chaude ou froide. Le lieu idéal pour faire une pause agréable !

 
 
 
 
 
 

Lorsque nous reprenons la marche nous croisons ceux qui arrivent du sens inverse au notre. Une cinquantaine de jeune voyageur nous croisent et nous sommes bien contents d’avoir choisi notre sens et de n’avoir été qu’une dizaine pour voir les colibris. Juste le temps pour Bastien d’oublier son sac en haut et de s’offrir une suée pour remonter et redescendre en courant…

20mn de grimpette nous attend pour rejoindre Finca la Montana. Un peu plus physique, certes, mais rien d’insurmontable. Seule la moiteur de la jungle se fait sentir et est susceptible de rendre la marche moins agréable. La vue de la finca sur la montagne est superbe, les fleurs de toutes les couleurs nous entourent, et ici aussi les colibris virevoltent entre les plantes.

Dernière étape de la randonnée, le bosque de Palmas. On finit par ce pourquoi on est venu, les spectaculaires palmiers de Cocoroa qui atteignent 80m de haut et rendent le paysage incroyable. Nous faisons notre pause pique-nique entourés de ces géants, puis descendons tranquillement au milieu des palmiers s’arrêtant toutes les 2mn pour faire des photos.

   

À 13h30 nous sommes de retour sur le parking et montons (à moitié) dans une jeep prête à partir. Pour Bastien, ce trajet se fera accroché à l’arrière du véhicule.

La randonnée nous a demandé 4h de marches et 1h30 en pauses diverses. Une agréable ballade accessible à tous mais qui a notre avis peut être très désagréable en temps de pluie. La boue à été omniprésente dans la partie jungle alors que nous avons eu un superbe temps ce jour-là, pensez à prendre des chaussures de rando montantes si possible.

De retour à Salento, le reste de la journée se partage entre sieste, jeux et planification de la suite du voyage.

Nous décidons de manger en ville le soir et découvrons une très bonne adresse, Etnia, ou nous avons passé un superbe moment en plus d’un bon repas. La cuisinière est un phénomène et cuisine divinement bien, devant nos yeux qui plus est.

A bientôt,

Aurore & Bastien

 

Infos voyageurs:

  • Chivas El Jardin – Rioscuiso 5,65€ par personne
  • Bus Rio – Pereira 5€ par personne
  • Navette Pereira – Salento 2,15€ par personne
  • Nuit Salento 8,50€ la nuit, l’adresse la moins chère de Salento ce qui va avec promiscuité, chambres non insonorisées et salle de bain commune spartiate mais ce couple de venezuelien a le cœur sur la main et fera tout pour vous faire passer un bon moment. malgré l’inconfort de la maison, la vue depuis la terasse sur le reste de la ville est incroyable. On a adoré, d’autres ont détesté.
  • Finca Don Ellias 2,80€ la visite + le café
  • Bus retour (pris sur le bord de la route) 0,30€ par personne
  • Jeep Willys 2,25€ l’aller/retour par personne
  • Vallée de Cocoroa + maison aux colibris 2,80€ par personne

premiervol

Aurore et Bastien vous proposent de suivre l'aventure TOUR DU MONDE, de l'idée, au retour en France, en passant par le premier vol en Janvier 2018.

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