Popayan, la blanche & son commissariat!

Carnet de voyage – Dimanche 23 au Mardi 25 septembre 2018.

Popayan fut l’une des villes les plus importantes de Colombie. C’est la principale raison qui la pousse à se retrouver sur notre itinéraire en Colombie. Une ville entièrement blanche, vous l’aurez deviné, recouverte de craie, qui tranche avec le reste de la Colombie que nous avons découvert, ou les couleurs dominent habituellement.

Nous n’arrivons à Popayan qu’en fin d’après-midi après avoir profité une dernière fois de Marine, Enzo et de la piscine du Mango Tree a Cali. Nous traversons à pied depuis le terminal qui est excentré et découvrons une ville de taille moyenne très calme. Après avoir posé nos sacs, notre seule préoccupation du jour est de se restaurer.

Mais il est 17h et comme nous l’explique la gérante de l’hôtel, le dimanche, tout est fermé… C’est que depuis le début de notre voyage, on doit bien avouer que ce type de problématique ne se posait que très rarement à nous ! Contrairement à la France, il est facile de trouver des commerces ouverts tous les jours en voyage (du moins, dans les pays les moins développés). Nous partons donc au hasard des rues, et mettrons un long moment avant de trouver le « McDo local » pour un burger très moyen et une arepa rellena, une espèce de galette ULTRA bourrative, qui feront l’affaire faute de mieux.

 

Le centre de Popayan à l’air mignon mais sans plus. Nous nous laissons le free walking tour prévu demain pour mieux découvrir la ville.

 

Sur le retour nous nous arrêtons à une boulangerie pour la collation de 22h. Une espèce de tiramisu, un mille-feuille au dulce de lèche (c’est qu’on devient vite accroc au dulce !!) et un palmito geant dans les mains, on ne devrait pas mourir de faim de suite…

 

C’est lundi que la ville se réveille et se métamorphose. Le contraste avec la veille est saisissant. On ne sort de notre hôtel qu’en fin de matinée : aujourd’hui nous avons prévu une ballade sur le chemin de croix de la ville, puis un belvédère et une réplique de village colombien, avant de redescendre vers le free walking-tour à 16h.

 

Ayant bien petit déjeuner, on commence donc par le chemin de croix et décidons de manger après la ballade supposée durer moins d’une heure. Apres 20mn de marche nous nous enfonçons dans la forêt, et c’est bien là que les choses se gâtent sérieusement pour la première fois de notre voyage autour du monde.

 

Un jeune homme nous tombe dessus, à la fois fébrile et décidé. Il nous demande d’où nous venons, nous bloquant le passage. Lorsque nous lui répondons, il commence à être violent, et à se précipiter sur l’attache de l’appareil photo autour du cou d’Aurore. 

De là, tout se déroule très vite, vous le savez probablement si vous avez déjà été confronté à un tel événement. Nous lui répondons, tentons de comprendre ce qui se passe, mais surtout si il est seul, et de mesurer le risque. Non, on ne te laissera pas l’appareil photo mon vieux. Pas avec tout ce qu’il y a dedans. Il nous menace d’un tournevis d’une trentaine de centimètres, faisant mine de nous poignarder à plusieurs reprises, mais gardant toujours ses distances : il est peu probable qu’il s’attendait à ce qu’on lui oppose une quelconque résistance.

On restera 5mn à parlementer avec ce jeune homme au regard hagard, lui proposant de lui offrir un repas, voir un peu d’argent si il nous raccompagne en ville. Non, nous insisterons, cet appareil photo ne vaut rien ici. Nous utiliserons toutes les techniques douces, de la psychologie jusqu’à le supplier d’abandonner (pour l’amour de dieu, on sait que ça fonctionne pas mal ici…), hésitants plusieurs fois à juste prendre la fuite en lui passant dessus, au risque d’être un peu égratignés lors de l’opération : nous ne sommes au final qu’à 500m d’une route, c’est largement jouable, surtout à 2 face à lui… Il lèvera 2-3fois le tournevis en direction d’aurore tout en continuant de tirer sur la sangle à son cou mais elle ne lâchera pas l’appareil des mains, elle non plus, et ses menaces physiques resterons sans suite.

Après 5mn de ce désagréable cinéma, un couple à scooter s’arrête au pied de l’escalier que nous avons emprunté. Nous les voyons et ils nous voient. Bastien hurle alors à l’aide en leur direction et leur demande de nous aider, espérant que cela fasse tout simplement fuir le type qui nous tient la manche depuis 10minutes maintenant. Lorsque nous crions que le jeune homme a une arme (bon, ça, c’était peut-être pas le plus judicieux pour obtenir une aide, ce n’est pas faux), celui-ci cache son outil dans sa manche, et Bastien saute sur l’occasion… pour lui sauter au cou.

En le saisissant par les épaules et en le poussant au bord de la pente, Bastien arrive à le déstabiliser, Aurore en rajoute une couche en le repoussant, et nous sommes maintenant du bon côté du chemin pour rejoindre la route. Un dernier coup dans son épaule et nous partons en courant en direction du scooter arrêté plus bas. Le couple nous suit sur son véhicule jusqu’à la route principale avant de bifurquer, et nous tombons immédiatement sur 2 policiers en pleine pause-café chez la mamie du coin.  Dès qu’ils nous aperçoivent, ils viennent vers nous en courant, devinant déjà ce qu’il vient de se passer de notre côté.

 

Nous leur racontons et ils partent à toute vitesse en moto. La petite dame du café nous dit de redescendre en ville pour notre sécurité et nous nous arrêtons dans le premier restaurant pour manger. La mamie nous précise que ces agressions sont régulières sur ce chemin, l’après-midi principalement : en effet, en matinée, les groupes organisés arpentent les sentiers, rendant tout vol impossible pour les petits malfrats du coin.

Parce qu’il nous en faut plus pour nous déstabiliser (et nous couper l’appétit), nous décidons de nous attaquer au plat local au premier restaurant croisé, sans grand succès… A vrai dire, c’était juste immonde. Quand ça ne veut pas…

À notre sortie du restaurant, l’un des deux policiers est là, il nous cherche. Ils ont retrouvé le jeune homme grâce à notre description, et nous l’amènent : le second policier est à cheval sur sa motocross, roulant au pas sur la route principale qui contourne la butte surplombant la ville : devant lui, le jeune homme ayant tenté de nous dérober marche, tête baissée.

Les policiers souhaitent que nous partions dans leurs locaux avec eux pour une déposition, insistants sur le fait que sans quoi, il ne se passera rien et cela continuera, ce qui est très souvent le cas. Nous acceptons. Aurore part devant, pendant que Bastien attends une seconde voiture pour la rejoindre. Il effectuera le trajet à l’arrière de la voiture de police, dans le « bac à salade » réservé aux criminels… Un petit tour en DANCIA lancée à 160 dans les ruelles de la ville, une démonstration de « force » (toute relative) pour impressionner les touristes que nous sommes.

Nous passerons donc l’après-midi au poste de Popayan, éveillant les curiosités de tous les agents présents qui sont surpris et heureux que nous nous en soyons sortis indemnes. Une grande bienveillance de leur part, nous sommes agréablement surpris de la transparence et du déroulé de la procédure, à quelques égards, ils s’avèrent bien plus efficaces que chez nous…

Un nouvel agent de la police touristique (cette fois-ci) nous rejoint, et entre ses quelques mots de français et son très bon anglais, nous réussissons à remplir toutes les formalités rapidement.

 

Nous sortons à 16h30 du poste. Dommage pour le free walking tour, cette journée était de toute façon vouée à l’échec. Nous n’avons pourtant pas envie de rester sur cette image de Popayan et partons donc en direction du belvédère de la ville pour le couché de soleil. Une glace sur le chemin pour nous redonner le moral et nous parcourons les quelques kilomètres qui séparent le poste du belvédère rapidement. On repasse au cœur de la ville ou tout le monde se donne rendez-vous en fin de journée pour discuter, puis profitons du point de vue sur la ville pendant une bonne demi-heure avec les locaux.

 
 

Le coucher de soleil depuis cet endroit doit être magnifique, mais après la journée que l’on vient de passer, Aurore n’a pas du tout envie de s’attarder à la nuit tombée dans les rues de cette ville.

 

On redescend par la fameuse réplique de village typique (qui n’est en fait que 3-4 maisons/boutiques et une petite église comme l’on pouvait en voir à Barichara). Un lieu qui semble touristique en journée, mais dont nous ne trouvons guère d’intérêt… Il est temps de nous rapatrier vers l’hôtel pour tourner la page sur cette journée épuisante.

 
 
 

Les free walking tour de popayan ont lieu à 10h et 16h. Bastien ayant besoin de repos et Aurore n’ayant toujours pas perdu sa bougeotte aiguë, mardi, nous nous séparons pour la matinée. Difficile de comprendre la beauté d’une ville sans son histoire, et vu que notre avis sur Popayan reste pour l’heure très mitigé, il est possible que nous passions à côté de quelque chose finalement… Le tour guidé commence par la place principale et l’histoire de son horloge au cadran atypique. Vous voyiez l’erreur?

 

En réalité cela n’en est pas une et cela vient de chez nous. À Versailles l’un de nos rois fanatique de l’horlogerie demanda à un horloger devenu célèbre par la suite de lui confectionner une horloge atypique. Ce dernier décida donc de remplacer le IV Romain par IIII, afin de donner au cadran une parfaite symétrie visuelle, avec 4 I, 4 V et 4 X. Ce modèle s’est exporté en Europe dont l’Espagne puis en Colombie.

La rue de l’horloge est également connue pour son alignement de 6 églises. Chaque église ayant été construite après un tremblement de terre. Aujourd’hui elles ont toutes été  reconstruites. Dans les années 80 le pape jean Paul 2 s’est déplacé à Popayan suite au dernier tremblement de terre recensé ayant fait des centaines de morts, pour féliciter leur foi inébranlable malgré les catastrophes naturelles qui n’ont de cesse de frapper la ville : Popayan est connue pour avoir toujours fêté avec une grande ferveur la semaine sainte, et ce depuis plus de 450ans.

Pour rendre hommage au passage du pape on retrouve dans l’église un vitrail à son effigie. Notre groupe se dirige ensuite au musée de la semaine sainte. L’occasion de découvrir la disposition d’une maison typique, l’organisation et les traditions autour de la semaine sainte et de savoir enfin pourquoi Popayan est recouverte de craie.

 
 

Au 15e et 16e siècle, Popayan a subit le fléau des smallpox, de petits insectes qui pénétraient dans la peau des habitants, pondaient et infectaient leurs membres, ce qui pouvait aboutir par une amputation. Les habitants découvrirent après un siècle de recherches, que la craie éloignait naturellement ces insectes. Ainsi, toutes les maisons se retrouvèrent recouvertes de craies.

Aujourd’hui symbole de la chrétienté, les maisons sont reblanchis à chaque semaine sainte, perpétuant ainsi la tradition. Apres la partie histoire, il est temps de découvrir la gastronomie de Popayan. Notre guide nous parle des spécialités que nous avons déjà testées la veille et amène le groupe dans un restaurant typique. Aurore en profite alors pour quitter le groupe et rejoindre Bastien : nous partons pour San agustin en début d’après-midi et ne voulons pas arriver trop tard. Sur le chemin du retour elle s’arrêtera au seul musée gratuit de la ville qui concerne l’un des présidents de la Colombie originaire de Popayan. La visite de la demeure dure 10mn et est fait par un étudiant.

 

C’est ainsi que se termine notre passage à Popayan. Nous ne retiendrons que le positif comme d’habitude mais n’avons pas trouvé cette ville particulièrement attractive : selon nous, vous pouvez facilement faire l’impasse sur cette étape lors de votre voyage en Colombie !

Nous concernant, il est l’heure de partir pour San Agustin, ou de jolies balades et des vestiges historiques nous attendent !

A bientôt

Aurore & Bastien

 

Infos voyageurs:

  • Bus Cali – Popayan 4,5€ par personne
  • Chambre privée Popayan Inn Hostel 14€ la nuit. Salle de bain privative, petit dejeuner inclus. très bien situé et sécurisé, personnel disponible H24.En revanche, l’isolation phonique est quasi inexistante.
  • Taxi terminal de bus – Centre ville 1,4€

premiervol

Aurore et Bastien vous proposent de suivre l'aventure TOUR DU MONDE, de l'idée, au retour en France, en passant par le premier vol en Janvier 2018.

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