Le plateau des Bolovens – la boucle de Paksé

PAKSE

 

Carnet de voyage – samedi 10 mars 2018 

Arrivés à 7h30 à la gare routière, le premier bus pour Pakse part dans une heure. Le temps de trouver de quoi grignoter pour les heures à venir, 6h annoncées, nous visons 8.

La journée est longue, les arrêts interminables, le nombre de lao malades toujours incroyables. Un coq de combat passera le trajet à notre droite, dans le porte bébé de son « dresseur ». Ca piaille dans tous les sens dans la soute. Bref à 16h nous arrivons enfin à Pakse.

Enfin, Pakse, pas tout à fait quand même. Comme d’habitude nous voilà à 10km de la ville à devoir négocier un tuktuk au double du prix local. Tuktuk Mafia. Encore.

Le hasard nous déposera devant l’enseigne de Miss Noy, le loueur de motorbike que nous avions repéré et qui a bonne réputation ici, et profitons de l’occasion pour prendre les informations et demander des conseils de logement. Notre guesthouse trouvée dans la rue en face, nous repartons voir Yves, un Belge, qui gère avec sa femme la location des scooters pour un briefing d’une heure sur toutes les possibilités qu’offre la boucle des Bolovens.

Un briefing très complet qui nous éclaire bien sur nos envies des prochains jours. Nous décidons de partir à contre sens et de faire la grande boucle. Pas de timing cette fois-ci, on veut prendre le temps.

Rendez-vous est pris pour le lendemain matin avec Yves. Nous finissons la soirée par un petit tour de quartier afin de trouver de quoi nous sustenter… La ville ne semble pas particulièrement jolie, comme toutes les grandes villes du pays que nous avons rencontré (exception faite de Luang Prabang, dont nous vous parlions précédemment).

 

Carnet de voyage – dimanche 11 mars 2018 

C’est que ça y’est, on commence à l’avoir le rythme Lao ! Nous partons bons derniers à 10h de Pakse.

Jour 1: Paksé – Paksong – Ban Houei Kong

Yves nous avait prévenu la portion Pakse-Paksong est dans un état pitoyable. Les travaux avancent mais passer 50km dans la poussière et les cailloux au milieu des camions n’est pas une partie de plaisir. Heureusement sur cette partie les pauses sont nombreuses et magnifiques. Après avoir passé les villages de forgerons nous atteignons Tad fan, la plus haute cascade du Laos qui tombe dans un précipice de 200m de profondeur.

 

 

Tad Champee, une jolie cascade avec un grand bassin pour se baigner et le bonheur d’être seuls au milieu de la jungle.

 

Tad Yuang, la plus belle de la journée et ses arcs en ciel surprenants.

 

Nous nous arrêtons également dans une ferme de café et thé pour nous balader à travers les arbres en floraison mais un peu déçu, cette ferme ne sert plus que de démonstration aux touristes et n’est pas très bien entretenue. 

 

Nous enchaînerons finalement notre nouveau bolide (il est très vivement recommandé de sécuriser son 2 roues sur cette boucle ou les vols sont fréquents) au garage de Platinium, un magnifique Hôtel situé peu après la bifurcation entre petite et grande boucle. Le cadre est superbe et le confort au top. Cela va être difficile de partir, après le confort spartiate de la précédente boucle…

 

Carnet de voyage – lundi 12 mars 2018

Jour 2 : Ban Houei Kong – Tad Taciyusa – Sekong

Selon Yves, toujours, la route d’aujourd’hui est la plus belle portion de la boucle : il a raison. Fini la circulation, nous attaquons de la piste, composée de terre rouge, sans trop de trous, de pièges ni d’ornières, virevoltant au milieu des villages et des « SABAIDEEEEEE » des enfants.

À 11h nous arrivons à Tad Taciyusa, une incroyable cascade visible depuis l’entrée, entourée de 6 autres. Une randonnée de 4h sur le papier. Bon. Ça, c’est la théorie : ce qui est indiqué sur les guides, ce que font les gens normaux. Concrètement, ça ne collait pas avec notre profil. Nous descendons donc à la première, qui est magnifique certes, et cherchons pendant une heure la suite du sentier, traversant 4 fois la rivière et nous perdant au passage dans la jungle. Sic.

Nous finissons par capituler et faire demi-tour. De retour au sommet, nous nous posons manger à la guesthouse des lieux et découvrons stupéfait un panneau indiquant les cascades 2,3,4 et 5, à quelques mètres de notre scooter.

Rassurant.

En arrivant nous avions demandé notre chemin, qui nous avait été indiqué à l’opposé de celui-ci. La pause déjeuner nous re-motivera (partiellement) et nous partons découvrir quelques-unes des autres cascades. Tad Halang, au milieu des fleurs violettes et une succession de bassins et de mini cascades ou nous ferons une pause baignade (Bon on l’avoue on est pas fan de l’eau à 20 degré alors mini baignade jusqu’à la moitié inférieure des chevilles quoi).

   

 

Bien fatigués de 3h de marches nous repartons pour 30km jusqu’à la ville de Sekong pour la Nuit.

Difficile pour nous de trouver un restaurant dans notre quartier, nous finissons par nous asseoir dans un boui-boui ou un homme fait un barbecue et nous tend 2 assiettes de viande. Bonne, mais impossible de savoir ce qui est devant nous. Les paris restent ouverts, entre le chien ou le porc épic. Nous ne saurons jamais de peur de vexer notre cuisinier d’un soir, après tout nous nous sommes assis là ou probablement peu d’occidentaux s’étaient installés pour mangés, c’est à nous de nous adapter. Un sticky-rice (entendez par là : riz gluant, très consommé ici) et un paquet d’une contrefaçon de Kellogs au chocolat finiront notre dîner. Après tout, ce n’était pas si mal… 😊

Mais qu’est ce que…?

 

Carnet de voyage – mardi 13 mars 2018

Jour 3: Sekong – Tad Lo

La route devient un peu plus agréable une fois Sekong passé, et le nombre de villages traversés n’en finit plus. Nous nous arrêtons sur les conseils de Yves a une ferme « organic ». Une française en woofing depuis quelques jours nous accueille et nous fait découvrir La seule ferme labellisée bio du plateau des Bolovens.

1h30 de visites avec dégustations des produits, poivre, spiruline, hibiscus, graines (typiques du Pérou au nom imprononçable et au goût d’amende/noix), le thé et la soie. On en apprend beaucoup en peu de temps, et ça ne nous fait pas de mal ! Nous  repartons vers Tad Lo en fin de matinée.

 
 
 
 
 
 
 

Sur le chemin pour Tad Lo, notre prochain village étape, nous sommes à la recherche d’un certain « Captain Hook », un laotien qui propose de faire découvrir son village animiste aux touristes. Vous nous connaissez maintenant, impossible de trouver ce fameux village… Nous filons pour Tad Lo et arrivons à midi dans ce qui sera notre vrai coup de cœur de la boucle.

 
 
 

Un bungalow sur la rivière avec vue sur les cascades et la vie locale, une cuisinière dénommée Mama Pap qui nous régalera (et nous rengraissera), des rencontres de nombreux voyageurs longue durée… Repartir le lendemain ? Impossible. L’après-midi, nous irons découvrir les fameuses cascades du village, la cascade de Souang située à 8km est à sec à cause d’un barrage en amont et ne mérite pas le détour à notre avis. #Waterfail1.

 
  

La seconde cascade du village nous sera interdite d’accès, un homme nous demandant de payer alors que celle-ci est gratuite ; nous faisons demi-tour en lui jetant notre regard le plus noir possible (non, ça ne fait pas rire !) #Waterfail2.

 

Nous passerons la fin d’après-midi à observer les éléphants du lodge partager leur baignade avec les enfants du village dans le cours d’eau en aval.

 
 
 

Au Laos, tous on un rapport particulier avec l’eau, et ce dès le plus jeune âge. Source de nourriture, mais également de détente, et salle de bain à ciel ouvert.

 

Carnet de voyage – mercredi 14 mars 2018

Jour 4 : Tad Lo

Quel jour sommes-nous ? Peu importe. Depuis le début, nous avons quelque peu perdu cette notion du temps. Dans tous les cas, ce sera parfait pour une journée de repos à admirer la nature, à récupérer les kilos perdus chez Mama Pap bien évidemment (son BIG pancake chocolat banane mérite une légion d’honneur, Monsieur Macron s’il vous plait intervenez en sa faveur), et à laisser les heures filer.

Le bonheur, pour seulement 10.000 kips…

À midi nous nous décidons pour aller voir Monsieur Hook, des voyageurs nous ayant finalement confirmés le nom du village situé à 15km seulement. Et devant lequel nous étions passés la veille.

Nous arrivons dans un village typiquement lao, composé de maisons en bois ou en bambou, sur pilotis. Des enfants courent, nus, partout, et les adultes sont attablés, fumant le tabac dans de grandes pipes à eau en bambou. On nous propose de boire un café ou un thé filtré au bambou, spécialité du village. Nous refusons, poliment bien entendu, pour le moment, mais nous laisserons tenter après les histoires de monsieur Hook. C’est toujours meilleur quand nous savons d’où ça vient ! (enfin, ça, ce n’est pas toujours vrai en Asie hein…)

Nous ne sommes que deux en ce début d’après-midi, un groupe de 8 vient de finir le tour du village. Aucun problème pour le fameux « Captain Hook », nous aurons le droit à un tour privé. Nous commençons la visite dans les champs de café, où il nous raconte, dans un Anglais parfait et sans accent, l’origine de son peuple. D’origine indienne, vivant au Vietnam, ils ont été chassés et expatriés au Laos. Ils ne possèdent pas d’identité laotienne, pas de cartes de débit et ne pourront jamais être propriétaires. Le village se compose de 725 âmes et bientôt une 726e puisque la femme de notre guide est partie seule accoucher dans la forêt. Oui vous avez bien lu, et Aurore aura besoin de faire répéter ce passage 2 fois pour être certaine d’avoir bien entendue. On ne peut trop vous en raconter, les histoires et le savoir de cet homme sont une richesse incroyable, et certaines traditions seraient susceptibles de choquer. Nous ne pouvons vous transmettre des éléments de ce savoir sans les détails, l’ambiance, et l’histoire qui vont avec, de peur de faire affront à ces gens. C’est bien à eux, par la voix de Monsieur Hook, que ces récits doivent vous parvenir. La découverte des croyances animistes, de la culture du café, des plantes médicinales qui nous entourent et la spécialité locale, la fourmi rouge, nous ont fasciné. 2h de discussions qui sont passé bien vite et qui se finissent autour de la table avec toute sa famille, pour un café à l’abris car la pluie vient de faire son apparition. Espérons que ce ne soit pas notre visite qui ait contrarié les esprits, dans ce village où gourou, chaman et médium sont les personnalités les plus respectées. Surtout que maintenant, nous connaissons les différences entre magie blanche et magie noire… Et ça fait pas marrer !

 

En route vers le buffet-fourmi ! 

 

 

Café Lao

 

Retour les roues dans la boue, tout à la glisse !

    

Nous reprenons la route entre deux averses et finissons notre journée chez Mama Pap pour un dernier repas gargantuesque entourés de ses petits-enfants. Encore un super moment ici, en toute simplicité.

Mama Pap, la descendance, et des shakes du feu de dieu ! 

 

Carnet de voyage – jeudi 15 mars 2018

Jour 5: Tad Lo – Paksé

L’orage a grondé toute la nuit, le niveau de l’eau s’est élevé. Peu confiant en la météo , nous décidons tout de même de partir lorsque la pluie se calme un peu. A 50km se trouve la dernière cascade de la boucle, Tad Paseam. Un joli coin à découvrir, un restaurant au cadre magnifique et un petit village ethnique entièrement faux mais qui permet de voir les anciennes constructions laotiennes.

 
Bastien en tenue de roadtrip moto… Prenez-en de la graine bande d’inconscients !

 
 
  

De retour à Pakse en début d’après midi, nous optons pour une guesthouse avec vue sur la rivière (difficile le retour de Tad Lo) puis partons découvrir « le plus grand marché d’asie ». Effectivement c’est immense mais l’heure à laquelle nous nous y rendons n’est absolument pas une bonne idée, il fait très chaud, les étals de poissons et de viandes dégagent des odeurs pestinentielles. Les stands de fruits sont magnifiques, il y a de nombreux tissus et autres artisanats pour les intéréssés.

     

Il est temps pour nous de rendre son bolide à Mr Yves en le remerciant.

Après avoir réalisé les deux boucles les plus célèbres du Laos, notre coup de cœur reste Thakhek et ses paysages exceptionnels mais le plateau des bolovens a su nous surprendre. Notre rencontre avec monsieur Hook et Mamapap restera notre meilleur souvenir.

Infos voyageur – budget pour la boucle de paksé 5j/4n

  • Location scooter 60.000LKR/jour chez Miss Noy et Yves le Belge
  • Essence 84.000LKR
  • Platinium à Ban Houei Kong 80.000LKR la nuit, chambre digne d’un bon hôtel, un vrai moment luxe pour nous.
  • Keovilay GH à Sekong 60.000LKR la nuit, chambre très simple avec sdb privée
  • Silpaserth GH à Tad Lo, Bungalow en « dur » avec vue sur la rivière et sdb privée 60.000LKR la nuit
  • Tad Fan 10.000/personne + 5.000/moto
  • Tad Champi 5.000/personne + 3.000/moto
  • Tad Yuang 10.000/personne + 5.000/moto
  • Visite ferme organic 15.000/personne
  • Visite village animiste 15.000/personne
  • Tad Souang 5.000 (à ne pas faire)
  • Tad Paseam 10.000/personne + 2.000/moto

premiervol

Aurore et Bastien vous proposent de suivre l'aventure TOUR DU MONDE, de l'idée, au retour en France, en passant par le premier vol en Janvier 2018.

Une pensée sur “Le plateau des Bolovens – la boucle de Paksé

  • 1 avril 2018 à 20 h 22 min
    Permalink

    Hello,

    Ce doit être génial de pouvoir se baigner au milieu de la jungle .

    La barbaque indéfinissable mangée lors du BBQ est la viande noire sur la photo ? 

    Je pense qu’il faut toujours faire confiance à son goût. 

    La cascade de tad lo est vraiment très jolie. 

    La baignade avec les éléphants doit être assez flippante pour les personnes non initiéee, en tous cas les gamins semblent bien s’éclater. 

    Le BIG pancake chocolat banane est une bombe atomique calorique mais j’imagine le plaisir que vous avez du éprouver à le laisser glisser au fond de la gorge pour 1 euros 50 …

    Ouahh  mais quel choc culturel que de se retrouver dans un village avec  un mode de fonctionnement qui est à mille lieux du nôtre,  l’accouchement en forêt en est un exemple flagrant.

    La balade au marché est très colorée et les piments doivent arracher grave !.
    Bonne route
    James

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