Le coeur du Cambodge

PHNOM PENH

Carnet de voyage – Samedi 31 mars 2018

Il est temps de quitter notre petite île, ainsi que Simone et ses « Hellooo, miam miam ? ». Aujourd’hui, nous rejoignons Phnom Penh, la capitale cambodgienne. La mauvaise surprise du jour, car nous étions sans internet depuis quelques jours, est que le e-visa de Aurore pour entrer au Vietnam est bien accepté, mais pas celui de Bastien. Et on ne sait pas réellement combien de temps il va falloir. Comme nous avons tout de même prévu de poursuivre l’aventure ensemble pour l’instant, c’est quelque peu handicapant.

En parallèle, la bonne nouvelle, c’est que nous devions prendre un bus local et nous nous retrouvons en mini-van bien plus rapide et avec air conditionné. Le trajet dure 3h, juste le temps de profiter de la beauté de la campagne cambodgienne.

Sans moyen de communication sur notre ilot, nous n’avons rien booké pour la nuit, nous en remettant à notre bonne étoile. Nous marchons en direction du Tonlé Sap et trouvons proche de la rive, une guest-house correcte sous le nom de « Riverside GH ». Pour 8$ la chambre, sans fenêtre, c’est basique mais ça fera largement l’affaire ! Notre seul critère est désormais la propreté, pour le reste, on s’y accommode.

Notre découverte de la capitale commence par le palais royal à seulement 5mn à pied de notre nouveau logement. Malgré le texto que nous avions envoyé la veille, le roi n’est pas là, mais cette visite nous permet de nous balader entre la salle du trône, le fameux palais d’argent et bon nombre de pagodes, peintures et objets de l’art khmer.

  l’arbre de bouddha            

Une jolie visite qui elle aussi a subit une belle inflation, puisque de 6$ en 2017, le prix s’élève désormais à 10$.

Nous rejoignons ensuite sur conseils de notre Lonely Planet, le « FCC », une maison coloniale transformée en bar : le roof top avec vue sur le Mékong et le Tonlé Sap vaut le déplacement, même si les prix sont de ce fait gonflés. Nous considérons qu’une bière fraiche (en happy hour, pauvres voyageurs que nous sommes) est particulièrement méritée après cette longue journée.

 

Weekend oblige, nous finissons la soirée au Night market, à grand renfort de fried noodles et de brochettes de fritures vraiment bonnes, assis par terre, au milieu des locaux.

Bizarrement peu de touristes sont présents. Il faut dire que manger dans les boui-boui, c’est déconseillé par de nombreux guides. Tant mieux, ils ne savent pas ce qu’ils manquent !

Carnet de voyage – Dimanche 01 avril 2018

S’il y a bien une visite incontournable à Phnom Penh, c’est la prison S-21. Tout voyageur qui veut comprendre l’histoire du Cambodge se rend dans cet ancien lycée, transformé en centre de torture de 1974 à 1978 sous le régime des Khmers rouges.

Nous commençons notre visite à 11h45, sur les conseils d’autres voyageurs nous ayant indiqué qu’il y avait moins de monde à midi. Audioguide sur les oreilles, nous entrons dans l’ancienne cour de récréation entourée des 4 bâtiments principaux de l’école.

Une visite qui nous a glacé, il nous a fallut 2h30 pour venir à bout des 40 pistes à écouter. L’audioguide est réellement qualitatif et très bien fait pour les adultes. Selon nous, si vous souhaitez y amener vos enfants (ce qui est parfois déconseillé), il faudra adapter la visite avec l’aide d’un guide francophone, certaines salles et certains passages étant vraiment éprouvants. Réaliser que tout cela a eu lieu il y a seulement 40ans est difficile.

Tout est ouvert au public, en passant des salles de tortures, des cellules collectives et individuelles, au jardin du souvenir et à la conservation de ce qui n’avait pas été brulé par les khmers rouges dans leur fuite. Le travail de mémoire effectué ici est remarquable.

       

A la fin de la visite, 2 des 7 survivants vous attendent pour vous proposer d’acheter leur livre, récit de leur vie ici. Il nous faudra le reste de la journée pour réaliser tout cela. Comme l’audio guide le précise très justement, désormais, nous sommes aussi gardiens de cette mémoire. Nous vous le confirmons de nouveau : cette visite est incontournable.

Les étals du marché russe à quelques centaines de mètres d’ici se chargeront de nous changer les idées. Un Bo-Bun pris sur un bout de comptoir, une bonne petite brioche en dessert, et le moral remonte déjà ! Le retour aux grandes villes marque également la réapparition de la street-food dans nos repas, à notre grand bonheur.

Le marché russe, qui n’a de russe que le nom, est un immense labyrinthe d’étales en tous genres. Tissus, bijoux, objets en argent, laques, babioles , vêtements, alimentation… Tout y est.

 

Nous sommes à ce moment de la journée à 6km de notre guest-house. Peu amateurs des transports privés en Asie, nous effectuerons tout de même une tentative pour prendre un tuktuk, infructueuse. Malgré toute notre bonne volonté, l’aide de cartes papiers, de 3 autres conducteurs, des équipes de la NASA et de google map, le chauffeur n’arrivera pas à comprendre notre adresse. Soit, alors marchons !

Après toutes ces émotions, une bière (encore ?) sur le quai Sisowath s’impose. Le soleil disparait tranquillement sur le Mékong. A l’heure du diner, nous ressortons de notre tanière et nous arrêtons à 50 mètres, dans la rue, pour une noodle soup ainsi qu’un fried rice chiken et thé glacé à volonté pour seulement 1,2€. La boulangerie en face nous appelle pour le dessert ; après tout c’est pâques aujourd’hui… Alors on a bien le droit à un peu de chocolat !

Infos voyageurs:

  • Riverside GH 8$, chambre double sdb partagée, assez grande et équipée mais chaleur étouffante. personnel laotien gentil et arrangeant.
  • Bateau + Bus – Koh tonsai / Kep /Phnom Penh 6$ par personne
  • Palais royal 10$ par personne
  • Prison S-21 5$ sans audioguide – 8$ avec. possibilité d’en prendre un pour deux personnes si vous amenez vos écouteurs car 2 sorties audio par appareil.

Kampong Chhnang

Carnet de voyage – lundi 2 avril 2018

Aujourd’hui, lundi 2 avril, nous devions rejoindre le Vietnam, nouvelle étape de notre tour du monde. Du coup, ça ne se passe absolument pas comme ça.

Pour une raison officiellement inconnue, qui semblerait liée à nos seconds prénoms, le e-visa d’Aurore a été validé quelques jours auparavant, mais pas celui de Bastien. N’ayant pu renvoyer une demande que le samedi, lors de notre retour à la civilisation, nous devons attendre de recevoir le fameux sésame théoriquement validé sous 3jours ouvrés, ce qui devrait nous amener, dans le pire des scénarii, à mercredi matin au plus tard.

En attendant, puisque nous ne sommes pas fan de grandes villes et qu’Aurore rêve de voir des villages flottants, nous décidons de repartir un peu dans les terres, en direction du village de Kompong Chhnang.

Le billet de bus pour arriver dans ce village qui borde le Tonlé Sap étant le même que celui pour Battambang et Poipet (la frontière thaïlandaise), nous devrons nous acquitter de l’intégralité du prix pour descendre à mi-distance. Bien entendu nos places ne resteront pas vides puisque les locaux attendent sur le bord de la route le passage du bus : business rentable pour la compagnie ! Que voulez-vous, pour le coup, nous ne pouvons rien y faire. 90km seulement pour 9$, il s’agit bien là de notre trajet le plus cher jusqu’à présent au vu du nombre de kilomètres.

A midi nous sommes déposés sur le bord de la route. Agréable surprise, un tuk-tuk se présente, missionné par notre guesthouse pour nous récupérer, alors que nous avions réservé le logement seulement 3h auparavant (ok c’était écrit dans la description booking mais ce sont des choses auxquelles on ne croit plus). Un geste bien agréable sous cette chaleur.

Kompong Chhnang est connu pour ses villages de potiers et l’accès à deux des plus grands villages flottants du pays, les villages de Chong Kos et de Phoum Kantal. Contrairement à d’autres villages situés plus proches de Siem Reap, raison pour laquelle nous avions annulé notre visite précédente, ces populations vivent sur l’eau en permanence, y compris en saison sèche.

Afin de découvrir les environs, nous louons des bicyclettes à notre GH et sortons de la ville en direction des villages de potiers : une immersion dans la campagne qui nous fait du bien ! Les innombrables Hello des enfants sont sincères et accompagnés de grands sourires. Les potiers sont installés à quelques 3km de la ville, le vélo est donc idéal pour s’y rendre rapidement. De nombreuses femmes travaillent dans différentes « factory », l’occasion pour nous d’admirer leur savoir-faire. Alors, certes, elles ne sont pas très loquaces, mais nous nous faisons petits et observons de loin, en espérant ne pas les déranger. Peu de tourisme ici, il ne s’agit pas d’ateliers de démonstration mais bien de production.

   

Nous continuons notre route à travers la campagne et rejoignons le port de Kompong Chhnang. A quelques 50m de l’arrivée sur l’embarcadère, une batelière se jette sous nos roues. Elle nous a vu arrivés de loin, et il est l’heure de se lancer dans une belle partie de négociation dont les asiatiques ont le secret. Nous convenons avec elle d’un tour de 2h à travers le village flottant pour 15$ (le prix de départ étant de 15$/h pour 2), tantôt à la rame, tantôt au moteur thermique.

Après 15mn de navigation avec moteur, notre batelière coupe le son et sort les rames.

Nous sommes plongés dans les ruelles du village flottant, au cœur de la vie de cette population. Il est organisé de la même manière qu’un village terrestre, les maisons sont alignées selon des rues. La vie autour de nous ne s’arrête pas. Les enfants nous saluent, les parents préparent le repas, nettoient le linge, vendent leur poisson, ou se reposent dans leur hamac dont toutes les maisons sont pourvues.

        

Chaque maison flotte grâce à des flotteurs en bambou ainsi qu’à des tonneaux en plastiques, et sont protégées des impacts des embarcations par des pneus.

Ce village est habité uniquement de Vietnamiens, le peuple cham principalement de confession musulmane, immigré depuis des générations maintenant. Cette population n’ayant pas de droit à la terre ici, ils se sont installés sur l’eau, et sont ainsi tolérés par le gouvernement. Vivants sur les eaux du Mékong au niveau du delta dans le sud du Vietnam, ils ont ancré leurs habitations sur les bords du Tonlé Sap en gardant leur mode de vie et leurs traditions, bénéficiant de ces eaux réputées parmi les plus poissonneuse du monde. Les « logements » vont des plus basiques aux plus confortables, certaines étant équipées de la télé et du câble, le tout marchant sur batteries de camions.

Lors du début de notre navigation, nous avions pu observer les maisons sur pilotis, actuellement à 5-6m de hauteur, le lac étant au plus bas en cette saison. Elles appartiennent à une communauté cambodgienne. Ceux-ci ont décidé de bâtir en hauteur pour maintenir leur maison hors de l’eau tout au long de l’année et avoir une vie terrestre lors de la saison sèche. Les structures sont impressionnantes, et tiennent avec des structures composées de bambous défiant les lois les plus élémentaires de la gravité.

Contrairement à leurs voisins, les vietnamiens peuvent déplacer leur habitation selon le niveau du lac et ainsi poursuivre leur principale activité au fil des saisons, la pêche : selon nos sources, ils fourniraient 80% de la consommation de poisson du pays.

De retour sur terre pour le coucher de soleil, il est l’heure pour nous de rejoindre notre guesthouse, heureux de cette découverte et du contraste saisissant avec les grandes villes cambodgiennes.

Bonne surprise, le e-visa de Bastien a été validé dans l’après-midi : nous faisons nos sacs pour la dernière fois ici, et concluons notre voyage khmer au bord du Tonlé Sap !

Infos voyageurs :

  • Bus Phnom Penh – Kampong Chhnang 9$/personne
  • Bus Kampong Chhnang – Phnom Penh 5$/personne
  • Garden GH 8$ un très bel établissement, chambre double avec sdb privée. Un petit paradis.
  • Location vélo 1$ pour l’après midi
  • 2h de bateau sur le tonlé sap 15$ pour 2.

premiervol

Aurore et Bastien vous proposent de suivre l'aventure TOUR DU MONDE, de l'idée, au retour en France, en passant par le premier vol en Janvier 2018.

Une pensée sur “Le coeur du Cambodge

  • 27 avril 2018 à 8 h 39 min
    Permalink

    Hello,

    Comment se fait-il que le e-visa de aurore est ok alors que celui de Bastien pose problème. J’aurais peut être la réponse en regardant le 2 me hors série sur le passage de frontière.
    la période Khmers rouge est vraiment terrible et effectivement pas si loin de nous . Il faut vraiment préserver ce devoir de mémoire !.
    Belle visite à Kampong Chhnang ou je sui allé voir grâce à vous d’un peu plus près à quoi ressemble les maisons sur pilotis . Effectivement ils défient les lois de l’apesanteur !!

    Merci pour cet article

    James

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