La boucle moto de Ha Giang

Carnet de voyage – samedi 21 avril 2018

Partir à 21h30 en bus de Nuit signifie normalement ne pas arriver avant 5h du matin dans une ville complètement inconnue. Mais ce ne serait pas l’Asie si tout se passait comme prévu, vous vous en doutez bien. C’est à 3h30 que nous sommes réveillés, tout en douceur, à grands renforts de hurlements et de « taxi, taxi, taxi » ! Complètement endormi (pour une fois…) on réalise tant bien que mal que nous sommes à destination. Théoriquement, nous pouvions rester dormir dans le bus jusqu’à 6h. Théoriquement. On nous demande de sortir et de récupérer nos affaires. Bastien ayant fait comprendre aux taxis de nous laisser tranquille, nous nous éloignons pour sortir nos sacs de leurs sacs de protections.

Une vietnamienne, bien consciente que nous sommes quelque peu paumés, tente de nous aider avec ses quelques mots d’anglais mais en vain. Ce sera une fois de plus notre invincible application MAPS.ME qui nous permettra de réaliser que le loueur de moto/Hôtel qu’on nous avait conseillé n’est qu’à 400m. À notre arrivée, 4 touristes sont débarqués par un autre sleeping bus devant nous. Eux, organisés, et frais comme des gardons, ont prévenus de leur arrivée l’hôtel et nous annoncent qu’il y a des dortoirs de disponibles pour les gens dans notre situation, qui semble finalement être la norme… Notre bonne étoile est revenue, nous retrouvons un lit seulement 15mn après avoir quitté le sleeping bus, pour terminer la nuit et prendre des forces avant ce nouveau road-trip.

 

Difficile de se lever seulement quelques heures plus tard, mais « il le faut ». Le loueur, QT motorbikes, propose de pouvoir dormir gratuitement de 3h30 à 8h en échange d’une location chez lui. C’est un peu plus cher que la concurrence mais ils nous ont bien dépanné cette nuit, les motos sont bien entretenues et nous pouvons avoir une Honda WIN 125 au même prix que les modèles plus basiques que nous avions depuis le début.

M. Tran nous explique alors la boucle : il adapte différents itinéraires en fonction des envies et du temps que chacun souhaite passer ici. L’itinéraire qu’il nous propose sur 4 jours nous plait bien et nous décidons de nous lancer sur ses conseils. Cette fois-ci, nous choisissons de voir large pour nous ménager, et ne pas faire des étapes trop longues.

 

Premier jour du roadtrip : Ha Giang – Tam Son – Yen Minh

Nous partons tardivement, aux environs de 10h30. Cette première journée compte seulement 99km, mais avec la fatigue, il est largement préférable de ne pas en faire plus.

Après avoir parcourus seulement une petite dizaine de kilomètres au guidon de notre nouveau destrier, nous nous retrouvons au milieu des karsts, fins prêts à en découdre avec les montagnes Vietnamiennes. Ca grimpe, ça tourne, la route est propre… Tout ce qu’on aime en moto ! De quoi se familiariser avec notre petite Win en douceur.

     

Les paysages vont crescendo, et le ciel bleu qui nous accompagne est un vrai cadeau. Nous découvrons enfin les fameuses rizières en terrasse qui font la beauté de la région, mais également les plantations de maïs à flanc de montagnes et autres cultures de plantes inconnues. Chaque centimètre carré est utilisé pour cultiver, rendant le travail de la terre particulièrement éprouvant. 

Arrivés à Tam Son pour midi, nous emportons 2 Banh Mi (des sandwichs à l’omelette qui ne coutent rien au Vietnam), et nous perdons un peu en forêt sur les hauteurs pour manger.

       

 

Nous atteindrons Yen minh, notre ville étape, dans les environs de 15h, et ce sans aucune difficulté. Le premier Hôtel de la ville sera le bon, un hôtel flambant neuf tenu par une famille adorable avec vue sur les rizières, un peu excentré du centre qui n’est pas particulièrement jolie.

 

C’est sur la terrasse partagée, à observer les habitants aux chapeaux coniques cultiver le riz, que nous rencontrons deux baroudeurs : des tour-du-mondistes partis il y a 7mois et qui ont fait le sud de l’Afrique ainsi qu’un parcours similaire au notre à travers l’Asie. C’est tout naturellement que nous partons manger ensemble ; 4 braves Bun Cha feront l’affaire, servis au rez-de-chaussé d’une maison sans nom, et ce à seulement 18h30. La journée fut longue, mais prometteuse !

 

Carnet de voyage – Dimanche 22 avril 2018

C’est de bonne heure qu’Aurore insiste pour quitter l’hébergement du jour. La raison ? Nous sommes dimanche, et dans la plupart des villes de la boucle, les habitants des villages isolés aux alentours viennent vendre ou acheter ce dont ils ont besoin au marché, parcourant parfois de nombreux kilomètres de marche en montagnes.

Depuis notre début de séjour au Vietnam nous avons bien compris qu’à 7h la journée est déjà entamée pour les locaux, alors nous partons découvrir le marché pour 8h. Nous croisons déjà beaucoup de monde sur le retour mais le marché est encore bien actif. De nombreuses ethnies, très différentes, sont présentes. Leurs habits traditionnels sont tous plus beaux les uns que les autres. On observe, on découvre, on s’étonne, mais surtout, on se faufile en essayant de se faire le plus discrets possibles. Nous sommes ici les seuls touristes, et pour une fois, nous semblons être la cible de regards étonnés mais toujours bienveillants. Aurore finira même par se lancer à négocier une bobine de fil blanc au milieu des femmes hmongs, quelques peu étonnées.

#balancetonporc

          

Notre pause-café-froid en bordure du marché fera également l’objet de nombreux regards autour de nous, et probablement de pas mal de commentaires que nous ne déchiffrerons jamais. Nous concernant, nous sommes bien trop occupés à tenter d’assimiler les différences des costumes des différentes ethnies présentes. Par respect, nous nous efforçons de garder les appareils photos éteints, profitant simplement du téléphone de Bastien pour capturer quelques discrètes images pour nos souvenirs. C’est un moment hors du temps, que nous aurions pu découvrir à travers un reportage de « Rendez-vous en terre inconnue », ou d’un épisode d’Antoine de Maximy, mais que nous n’imaginions pas vivre. Nous ne pouvons qu’avoir beaucoup de respect pour ces populations et pour ces petits bouts de femme, dont le rythme de vie est aux antipodes du notre.

 

J2 Yen Minh – Dong Van – Lung Cu – Dong Van

À 10h nous reprenons la route pour la prochaine ville étape Dong Van. Célèbre pour son grand marché du dimanche, Dong Van est la principale ville dortoir de la boucle.

La route est toujours en bon état, ne réservant que peu de pièges (vigilance tout de même) et les paysages sont tout simplement splendides. Chaque virage est suivi d’un « wooh » d’Aurore, tandis que Bastien se concentre sur la trajectoire ultime pour profiter pleinement sans trop se faire secouer. Le soleil est toujours avec nous, une chance inouïe alors que les prévisions météo annonçaient froid, orages et pluies. Dire que nous avons bien faillit annuler notre venue ici à cause des conditions climatiques…

                

Nous arrivons peu avant midi à Dong Van, alors que le marché se termine. Ici encore, nous croisons de nombreux villageois des différentes ethnies, en route pour chez eux, chargés de dizaines de kilos sur le dos. Nous imaginons facilement que la plupart des villages dont ils sont issus ne sont pas desservis par les routes que nous empruntons.

Nous trouvons rapidement notre chambre, équipé de 3 lits doubles. Nous en rêvions faute de canapé, nous allons enfin pouvoir nous engueuler et dormir séparément ! Trèves de plaisanteries, il est temps d’accomplir notre quête principale quotidienne : nous partons à la recherche d’une cantine pour manger. Les premiers restaurants croisés nous font halluciner, les restaurants affichants des prix tout simplement indécents pour le pays.

Même dans les grandes villes nous n’avons jamais eu à payer ces prix… A force de persévérance nous trouvons une cantine excentrée, ou une bonne dizaine de vietnamiens hurlent. Oui, plus vous enfermez de vietnamiens dans un restaurant, plus le niveau de décibels est élevé, c’est scientifiquement prouvé. A nous de nous faire comprendre, en jetant un œil dans les marmites disponibles, pour composer notre repas. C’est parfait pour nous, et à un prix bien plus décent !

Nous reprenons la route en début d’après-midi, pour nous lancer dans une boucle dans la boucle : 60km au départ de Dong Van afin d’atteindre le point le plus au nord du Vietnam, au cœur des montagnes. L’occasion pour nous de faire les malins, et de passer clandestinement en Chine en contournant un barbelé disposé à quelques mètres de la route principale. La route est en travaux et les portions difficiles sont nombreuses, c’est au péril de notre vie que nous vous livrons ces quelques photos de notre séjour Chinois ! Pour information, nous aurons poussés jusqu’au point le plus au nord, là ou la dernière route vietnamienne s’arrête.

Et il est content…

        

 

Les travaux avancent rapidement et les prochains à passer auront sûrement plus de facilité, mais c’est heureux que nous finissons les passages composés de roches, de goudron frais, de graviers et de sable. Encore une fois les paysages en valent largement le coup, mais la prudence est de mise, et avoir déjà conduit un 2 roues s’avérera ici utile.

C’est fatigué que nous rentrons à Dong Van vers 17h. Nous retrouvons alors Clo et Guillaume, un couple de tour du mondistes rencontré à Ha Giang chez QT. Encore une belle soirée en toute simplicité, un Bun Cha chacun (oui on adore ça…), clôturée par un petit tour au « marché de nuit », qui ne mérite absolument pas que l’on s’y attarde, et s’avère dénué d’intérêt.

 

Carnet de voyage – Lundi 23 avril 2018

C’est un grand sourire qui s’accroche à nos visages pour le réveil. D’un part car c’est aujourd’hui que nous attaquons la portion la plus belle de la boucle, le Ma Pi Leng Pass, mais également car ce sera sous un soleil radieux !

 

J3 Dong Van – Meo Vac – Du Gia – un village paumé

Nous partons une fois de plus bons derniers de l’hôtel sur les coups de 10h30. La Ma Pi Leng Pass, appelé aussi « Happy Road » par les vietnamiens, est une route longue de 22km qui serpente entre Dong Van et Meo Vac. Avant l’existence de cette route les villages alentours étaient complètement isolés. Il a fallu 5ans pour poser cette langue de goudron à flanc de montagnes, et pour changer la vie des populations locales.

Dès la sortie de la ville, le spectacle est au rendez-vous. Impossible à décrire, nous préférons laisser parler les quelques photos suivantes. Sur une petite vingtaine de kilomètres, nous nous serons arrêtés une bonne dizaine de fois pour profiter des différents points de vue offerts : le spectacle est à couper le souffle.

        

Une fois Meo Vac et un repas avalé, nous quittons désormais les axes principaux et partons sur des routes moins bitumées. Trous, ornières et divers pièges sont nombreux, nécessitant toute l’attention du conducteur. Par chance, la petite Honda Win s’annonce pleine de ressources et encaisse bien le traitement que Bastien lui inflige, toujours à bon rythme. Cette petite monture se montrerait presque digne d’un gros cube !

   

   

À 16h nous arrivons à Du Gia. Petit village perdu dans une cuvette, les seules accommodations qu’il y a sont des dortoirs de matelas posés au sol et accolé à l’étage supérieur de maison typiques de la région. L’insalubrité des lieux et le prix demandé nous laisse ici aussi perplexes. Comment des hébergements dits « backpackers-roots » peuvent proposer des tarifs comme ceux-ci ?

Lorsque que nous recroisons une nouvelle fois par hasard Clo et Guillaume, nous constatons que nous avons le même ressenti. Nous décidons de rebrousser chemin sur une dizaine de kilomètres (ponctués par une chaine déraillée sur la petite Win, rapidement réparé sur le bord de la route) pour dormir au seul Hôtel du coin. Celui-ci est situé au-dessus d’un karaoké et est encore en pleine construction. Cela ne pose pas de problème à la famille gérante (il n’y a jamais de problème de toute façon ici), 2 chambres sont prêtes elles sont pour nous.

La seule cantine du village nous permettra d’avaler une soupe pour le diner. Le bruit de la scie circulaire nous bercera jusqu’à 23h, accompagné par le karaoké. Que voulez-vous, on a une chambre privée avec salle de bain pour un prix correct, on ne peut pas tout avoir…

 

Carnet de voyage – mardi 24 avril 2018

La scie reprend son activité dès 7h, il est temps de se lever apparemment. Nos amis partiront dans la foulée ; nous concernant, nous trainerons jusqu’à 9… Difficile de se lever pour nous en ce moment, la fatigue cumulée commence de nouveau à se faire ressentir.

 J4 – Petit village perdu – Tam Son – Détour inutile – Ha giang

La route entre le village et Tam Son est cette fois-ci très accidenté. De plus les nuages ont fait leur apparition, gâchant quelque peu les paysages mais nous permettant de découvrir le charme des montagnes embrumées.

Nous traversons de nombreux villages, aux maisons très rudimentaires. Les plus jeunes enfants jouent dans les rues et la nature pour passer la journée, tandis que ceux qui sont en âge de travailler (comprenez 9/10ans) accompagnent leurs parents dans les champs. Certains villages disposent des maisons en « dur », mais beaucoup d’autres sont encore composées uniquement de bambou, de panneaux de bois et de terre cuite.

Malgré cette pauvreté apparente les enfants continuent de crier hello à notre passage et nous offrent leur plus beau sourire, tandis que les ainés portent sur nous un regard bienveillant. Notre arrivée à Tam Son pour déjeuner marque le retour sur les routes asphaltées pour le plus grand bonheur de la petite Win, commençant à fatiguer. Clo et Guillaume partis quelques heures avant nous, nous retrouvent lors de notre recherche de cantine. Nous mangeons ensemble puis nos chemins se séparent de nouveau pour l’après-midi. Tous deux rentrent sur Ha Giang, alors que nous nous décidons à emprunter un chemin secondaire noté sur les itinéraires de QT nous ramenant sur la route principale après 30km de détour. 

Les routes sont caillouteuses et boueuses, et maps.me ne nous localise plus. Nous tiendrons 25km avant de faire demi-tour, incapable de trouver la route ramenant vers Ha Giang. 

La dernière portion sera difficile pour nous, principalement à cause de la fatigue, mais nous profitons une dernière fois de ces sublimes paysages. Les nuages se sont un peu dissipés cette après-midi, un dernier cadeau pour la fin de notre périple.

 

 
 

Nous trouvons un Hôtel tout proche de la gare routière pour passer la nuit. Malheureusement mal informé au départ, celui-ci propose également des locations de moto pour un tarif plus avantageux, et des chambres très belles et très bien équipées. Le gérant est adorable et nous book nos billets de bus du lendemain au prix des locaux (moins cher qu’à la gare, on marche sur la tête).

Nous ramenons la moto à QT et récupérons nos affaires laissées à l’auberge. L’occasion de croiser les éclopés de la boucle : brulures, bleus, bandages…

Beaucoup de voyageurs croisés sur la route roulaient non équipés, et au-dessus de leur niveau de conduite. C’est simplement le résultat logique de cette équation que nous constatons avec dépit…

Clo et Guillaume nous rejoignent pour une dernière bière avant leur bus de Nuit : pour une première en scooter, eux s’en sont sortis parfaitement, en s’équipant correctement et en prenant leur temps ! Chapeau les copains.

C’est ainsi que se termine notre découverte de ce beau pays. Demain nous prenons un bus de jour pour Hanoi et profiterons de nos 24h dans la capitale pour nous reposer et préparer la prochaine étape : les philippines. 

Infos voyageurs :

·        Location moto 200.000VND/jour

·        Hotel Yen Minh 200.000VND/nuit, juste avant l’entrée du village en arrivant de Ha Giang, tournez à gauche, c’est le 2e hotel. De 4 ou 5 étages, avec une facade bleu. Son ouverture est très récente, la famille qui ne parle pas anglais fait tout son possible pour communiquer (merci google traduction). Chambre double petite mais sdb privée et vue incroyable sur les rizières, proche de la ville.

·        Binh Minh Hostel à Dong Van, hotel avec vue sur le marché central. Chambre spacieuse avec balcon. Sdb privée en dehors de la chambre. 200.000VND/nuit.

·        Nuit aux alentours de Du Gia, Hotel-Karaoké situé 10km avant le village de Du Gia, proche de l’embranchement pour rentrer à Ha Giang. Un seul hôtel dans ce mini village. Bruyant car en construction et pas encore fini mais nous avons préféré cela au dortoir avec matelas au sol dans une grange sans ventilation à Du Gia. 200.000VND/nuit la chambre privée avec sdb.

·        Anh Anh Hostel – 185.000VND/nuit. A deux pas de la gare routière, une très belle adresse. Chambres neuves et tout confort pour un petit prix. Gérant qui parle très bien anglais. Location de moto très peu cher et achat des billets de bus pour Hanoi au prix des locaux (moins cher qu’à la gare) 185.000VND/personne

·        Bus 86 Centre ville de Hanoi -> Aéroport 30.000VND par personne. En attendant le bus, un van climatisé s’est arrêté (stickers  des navettes aeroports sur les portes) nous proposant de nous amener pour le même prix. Après discussion nous avons accepté. Trajet bien plus rapide (seulement 30mn contre 1h) et déposé devant notre terminal comme convenu. Nous pensons que l’homme allant chercher des voyageurs à l’aéroport pour sa société ou son hôtel en a profité pour faire du « taxi clandestin » et arrondir sa journée. Dernier conseil, mangez à l’extérieur des terminaux, au niveau du check in bagage vous coutera 2 fois moins cher.

 

 

premiervol

Aurore et Bastien vous proposent de suivre l'aventure TOUR DU MONDE, de l'idée, au retour en France, en passant par le premier vol en Janvier 2018.

Une pensée sur “La boucle moto de Ha Giang

  • 9 juin 2018 à 17 h 31 min
    Permalink

    Hello,
    Excellente la photo de Harvey Weinstein ! .
    Une balade à moto à l’autre doit du monde ,c’est quand même le pied ! Profitez bien !
    Bonne route
    James

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