Hors série #2 : E-visa et frontière Cambodge-Vietnam

Nous avions particulièrement hâte de découvrir le Vietnam, peut-être même plus que d’autres destinations prévu à notre itinéraire…

C’est vrai, c’est un peu injuste : c’est comme déclaré ouvertement que vous appréciez plus l’un de vos amis que les autres.  

C’est dans cette optique que nous avons préparé, bieeeen avant notre départ, l’arrivée dans ce pays et donc l’obtention du fameux visa.

Depuis des années, la procédure est la même : envoyer son passeport via la poste à l’ambassade du Vietnam à Paris (une lointaine contrée à plusieurs jours de chevaux), se délester de 80 douloureux euros par personne, et recevoir dans les 15 jours théoriques le fameux sésame.

Soit. Sauf que 6 mois avant notre premier vol, le gouvernement vietnamien a mis en place un système de e-visa, à réaliser soi-même en ligne pour la modique somme de 20€. La nouvelle ne pouvait que nous plaire, mais les retours de voyageurs étant alors assez peu nombreux, nous avons été plus loin. Aurore a donc envoyé un mail à l’ambassade, leur demandant si le e-visa était fiable, et si l’adresse du site vietnamien qu’elle avait récupéré sur internet était la bonne (des dizaines de sites proposent un service équivalent, mais ne sont pas officiels). La réponse a été quelque peu déroutante : « il existe des faux sites, envoyez-nous vos passeports et l’argent c’est plus sûr ».

Ok, d’accord. Bien sûr. Dans l’enveloppe, on y glisse un Mars aussi ? Bon.

La communauté Facebook (Voyages Sac-à-dos … « backpackers ») a donc été sollicitée et 3 mois avant notre départ nous en étions sûr : nous tenterions les e-visa ! Dans le pire des cas, si cela ne marchait pas, l’ambassade d’un pays frontalier pouvait lancer la procédure pour 40 à 50$ sous 3 jours, toujours moins cher que chez nous. Une seule « contrainte » dans ce système, il vous faudra connaître les dates exactes de votre séjour.

Le site www.tourdumondiste.com regorge d’informations très complètes sur le sujet, allez y jeter un coup d’œil en complément ! 

Cette dernière information, nous ne l’avons eu que tard puisque nous étions censés rester environs 3 semaines au Cambodge, et souhaitons finalement quitter le pays après 15 jours. Nous avons donc fait la demande de e-visa depuis Kampot, une semaine avant la date souhaitée de passage à la frontière. 5 jours plus tard, suite à une coupure volontaire de 3 jours d’internet sur la sympathique île de Koh Tonsaï, nous avons découvert que le visa d’Aurore était accepté mais que celui de Bastien se voyait refusé : la raison ? Nous pensons que cela vient du fait que n’avions pas renseigné le 2e prénom (ce que nous n’avions pas non plus fait pour les 4 prénoms d’Aurore, qui ont été ajouté par le service lui-même).

Le site officielle pour vos demandes de e-visa est ici !

C’est à n’y rien comprendre, et les raisons du refus sont peu explicites en ligne, sans possibilité de contact. Nous n’avons pas d’autre choix que de compléter la demande de Bastien, de croiser les doigts que ce soit bien la raison du refus, et d’attendre de nouveau 3 jours ouvrés. Nous sommes bien sûr samedi matin : PARFAIT ! Si l’administration vietnamienne est aussi à cheval sur les délais que notre système français, nous sommes bloqués au minimum jusqu’au mercredi.

On. Est. Pas. Rendu.

Cette attente forcée nous aura permis de découvrir les villages flottants vietnamiens du Tonlé Sap, une parfaite transition et une très belle découverte. C’est donc le lundi, dans la petite ville de Kompong Chhnang, à 2h de bus de la capitale que nous recevons le e-visa validé de Bastien. Voilà une bonne nouvelle !

C’est donc dès le mardi 3 avril que nous décidons d’enchainer les transports pour passer au Vietnam.

Vous la voyiez la détermination ? Et bien… *teaser*… Nous avons réussi mais ça a été plus que chaud.

 

Première mauvaise nouvelle, le premier bus passant à Kompong Chhnang pour rejoindre la capitale est annoncé à 11h30. Renseignements pris, le bus Phnom Penh en direction d’Ho Chi Minh part à 14h45. Sur le papier, nous sommes « laaaaaarge ».

  • Etape numéro 1 : Imprimer les e-visa.

Et bien oui, parce que c’est informatique, ces messieurs ont IMPERATIVEMENT besoin du papier. Avant de nous amener là où le bus doit nous récupérer, Bastien part en quête d’une imprimante à travers le village. Après quelques dizaines d’échecs, c’est retour à la case départ. Le chauffeur de tuktuk de la guest house nous dépose ensuite au « printer officiel » du village. Bastien y étant passé à pieds plus tôt, c’est irrémédiablement un nouvel échec. Celui-ci ne peut que photocopier, pas imprimer. Dire que nous sommes dans une ville qui doit compter pas loin de 50.000 âmes…

Un couple français nous rassure en nous informant que la capture d’écran sur nos téléphones suffit aux douaniers. Ok, on va la jouer comme ça. De toute façon, à part graver les informations sur un bloc de marbre au piolet, nous n’avons pas vraiment le choix.

  • Etape numéro 2 : Trajet Kompong Chhnang – Phnom Penh

Notre carrosse, aussi rutilant qu’il est possible de l’être pour un bus au Cambodge, arrive à midi et non 11h30. Là d’un coup, on est moins « laaaaarge ». Ça va le faire.

Les heures défilent et les bouchons de la capitale nous ralentiront bien plus qu’à l’aller. Le conducteur poussera le vice jusqu’à faire une pause à quelques kilomètres de l’arrivée.

Résultat : le bus stationne au terminus à 14h30.

  • Etape numéro 3 : Acheter le billet de bus

Aurore sort du bus, adoptant son pas de course « Usain Boiled » (oui comme les œufs), et laisse à Bastien la basse tâche de récupérer nos 2 gros sacs en soute, au milieu d’une horde de taxi affamés et aux yeux révulsés. Elle file au comptoir de vente. La vendeuse, un poil non chalante mais efficace, nous délivre nos 2 billets pour un départ dans 15minutes. Le bus est quasiment vide, en même temps quelle idée de passer la frontière à cette heure-ci…

  • Etape numéro 4 : Monter dans le bus

Trouver son bus dans une gare routière en Asie, c’est un peu comme choisir la composition de son sandwich chez Subway : personne ne répond à nos sollicitations et à nos demandes de renseignements, et nous pouvons faire n’importe quoi et monter dans n’importe quel véhicule, que ça serait pareil. Nous tentons celui-ci, avec écrit Ho Chi Minh. Et bien non, absolument pas. Pourquoi devrait-il aller à Ho Chi Minh, même si c’est marqué dessus ? Bon. Celui d’à côté sans rien écrit ? Bien. Un contrôleur vérifie nos billets puis nous demande nos visas et passeports. Nous lui expliquons le problème d’impression et montrons notre téléphone et le fameux document téléchargé. Pour lui cela ne suffit pas : il faut impérativement le e-visa imprimé, sans quoi nous ne passerons pas la frontière, et le bus ne se donnera donc pas la peine de nous y conduire. Niveau timing, c’est là que nous sommes à nouveau plus bien du tout.

  • Etape numéro 5 : Imprimer le e-visa à tout prix (*musique de 24h chrono*)

Heureusement pour nous, nous sommes tombés sur un contrôleur vraiment sympa, nous étions les derniers à monter dans le bus, et nous étions peu à nous rendre à la frontière. Notre nouveau collaborateur, après avoir demandé à la femme de ménage de la station vers où aller, abandonnera son poste pour nous amener chez un imprimeur/épicier/réparateur… 10 minutes pour imprimer 2 papiers et la nécessité de prendre la main sur l’ordinateur, nous avons encore à faire à un concurrent pour la médaille du « je m’en fou j’ai pas envie ».

Mais ça y est nous les avons en main ces foutus papiers (et en couleur ! *trompette de la victoire*) et rejoignons notre bus, Aurore toujours dans une superbe foulée, Bastien trottinant tranquillement derrière. Faudrait pas se blesser. Il est 14h45, nous avons réussi.

  • Etape numéro 6 (celle pour laquelle vous lisez tout ça depuis 15 minutes) : le passage de frontière.

La frontière de Bavet – Moc Bai est bien connue des locaux pour ses casinos. Un mini Las Vegas (enfin l’idée que l’on s’en fait) s’illumine devant nous :  la frontière est très active, de nombreux vietnamiens traversent pour venir jouer au Cambodge. Les cartes sont distribuées pour une petite partie de « attention, v’là une arnaque ». Nous avons lu à plusieurs reprises sur de nombreux blogs que c’est le moment choisi pour qu’un homme vous propose, en l’échange de 5 malheureux dollars, de s’occuper de vos démarches à votre place. Vous comprenez, beaucoup de monde à la frontière à cause des casinos, cela va prendre des plombes s’il ne s’en occupe pas pour vous. Vous resterez alors dans le bus et attendrez tranquillou bilou pendant que monsieur s’occupe de vous faire sortir du Cambodge et entrer au Vietnam.

Ca circule autour des casinos à la frontière

Cette arnaque-là, nous l’attendons donc de pied ferme. Alors quand un homme dont la tête ne nous revient pas monte dans notre bus à 2km de la frontière et nous dit vouloir récupérer nos passeports pour faciliter le passage de frontière, nous refusons catégoriquement, et montons un front de résistance, composé de… nous 2. Voyant les autres touristes donner leurs papiers (nous n’étions finalement que 8, trop peu pour monter une armée) nous leur demandons si ils payent les fameux 5$. Deux amies suisses nous disent que l’homme ne leur a rien demandé ; quand nous leur expliquons ce que nous avons lu, elles courent voir l’homme et discuter avec lui. Nous finirons par aller le voir également, et par lui demander des explications et le détail de sa manœuvre. Pas de signe des fameux 5$, si il avait dû nous demander de l’argent, il nous annonce clairement qu’il l’aurait déjà fait.

Il ne parait pas étonné par notre réaction, et nous confirme non sans agacement qu’il appartient bien à la compagnie de bus, et qu’il est là pour faciliter le passage du véhicule et de ses clients. Ok, nous décidons de lui faire confiance, en insistant sur le fait que nos passeports doivent impérativement rester dans le même bus que nous, et que Bastien accompagnera les documents tout au long du passage.

Bastien surveille les passeports, Aurore surveille Bastien, mais qui surveille Aurore ?

Après tout, ces bouts de papiers, c’est ce que nous avons de plus précieux pour cette année de vadrouille. Hors de question de se voir confronter à une quelque sorte de chantage pour les récupérer… 

Le groupe remonte dans le bus. Nous arrivons au poste frontière : 2 minutes suffisent pour avoir le tampon de sortie du Cambodge, sans un mot ni un seul regard. Lorsque nous récupérons la confirmation, on nous demande d’avancer rapidement, de ne pas s’attendre.

Impressionnant de facilité !

Nous remontons dans le bus et parcourons 200 mètres jusqu’au poste de Moc Bai, un bâtiment bien plus conséquent que celui se trouvant à sortie du Cambodge, il présente un grand hall aux allures d’aéroport.    

En recul de la file principal, un guichet ouvre spécifiquement pour nous lorsque notre guide se présente. Ce dernier glisse furtivement un billet au douanier en guise d’introduction. L’agent en uniforme valide l’échange par un sourire.

Nous avons pris tous les risques pour vous livrer cette photo ratée de passage de biftons…

Tous les passeports lui sont déposés, et en 5 minutes, sans que nous n’ayons à nouveau aucune interaction avec les agents vietnamiens, notre séjour dans le pays est autorisé et validé. Cette fois-ci également, notre guide nous demande d’accélérer le pas et de franchir le dernier portique de sécurité (totalement inutile) sans ralentir. Nos bagages sont scannés par un vietnamien bedonnant à moitié assoupi, sans qu’il ne porte le moindre regard sur son écran de contrôle.

Incroyablement simple !

Après un rapide contrôle du bus dont les chiens seront les principaux acteurs (oubliez le passage de substance illicites sur cette frontière), nous pouvons finalement remercier l’agent de la compagnie et lui présenter nos excuses. Il est en effet là pour que le bus ne prenne pas de retard sur cette étape cruciale, et pour « entretenir les bonnes relations » avec les douaniers. Au cours de ces différentes étapes, il nous aura toujours précédé pour nous faire ouvrir les portes.

Et vas-y que ça renifle notre bus !

Pour nous, cela en dit long sur la façon de fonctionner de ces pays d’Asie.

Il nous reste 2h30 de route, pour arriver à Ho Chi Minh et conclure cette longue journée.

Infos voyageurs

  • Notre compagnie de bus était Sorya ; les bus circulent sous le nom « 168 ».

Nous les avons pris à 4 reprises et n’avons jamais eu aucun souci. On recommande +++ surtout après ce passage de frontière si facile.

  • Prix du trajet Phnom Penh – Ho Chi Minh 10$/personne
  •  E-visa 25$ + 1$ de frais de gestion

premiervol

Aurore et Bastien vous proposent de suivre l'aventure TOUR DU MONDE, de l'idée, au retour en France, en passant par le premier vol en Janvier 2018.

Une pensée sur “Hors série #2 : E-visa et frontière Cambodge-Vietnam

  • 27 avril 2018 à 9 h 22 min
    Permalink

    Hello,

    il existe des faux sites, envoyez-nous vos passeports et l’argent c’est plus sûr !
    1 Mars et le bounty avec !!
    à la recherche d’une imprimante ! pas drôle pour Bastien mais j’imagine la scène.
    à la recherche du Bus puis d’un impression , Jack Bauer n’a qu’à bien se tenir !
    J’ai toujours une appréhension à filer mon passeport à une personne inconnue , la confiance n’est pas toujours au RDV.
    Heureusement que la photo floue du passage de bifton ne risque pas de vous poser des problèmes digne du film midnight express .
    En tout cas merci pour ces infos utiles pour passer une frontière finger in the noose !
    Bonne route
    James

    James

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