Hoï An, la lumineuse.

Carnet de voyage – mercredi 11 avril 2018

Voyager en bus de nuit, c’est toujours un pari. En fonction de l’état du véhicule, et du nombre de personnes à bord, vous pouvez dormir le minimum syndical, ou pas du tout !

Cette nuit, le nôtre est à moitié rempli : nous réussissons à passer la nuit au fond, à l’endroit où 3 couchettes sont accolées et complètement couchées. Une bonne opération cette fois-ci, nous permettant de nous reposer un peu.

Malgré de nombreux et interminables arrêts pour charger et décharger des paquets (inscrire La Poste sur le flanc du bus et le repeindre en jaune serait plus honnête), nous arrivons à Hoï An à l’heure annoncée, c’est-à-dire 6h30. Autrement dire que ça pique, comme d’habitude !

Fleur, une gérante d’hôtel en pleine chasse au client, nous accoste et réussi à nous convaincre de la suivre après avoir diviser le prix de sa chambre par deux tout en incluant les petits déjeuners. Ici, la négociation est simple : à l’annonce du prix, faire mine d’être mal à l’aise, et remercier gentiment en s’éloignant. Généralement, le prix descend immédiatement… Testé et approuvé à de nombreuses reprises. Il vous faudra parfois aller jusqu’à mettre votre sac à dos et faire quelques pas… Nous aussi nous savons jouer la comédie 😊 

1h plus tard, nous sommes installés dans une chambre très luxueuse, prêts pour finir notre nuit et sans avoir à payer de surplus. Encore une belle opération.

A midi, nos estomacs crient (encore) famine, et l’envie de découvrir Hoï An après en avoir entendu tant d’éloges dépasse la fatigue de cette courte nuit. Une nouvelle journée de marche commence !

Sur les conseils de blogueurs, les bloups trotters pour ne pas les citer, nous découvrons les spécialités culinaires de la ville : le fameux cau lac, et le fried worton. Un vrai délice, nous vous recommandons de vous arrêter au café 43 pour en faire la découverte. Ils proposent également une bière maison à seulement 10 cents d’euros : la ville marque des points à un rythme jamais égalé.

Malgré la chaleur nous arpentons la vieille ville à la découverte des vieilles demeures coloniales, très bien entretenus grâce à leur titre de l’Unesco. Des centaines de maisons aux styles très différents sont éparpillées, dont une grosse partie autour de 3 rues principales au cœur de la vieille ville. Un ticket à 120.000dongs existe, et autorise la visite de 5 demeures/musées/temples de la ville parmi une vingtaine de monuments ; nous concernant, nous préférons flâner et nous arrêter devant certaines, moins fréquentées.

                         

 
 

3heures de marche dans ces ruelles nous auront amplement permis de nous faire une idée de la beauté de cette ville. Les magasins de souvenirs ont remplacé les échoppes des marchands au rez-de-chaussée des habitations d’époque afin d’assouvir les pulsions des très nombreux touristes de passage ; le point positif, c’est que cela nous permet de découvrir l’intérieur des bâtiments sans frais.

Le nombre de boutiques est tout simplement invraisemblable. Hoï An est réputée, entre autres, pour ses tailleurs : vous pouvez vous faire confectionner un costume homme sur mesure pour une petite cinquantaine d’euros. Un tarif imbattable vue la qualité du produit fini… Nous concernant, ce n’est pas prévu, mais certaines boutiques proposent même de s’occuper de l’envoi en France pour vous.

Sous 35 degrés, les pauses en terrasses sont forcément les bienvenues, de quoi profiter de la vue sur la ville depuis la rive opposée, à l’écart des foules.

Nous avons marché à travers la petite île de l’autre côté du pont, et nous nous sommes rapidement perdus parmi les maisons de pêcheurs et marchands de la ville, à notre grand bonheur. Enfin, nous avons l’impression que la ville peut être touristique tout en permettant à sa population de continuer à vivre sur place. C’est bien la première fois que nous avons l’impression que l’afflux d’étrangers en masse ne bouleverse pas complètement l’ordre établit.

A la nuit tombée, la ville s’illumine, et la magie opère. Nous découvrons le second visage d’Hoi An, illuminée de centaines de lanternes. Le spectacle est magnifique, accentué par les lanternes flottantes déposées à l’eau par les touristes, en l’échange de quelques dongs. Dès que le soleil décline, les batelier(e)s vous abordent le long des quais pour un « tour » en bateau sur la rivière, dont l’objectif principal est de déposer votre lanterne à quelques dizaines de mètres du pont principal.

     

De notre coté nous nous sommes contenté d’admirer ce spectacle depuis la table d’une cantine de rue, le long de la rive juste après le pont japonais. Cette très belle (et longue) journée s’achève, des lumières plein les yeux ! Hoi An est un véritable coup de cœur pour nous deux. Petit bémol tout de même, dès 16h et la fin des grosses chaleurs, le nombre de touristes est multiplié par 10. Il vous faudra de toute façon faire avec, parfois jouer des coudes, mais le spectacle en vaut vraiment la peine.

 

 

Carnet de voyage -jeudi 12 avril 2018

Après Aurore et sa petite forme physique sur la fin du Laos c’est maintenant au tour de Bastien de souffrir d’une baisse de régime depuis 3-4 jours. Coup de chance, Hoi an est le lieu idéal pour ne pas être au top de sa forme : à seulement 4km de notre guest-house se situe la plage de An Bang, Une activité toute trouvée pour l’après midi et pour nous « remettre en cannes » : farniente sur un transat !

Nous avons passé une superbe après-midi sur une plage, comme on les aime. Peu de monde, entourés de pins comme à la maison, un sable fin et propre et une eau avec quelques vagues. Pour ne pas que ce moment soit gaché, sachez cependant que tous les « parking » sont payants, même lorsqu’il y a écrit gratuit… Après notre mésaventure de Mui Né nous nous sommes renseignés en amont grâce aux avis de restaurants sur tripadvisor, et des voyageurs relatent le même problème à chaque fois. Une personne leur indique la gratuité du stationnement, et lors de leur retour on leur demande de consommer au restaurant ou de payer leur stationnement. Une fois prévenu il est plus simple de tourner ce « problème » à notre avantage. Nous décidons donc de manger au restaurant à l’arrivée sur la plage, ce qui va s’avérer être une très bonne opération ! Nous nous arrêtons au « Sea Sun restaurant », au sud de la plage. Moins de constructions dans cette zone, pas un seul resort à l’horizon, la cuisinière nous accueille avec un superbe sourire et nous propose de prendre notre commande puis de nous amener nos plats directement sur la plage. Nous nous retrouvons sur une petite paillotte de 2 tables uniquement, face à la mer de chine. Un cadre paradisiaque ! Nous passons donc notre journée sur les transats mis à disposition par le restaurant et ne paieront rien de plus que notre repas, soit la somme astronomique de 5€ pour le déjeuner, les boissons, le parking et les transats, pour deux bien entendu !

   

Une journée de repos qui permet à Bastien de se remettre sur pattes, et qui nous permet de constater avec soulagement que toute la côte vietnamienne n’est pas encore bétonnée… OUF !

 

Carnet de voyage – vendredi 13 avril 2018

Certes, Hoi An c’est beau, mais comme beaucoup d’endroits en Asie, les alentours sont souvent tout aussi sympas à découvrir. Le site principal dans les environs d’Hoi An s’appelle My son, l’un des principaux sites archéologiques du pays, qui constituait un site religieux, culturel et politique de l’époque Cham. Les Cham ont été souverains de cette région jusqu’au 17e siècle. Vaincus, la population a immigré, et une partie des descendants de ce peuple se trouve notamment sur les eaux du Tonlé Sap au Cambodge, comme nous vous en parlions dans notre dernier article khmer.

Notre envie de partir tôt sera quelque peu ralentie par notre flémingite aigue, et nous ne prenons la route à bord de notre nouveau destrier qu’à 9h, alors que la chaleur est déjà pesante. 45km nous séparent de My Son ; après seulement 5km, nous sommes à l’extérieur de la ville et roulons à travers les rizières d’un vert éclatant. Les paysages sont superbes dès lors que nous quittons les grands axes pour traverser les villages.

 

Bien plus petit que celui Angkor, le site de My Son vaut tout de même le détour selon nous (enfin surtout selon Aurore, il faut l’avouer). Les ruines sont au cœur de la nature, et la ballade nous emmène à travers 3 sites en bons états, ainsi que 4 autres bien plus détériorés, notamment en raison des bombardements américains. Des trous d’obus sont encore visibles par endroits, à quelques mètres seulement des vestiges. L’histoire Cham est intéressante, et représente un pan important de l’histoire Vietnamienne. En prenant notre temps nous mettrons 1h30 à visiter le site ; des guides sont à votre disposition si vous souhaitez approfondir la découverte, et un musée est inclut dans le billet d’entrée. Une navette gratuite (et électrique !) vous emmène de l’entrée du site jusqu’au début du chemin.

      

Seul point noir à cette belle visite : le parking moto, à l’entrée du site est payant malgré l’absence totale d’indications, et le prix conséquent du billet d’entrée ! Pas de prix ni sur le billet, ni sur le parking, encore moins sur la carte qui valide le stationnement… L’occasion pour nous de pousser une nouvelle gueulante dont nous avons le secret sur le « gardenaqueur » (c’est beau hein ? c’est de nous), qui conclura l’échange par un superbe « c’est comme ça, c’est le Vietnam ». Désabusés, nous tenterons de nous réconforter dans le restaurant à l’entrée du site, qui refusera de nous servir. Pas envie. C’est aussi ça, l’Asie, et il serait difficile de l’oublier…

Nous reprenons la route à 13h et décidons de sortir un peu plus du tracé habituel, en réalisant une boucle par le sud pour rejoindre Hoi An. La route est superbe : nous traversons montagnes, lacs et rivières, et nous arrêtons dans un petit village pour le déjeuner.

 

 

L’occasion d’engloutir un plat totalement inconnu dont nous cherchons toujours à identifier les ingrédients, et de remplir notre réservoir quasiment vide.

Un moment hors du temps, entre buffles, chapeaux coniques, rizières, mais aussi regards intrigués des locaux qui ne voient pas souvent des blancs, ponctué par de grands sourires. 2h30 de superbes routes, malgré de multiples portions de type « tape cul ». Les erreurs de direction, que nous faisons maintenant quotidiennement lors de la planification de nos itinéraires via Maps.me, nous amènent à nous perdre sur les îles au sud d’Hoï An, à travers palmeraies, villages de pêcheurs, et au milieu des enfants sortant de l’école.

 

Ici, nous découvrons leur vie à travers leurs villages, loin des circuits touristiques. Quel bonheur de constater que c’est encore faisable… Nous finissons tout de même par une activité bien touristique pour le coup : une promenade en bambou boat. Ces embarcations de pêcheurs typiques du Vietnam intriguent Aurore depuis une semaine et quand nous trouvons un village qui propose de nous faire faire un tour de 30mn, nous acceptons de tenter l’expérience.

       

Ce sont 30 minutes de ballades agréables sur un bras du Thu Bon, la rivière qui borde les îles au sud d’Hoi An. Il est l’heure du coucher de soleil, et la sortie n’en sera que plus agréable, ne croisant que 3 embarcations similaires à la nôtre.

Au vu du nombre de bateaux accostés, en journée, ce cours d’eau doit rapidement devenir bondé. Pour information, le village propose également des cooking class !

C’est donc à la tombée de la nuit que nous rentrons sur Hoi An, pour pouvoir profiter une dernière fois des lanternes et de la cuisine du café 43.

Que ce soit par son histoire, sa plage, ses terres ou ses habitants, Hoi An nous a séduit du début à la fin. La gentillesse des vietnamiens est très agréable, malgré les quelques bricoles croisées en chemin. Notre pause de 3 jours est passé bien vite, et nous comprenons dorénavant pourquoi nombre de voyageurs choisissent de poser leurs affaires ici pour 5 jours et plus.

Lors du trajet Hoi An – Hué, nous avons également découvert que la plage de Danang, à seulement 20km de Hoi An, n’est pas dénuée de charmes. En construction, certes, mais moins bétonnée que Nha Trang, la montagne à proximité peut facilement faire l’objet d’une autre sortie moto à la journée. Cela fait seulement 10 jours que nous sommes au Vietnam, mais toutes les richesses de ce pays nous donnent déjà envie de revenir pour découvrir certaines régions plus en profondeur.

Avant cela, nous verrons déjà ce que nous réserve la suite du voyage !

Infos voyageurs :

  • Sun lake Hotel 250.000VND la nuit, petits déjeuners inclus. Une très belle chambre il faut l’avouer mais attention à la gestion de l’établissement. Le second jour, on nous demande de changer de chambre, car nous avions été mis dans la première chambre prête lors de notre arrivée pour ne pas attendre après notre nuit en sleeping bus. Cependant la 2e chambre n’avait rien à voir avec le standing de la première : dans les combles, peu lumineuse, et à l’hygiène douteuse. Après explications avec Fleur, la patronne, nous reviendrons dans la première chambre pour les 2 nuits restantes. A ce que nous avons compris, ils font le coup à beaucoup de leurs clients, qui doivent changer de chambre la seconde nuit. Un petit coup de « gueulante », et la situation est rapidement réglée cependant. Il en sera de même lors de la location de scooter ; nous avons demandé 1jour et demi et nous sommes entendu sur le prix, et l’heure de retour. A la restitution (largement dans les délais), on nous a demandé de régler une demi-journée de plus. Pour eux une journée est égale à 12h (bien sur la nuit on roule c’est bien connu). Après explications par téléphone entre Fleur et Bastien, de nouveau, nous aurons gain de cause et ne paieront pas de supplément. On vous recommande donc cet hôtel pour sa qualité de prestations mais restez sur vos gardes et n’hésitez pas à vous faire entendre. Il s’agissait bien de tentatives d’arnaques, et non d’une incompréhension…
  • Location scooter 115.000VND la journée (ou les 12h comme expliqué précédemment)
  • Entrée My Son 150.000VND par personne
  • Parking My Son 5.000VND
  • Bamboo boat 30mn 120.000VND pour 2 personnes

premiervol

Aurore et Bastien vous proposent de suivre l'aventure TOUR DU MONDE, de l'idée, au retour en France, en passant par le premier vol en Janvier 2018.

Une pensée sur “Hoï An, la lumineuse.

  • 8 mai 2018 à 17 h 37 min
    Permalink

    Hello,
    Encore un bel article ponctué par série sympa.
    Merci pour ce partage
    James
    Alias Pascal West d’Alsace (Guewenheim)

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