Ganeshapark, une semaine avec les éléphants

Ganeshapark. Il est peu probable que ce nom vous dise quelque chose. On ne vient pas ici grâce à une quelconque publicité, ou à un guide, mais bien par le bouche à oreille.

L’idée d’y passer une semaine en tant qu’éco-volontaire a été soufflée à Aurore suite à la lecture du blog de Delphine et Gérard, deux français qu’elle a rencontré au Chili en Mars 2016.

Le concept du Ganeshapark est quelque peu « hors normes » pour le pays : l’objectif est de récupérer des éléphants issus de ce que nous appellerons des « parc à nacelles », qui foisonnent en Thaïlande, afin de permettre à ces bêtes de se refaire une santé, et de passer une retraite plus ou moins anticipée dans les meilleures conditions possibles.

C’est l’histoire d’un français, François, installé en Asie depuis quelques années, et d’un Mahout, Ken, ne pouvant pas accepter plus longtemps que l’on lui demande de torturer son animal. L’histoire de deux hommes qui se sont unis pour proposer une alternative, pour trouver des solutions.

Aujourd’hui la famille GaneshaPark s’est bien agrandie. 7 éléphants coulent désormais des jours heureux le long de la rivière Kwai, avec leurs nouveaux mahouts et leurs familles.

Avant d’aller plus loin, il est peut-être de bon ton de vous expliquer qui sont ces « mahouts ». Ce sont de jeunes thaïs, qui ont grandi avec les pachydermes, et qui en sont tombés amoureux. On ne devient pas mahout uniquement par choix : ils doivent faire leurs preuves, montrer leur dévouement, et être choisi par l’équipe. Pour chaque éléphant, un jeune homme (pas de femmes à notre connaissance, mais il est possible que cela existe ailleurs 😊), qui devra l’accompagner jusqu’à la fin de sa vie. Plus qu’un travail, il s’agit d’un véritable engagement, à l’origine d’un lien indescriptible entre la bête sacré et l’homme. Si vous avez un chien (ou un chat) dont vous êtes terriblement attachés, imaginez que cette relation soit décuplée, avec un animal de 3 tonnes, particulièrement intelligent. Bon, notre chat à nous avoisine également les 3 tonnes cela dit.

Ce lien est si particulier qu’il est très dangereux d’approcher un éléphant, même habitué à la présence de l’homme, lorsque son mahout n’est pas dans les parages. Lui seul pourra gérer et apaiser l’animal, et ce uniquement à la voix ; si vous ne respectez pas cette règle de base, vous risquez de vous exposer à un brave coup de trompe. Mise à part si vous souhaitez perfectionner votre technique de vol, c’est donc à oublier.   

C’est beau hein ? Alors qu’est-ce qu’on vient faire au milieu de tout ça, nous deux ? On y vient.

Le Ganeshapark continue d’exister grâce à l’argent généré par la visite de touristes. Mise en situation :

Vous arrivez le lundi en fin d’après-midi sur le nouveau site, proche de Kanchanaburi. Vous mangez et passez la soirée avec l’équipe du Ganeshapark, et dormez sur le campement (ou à l’hôtel). Le lendemain, vous rencontrez enfin les animaux et leurs mahouts, et vous passez la journée avec eux, en groupe très restreint pour pouvoir partager un maximum de chose. Le soir, retour au camp pour manger et partager un moment avec l’équipe, dormir une seconde nuit, et le départ se fait le lendemain matin.

Le coût pour un touriste est de 6500baths pour ce format. Il existe une autre formule de quelques heures seulement l’après-midi, nous vous laisserons découvrir ça sur le site de François.

Nous concernant, et à la vue du budget, nous avons opté pour une superbe alternative. Pour le même prix, nous intégrons la belle famille du Ganeshapark pour passer 6 jours et 7 nuits sur le camp, nuits en tente et repas (végétariens) compris.

Lors de notre arrivée au Ganeshapark pour attaquer cette semaine en tant que « éco volontaire », une surprise nous attend à l’entrée du site. La surprise fait 2,5 tonnes, a deux grandes oreilles, et s’appelle Souaï. La chance est à nouveau au rendez-vous, le début de notre expérience ici coïncide avec l’arrivée de ce 7ème éléphant, qui a achevé sa marche de 12km depuis son ancien camp quelques minutes avant que nous descendions du bus. Comment vous dire que notre arrivée à nous, sacs sur le dos, et même avec bâche de protection orange vif, passe complétement inaperçu.

Nous ne sautons pas de suite dans le bain, nous buvons carrément la tasse. Quel moment !

Nous nous faisons discrets, et ne cherchons pas le contact avec l’animal, il est trop tôt pour nous et toute cette excitation ambiante est déstabilisante. Souaï rencontre le reste de la « meute », quelque chose se passe entre ces animaux. 

Bon, faisons un aparté. Même si Bastien est amoureux des animaux, il n’est pas particulièrement sensible à l’idée que ces bêtes dégagent tout un tas de sentiments et d’émotions. Aurore, de son côté, était déjà complétement sous le charme 6 mois avant notre arrivée… En même temps c’était son idée. Notre premier contact laisse apparaître tant de choses, que nous savons déjà que la semaine va passer à une vitesse hypersonique. Rien que ça.

Nous passons la soirée à découvrir les rituels du camp dont une fameuse « spécialité locale » (secret défense, sans jeu de mot), à engranger des informations en tous genres, mais surtout à découvrir l’équipe, composée de Brigitte la « Mama » du camp, Hélène, photographe et vidéaste talentueuse qui travaille ici, ou encore Emilie et Jennifer, des éco-volontaires passionnées et qui ont déjà plusieurs passages ici à leurs compteurs. Sans parler de Louis, avec qui nous passerons la semaine, et qui est ici pour capturer des images dans le but de récolter des fonds en France lors d’une soirée caritative.  

Pour notre vraie première journée, nous sommes rois. Rien à faire, les autres sont aux petits soins pour nous, et nous pouvons enfin rencontrer les 7 éléphants, les nourrir, les toucher, les monter, et même nous baigner avec eux. Nous prenons conscience du rapport que nous allons avoir la chance d’établir avec ces animaux et leurs compagnons bipèdes pour les prochains jours. Une superbe journée dont nous ne voulons pas vous révéler le déroulé pour laisser la surprise et la magie aux éventuels curieux de notre blog intéressés par l’expérience. 

Une chose est sûr, nous souhaitions à tout prix nous éloigner de ce que nous avions aperçus au Sri Lanka, à savoir des éléphants attachés par de lourdes chaines, supportant d’importantes plateformes avec 5 voir 6 touristes, en pleine rue et sous les coups de leurs mahouts. Ici, c’est sûr, nous en sommes très loin. OUF !

Les autres journées, cette fois-ci en tant que volontaires, passeront particulièrement vite.

Le « travail » consiste à accueillir les touristes la veille de la journée « éléphant », à leur expliquer le programme de la journée, à les rassurer quant au comportement de l’animal, et à leur faciliter le premier contact ; pour beaucoup, rencontrer ces mastodontes reste particulièrement déstabilisant et source de stresse… En tout cas aux premiers abords !   

Nous nous occupons d’apporter fruits et gourmandises aux éléphants le matin, nous aidons les touristes à grimper sur le dos des éléphants, tentons de faciliter la vie des mahouts lorsque c’est faisable, prenons quelques photos, ou encore portons les affaires des personnes qui partagent ces moments avec les animaux. ET, C’EST, (quasiment) TOUT ! Le reste du temps, c’est uniquement du plaisir, bien que les tâches ci-dessous soient loin d’être déplaisantes ; nous avons rapidement nos éléphants préférés, avec qui nous entrons facilement en contact, et qui semblent nous reconnaître après quelques jours. Une relation de complicité s’installe avec certains des jeunes mahouts, ponctuée par les jeux, baignades et sauts depuis le haut de leur plongeoir improvisé sur la rivière Kwaï. Nous rencontrons énormément de gens, de toutes origines, avec qui nous passons de précieux moments. Si vous passez par notre blog, je suis sûr que vous vous reconnaitrez, vous tous qui avez partagés ces quelques jours avec nous !

Et bien sûr, nous apprenons à connaître Mama, un bout de femme incroyable aux milles vies, venue ici en tant qu’éco-volontaire et qui n’est jamais repartie. Nos soirées sont rythmées par ses succulents mojitos, et par de franches tranches de rires avec Hélène et Louis, qui nous accompagnent sur certaines journées pour des reportages photos.

Qu’on se le dise, Mama est véritablement amoureuse des éléphants, et vous en parlera comme personne. Aujourd’hui, c’est elle qui fait vivre le camp en l’absence de François, et qu’elle bonheur d’avoir croisé sa route.

Bon, vous nous connaissez, il nous est tout de même arrivé quelques bricoles lors de notre séjour… On est sympa, on en partage certaines avec vous.

Première baignade pour Souaï (et accessoirement, pour nous aussi) avec le reste du troupeau. Gintala, la plus petite des éléphantes, est craintive et garde ses distances, et se laisse prendre par le courant de la rivière, pour finalement se laisser dériver bien plus loin sur la rive voisine. Les mahouts traverseront à la nage un courant particulièrement fort et non sans danger pour récupérer l’animal et le refaire traverser en sens inverse. Bien sûr, ce n’était jamais arrivé.

Depuis notre arrivée sur le camp, nous entendons la nuit des pétards. Ils sont destinés à éloigner les éléphants sauvages (oui, il y en a tout autour) des plantations de canne à sucre et des bananeraies. Bien sûr, il est très rare de voir ces animaux, très craintifs de l’Homme. Second soir, après le repas, pétards, cris, aboiement : deux éléphants traversent à quelques dizaines de mètres de nous à bon rythme en direction de la route. Branlebas de combat, les mahouts sont rappelés pour aller faire le tour du parc, et vérifier que l’ensemble de « nos » éléphants sont toujours là et en bonne santé. Tout va bien, ceux-là descendaient bien des montagnes. Les pétards éclateront autour de notre tente tout au long de la nuit, de quoi dormir serein, lorsqu’on connaît les dégâts que peuvent faire des éléphants effrayés…

Un autre soir, 22h30, le camp s’endort. Explosion à quelques mètres de la tente, et geyser d’eau. Wendy, le singe du camp (oui, le singe), a réussi grâce à un bout de bois à rapprocher un tuyau d’arrosage de sa cage. A force de persuasion, cette ESPECE DE GROS BOURRIN nous a fait sauter la valve, qu’elle a bien sûr réussi à isoler au milieu de la cage. Plomberie à la frontale à 23h30 pour Bastien, après avoir rusé pour récupérer la pièce manquante, nous vous présentons la petite protégée de François ! 

Bon, on ne trouve plus de photo de Wendy, du coup, on vous présente Tic et Tac, les deux adorables chatons, et Aldo, le brave pépère qui montait la garde chaque nuit devant notre tente !

Nous pourrions également vous dire qu’il est extrêmement rare de se faire marcher sur le pied par un éléphant, et que c’est du coup arrivé à Aurore. Croyez-le ou non, Gintala, encore elle, viendra présenter ses excuses lors de la sortie suivante, avec beaucoup de tendresse.

Pardon.

Et enfin, il serait amusant de vous raconter le partage que nous avons eu avec Louis, passionné de serpent, concernant les espèces dangereuses présentes dans la région, des hautes herbes jusqu’aux genoux et au milieu de la brousse.

Vous l’aurez compris, nous avons vécu une expérience incroyable avec des gens et des animaux hors du commun.

Si vous vous rendez en Thaïlande et que vous rêvez de partager un moment avec ces animaux, vous ne pouvez pas passer à côté de ce lieu. Certes, François, grâce à qui ce petit paradis existe, est également un animal sauvage parfois difficile à cerner, mais pour ce qui est du reste, ce n’est que du bonheur.

Dernière aparté concernant l’emplacement du site en lui-même. Le Ganeshapark s’est vue délogé de son précédent emplacement par l’armée, et doit aujourd’hui se reconstruire sur un nouveau terrain.

Beaucoup de travaux sont encore nécessaires pour rendre l’endroit « confortable » selon nos critères touristiques, et ils sont actuellement entrepris par l’équipe de François. Cependant, la priorité est laissée aux éléphants, et c’est bon à savoir si vous choisissez de vous y rendre.

Pour ceux qui décideraient de se rendre au Ganeshapark, voici toutes les informations utiles :

Adresse du nouveau site : 31 Mho 8 – Wangdong – Mueang Kanchanaburi – Kanchanaburi 71190 – Thailand

Prix : Eco-volontariat, pour 7 nuits et 6 jours avec les animaux, 6000baths en Janvier 2018 (environ 155€) par personne

Contact : Directement sur le site du Ganeshapark 

Site internet :  http://www.ganeshapark.com/

Coordonnées Hélène, photographe au Ganeshapark : www.lnreportage.com 

Et enfin, si certains veulent contribuer à leur niveau à la vie du Ganeshapark, mais ne peuvent entreprendre un tel voyage, vous pouvez envoyer de l’argile verte en poudre à Mama aux coordonnées suivantes :

Brigitte « Mama Ganesha » : 31 Mho 8 – Wangdong – Mueang Kanchanaburi – Kanchanaburi 71190 – Thailand

L’argile verte, introuvable en Asie, permet à Brigitte de soigner les éventuelles plaies des éléphants afin qu’elles ne puissent s’infecter. Nous sommes sur qu’elle appréciera 😊 (si il reste de la place dans le colis, n’hésitez pas à y glisser quelques gourmandises pour nos copains mahouts !)

Pour le reste, on est à votre disposition si vous avez des questions ! Nous pourrions écrire encore de nombreuses lignes sur le sujet…

 

premiervol

Aurore et Bastien vous proposent de suivre l'aventure TOUR DU MONDE, de l'idée, au retour en France, en passant par le premier vol en Janvier 2018.

Une pensée sur “Ganeshapark, une semaine avec les éléphants

  • 28 février 2018 à 20 h 25 min
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    Hello,
    Encore une semaine riche en émotions. Vos photos transpirent la sérénité.
    Merci et bonne route bien sûr
    James

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