El Jardin

Pour une fois, nous nous évitons l’enchainement de plusieurs bus pour nous rendre sur notre prochaine destination. Depuis le terminal sud de Medellin, un mini bus nous amène directement à Jardin, à 3h30 seulement d’ici.

Comme d’habitude bien sûr, ça ne se passera pas aussi rapidement que prévu, et nous mettrons une bonne heure supplémentaire avant d’arriver (de nuit) dans notre nouveau village à découvrir.

 

La rupture avec Medellin est immédiate : dès notre sortie du van, nous nous retrouvons entourés de dizaines de cavaliers et de leurs montures et découvrons une place de village particulièrement animée. Une fois notre airbnb rejoint, c’est notre hôte qui nous le confirmera : le weekend, c’est la fête à El Jardin. Tous les weekends. Et parfois en semaine. Autrement vous dire que la bière coule à flot ici…

 

Nous nous sommes rendu ici, dans ce village de montagne isolé, car nous savions que la culture équestre y était très particulière, et omniprésente : nous ne sommes pas déçus.

Nous passons la soirée sur la place du village au milieu des cavaliers et des habitants, dans une ambiance de bonne humeur incroyable . La particularité est également dans l’ambiance sonore : les cavaliers font piétiner leurs chevaux sur les pavés de la place, le plus rapidement possible. A cela, se mêlent les bribes de discutions autour de jeux de cartes, les bruits du verre qui trinque (on vous le confirme, la bière coule à flot), la musique traditionnelle beaucoup trop forte dans certains bars, les rires d’enfants qui courent tandis que leurs grands-parents discutent, alignés tout autour de la place, de tout et de rien.

Ici, pas de soirée « TF1 », on sort, on vit dehors, et on partage. On s’y sent tout de suite bien, et nous sommes ravis d’avoir choisis d’atterrir ici pour quelques jours.

 

Lundi 17 septembre 2018

Notre logement à El Jardin est parfait : positionné à seulement 50m de la place principale et donc isolé des musiques tardives des bars qui l’entourent, nous sommes néanmoins tout proche du centre. De plus, nous sommes seuls clients de ce petit hôtel particulier de 4 chambres, déniché sur airBNB. De quoi démarrer la journée tranquillement, avec une grasse mat’ dont nous savourons la rareté, suivi d’un bon petit déjeuner avec les fameuses viennoiseries Colombiennes. Ah, on ne vous en a pas parlé ? On trouve très facilement des panaderias ici, pour notre plus grand bonheur, et la particularité des colombiens, c’est qu’ils sont TRES généreux en dulce de leche… pour le plus grand bonheur d’Aurore cette fois-ci !

L’ambiance de la veille est redescendue, malgré l’entrainement nous ne doutons pas que certains ont hérité d’une mauvaise « gueule de bois » ce matin. Les habitants travaillent et les enfants sont à l’école mais la place reste animée à toute heure, chacun vient y partager un moment pour boire un café, et les aïeux s’y réunissent toute la journée pour discuter et faire passer le temps. Une vraie aubaine pour Bastien, niveau photogénie, on tient quelque chose d’exceptionnel ! La vie n’est pas facile ici, et nous lisons sur les traits marqués de ces grands-parents que ce repos est maintenant bien mérité. C’est coloré, vivant, souriant… En termes de maison de retraite à ciel ouvert, celle-ci ne nous déplairait pas, il nous faut la garder en mémoire pour plus tard !

 
 
 
 

 
 
 
 

Mais il paraît que les alentours de El Jardin ont eux aussi des atouts à découvrir. De nombreuses randonnées pédestres et à cheval sont possibles. Nous décidons de partir après avoir engloutis le menu du jour d’une petite comida, en direction de la randonnée de la cascade « la escalera ».

Cet itinéraire, c’est le blog mi-figue mi-raison qui nous l’a fait connaître, sur lequel nous puisons régulièrement nos informations, nos itinéraires étant relativement proches… Une vraie aubaine pour nous, ils nous mâchent le travail !

C’est donc parti pour environ 8km de rando vallonnée dans la campagne environnante.

Au départ sur un chemin en pierre, avec comme toile de fond de superbes collines verdoyantes, nous nous enfonçons ensuite dans une forêt de pins, ou nous ferons la rencontre d’une petite mamie, d’un âge probablement millénaire ; le chemin passe devant chez elle, l’occasion d’échanger quelques mots avec elle dans la plus grande bienveillance. Première erreur de parcours, nous nous perdons rapidement et rebroussons chemin, maps.me nous a tendu un piège glissant ; bien heureusement, la petite dame est toujours là, et elle, ne se trompe pas : ce sont ses montagnes.

 
 
 

Nous reprenons notre marche dans la forêt sur ses indications. Quand nous disons indications, ce sont des signes, elle parle un langage que  nous ne connaissons (ni ne reconnaissons), mais à force de sourires, tout le monde fini toujours par se comprendre !

Pour la suite, maps.me reprend ses esprits, et nous notre chemin, jusqu’à ce qu’un homme sorte de chez lui nous invitant à passer sur sa propriété pour rejoindre la cascade plus rapidement. Oubliez le chemin, il vous faudra zigzaguer dans les herbes hautes, traverser des cours d’eau et éviter les bouses (cette dernière étape ne se déroulant pas comme prévu pour Bastien, qui « en a jusqu’à la cuisse ») pour enfin arriver sur un petit pont à la solidité toute relative, (prenez à gauche une fois la route rejointe) nous permettant de rejoindre la fameuse cascade.  Qu’on se le dise, la cascade n’a pas grand-chose d’impressionnant, mais la balade en vaut vraiment le coup, car elle permet de la voir depuis l’autre côté de la vallée, et donc d’en apprécier les différents niveaux.

 

 
 

Pour finir, nous rejoignons le belvédère du « Cristo Rey » qui surplombe le village (oui, comme dans tous les villages colombiens, vous trouverez une statue du Christ sur le point le plus élevé surplombant les habitations, c’est une constante).

Un premier portail que l’on ouvre et on se retrouve avec de la boue et de la bouse jusqu’à mi mollet (Bastien étant déjà baptisé, c’est moins grave), nous nous décidons donc à sonner la retraite pour choisir un nouveau plan d’attaque.

Deuxième tentative, au niveau des vaches cette fois-ci, et nouveau portail franchi. Second échec, l’attaque des bouses devient problématique et nous ne craignons de finir à la nage, demi-tour. In fine, le chemin pavé se situait quelques mètres plus loin, nous nous en rendrons compte après de multiples échecs. Ce chemin, il est au sec, dégagé, sans bouses ni vaches. Oui, c’est aussi ça le voyage, de superbes échecs mettant à mal son amour propre, les deux pieds dans la « marde ». Il y a même des panneaux… BREF.

Conclusion : n’ouvrez pas de barrières fermées. Jamais.

 

Ceci dit, la vue depuis le Cristo Rey sur la vallée est superbe, et vaut également bien le détour. Aurore part en exploration autour d’un téléphérique qui semble à l’abandon et Bastien se pose contempler le panorama depuis la terrasse d’un restaurant fermé qui possède une cinquantaine de table. En haute saison ce doit être très animé, nous n’en doutons pas.

Pour redescendre on ne sait pas trop où aller, et se fier à maps.me n’aura pas été concluant aujourd’hui, nous décidons donc de nous fier à notre intuition : tout droit en direction du ravin, par la gauche du Christ. La pente est abrupte et glissante, probablement plus utilisée par les mules que par les hommes, mais quelques plantations de bananiers et de café plus tard, nous arrivons au pied du pont nous ramenant au centre du village.

 

Il nous aura fallu 3h pour faire tout l’itinéraire avec 3 sorties de pistes qui nous ont fait perdre 30mn en tout : c’est donc une très jolie balade à réaliser sur une demi-journée, en prenant tout son temps. Il est possible de rallonger la marche en direction d’une seconde cascade, voire de monter sur la croix la plus haute, illuminée la nuit ; cette dernière représente une randonnée d’une toute autre dimension, et un panneau vous indiquant que seuls les randonneurs accompagnés de guides peuvent attaquer cette ascension est là pour vous le rappeler… Sans nous cette fois-ci !

De retour au village, il est l’heure de se réconforter autour d’un bon café frappé dans l’un des cafés de la place, qui torréfie ses propres grains, et vous offre une vue sur la vie du village depuis son balcon.

Pour finir cette belle journée il nous reste un dernier rendez-vous. À 16h, les portes du jardin de Rocas ouvrent. Il s’agit d’un jardin de particulier où vivent une espèce endémique d’oiseaux magnifiques, les rocas. Ces oiseaux sont notamment l’emblème du Perou mais nous ne savons si nous aurons la chance d’en voir en liberté dans la suite de notre voyage, et avons donc décidé de nous délester des 10.000pesos par personne pour partir à leur rencontre dans un cadre naturel et respectueux. Nous nous baladons dans tout ce petit jardin en contrebas de la ville en compagnie de la famille qui vit ici, et découvrons très rapidement l’animal : une dizaine de spécimens tournent autour de nous, tous plus bavards les uns que les autres. C’est l’occasion également de découvrir d’autres oiseaux, et d’en apprendre un peu plus sur le lieu : ces oiseaux vivent ici car ils sont dans une sorte de canyon, dans lequel ils nichent (d’où leurs noms, les« coqs de roches ») et se protègent des prédateurs.

 
 
 

Apres toutes ces émotions et ces efforts physiques, avouez que nous avons le droit à un repas bien typique du pays : la PIZZA !

Oui, c’est vrai, ce n’est pas vraiment une spécialité, mais après autant de mois sur la route, nous estimons avoir le droit de faire quelques écarts culinaires…Nous jetons notre dévolu sur le numéro 1 de TripAdvisor, le « café Europa » et malgré le prix plus élevé et la seule présence de touristes, nous ne sommes vraiment pas déçus.

Oui, il faut parfois savoir se rappeler la maison dans des valeurs refuges…

A bientôt!

Aurore & Bastien

 

Infos voyageurs:

  • Air Bnb El jardin 12€ la nuit. On vous conseille les yeux fermés ce petit hôtel particulier.
  • Entrée jardin de rocas 2,30€ par personne

 

premiervol

Aurore et Bastien vous proposent de suivre l'aventure TOUR DU MONDE, de l'idée, au retour en France, en passant par le premier vol en Janvier 2018.

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