Croisière et Randonnée dans les Milfords sounds

Carnet de voyage – vendredi 1er juin

Les journées sont courtes mais intenses : ici, nous sommes au début de l’hiver, ce qui implique que le soleil ne pointe son nez qu’à partir de 8h30/9h (cette grosse feignasse) et se rebarre sur les coups de 17h. Autrement dit, de vrais horaires de fonctionnaire. Mathématiquement parlant, il ne nous reste donc plus que 8 petites heures pour faire la route prévue, enchainer toutes les pauses-étapes que l’on souhaite, et éventuellement se lancer dans une ou deux randonnées rapides. Parfois c’est un peu au pas de course, c’est vrai, et on le regrette vivement. Mais que voulez-vous, nous n’avons pas vraiment le choix, et nous ne pouvions bénéficier des meilleures saisons tout au long de notre périple d’un an autour du globe. De toute façon, en plein été, nous n’aurions pas pu financièrement nous permettre cette escale ici…

Ce matin le soleil met un peu plus de temps à faire son apparition (probablement un ralentissement sur la ligne de tram B pour arriver au boulot ?), et quand il arrive enfin, nous prenons la route. Il nous reste environ 230km jusqu’à Te Anau, la ville qui mène aux milfords sounds et où Aurore a repéré un morceau de randonnée faisant partie d’une des fameuses Great Walks du pays. Sur le papier, c’est réalisable en 3h, aller/retour.

Le soleil est bien présent et visible aujourd’hui, et nous profitons pleinement de la South Scenic Road. Bien sûr, comme chaque « scenic road », il faut ajouter aux kilomètres d’innombrables pauses, que ce soit pour prendre quelques photos, ou pour profiter tout simplement du paysage exceptionnel qui déroule devant nous.

 

Nous découvrons le petit village de pêcheurs de Cosy Nook, et Bastien aura l’œil (et pas mal de chance) pour dénicher deux superbes coquilles de Paua. Ces coquillages ne sont pas rares, mais font l’objet d’une véritable chasse au trésor, et les plages sont rapidement ratissées après les grosses marées.   

 

La petite île de Monkey Island nous offre un drôle de moment, à discuter avec un groupe de mouette locales. L’occasion d’échanger sur la stratégie géopolitique actuelle du pays, bien entendu.

Pour finir en beauté notre passage sur la côte sud (le ponpon sur la garonne comme on dit chez nou zôt), nous nous arrêtons au point de vue de Mc Crakens.

 
 

Les routes panoramiques portent ici parfaitement leur nom, et nous comprenons maintenant le sticker sur le flanc gauche de granny : « Suivez toujours la scenic road. Spécifiquement si vous êtes paumés ». Alors c’est sûr, il ne faut pas être trop regardant sur les distances, et la consommation d’essence risque de ne pas particulièrement plaire à notre portefeuille. Mais voilà, quand on en prend plein les yeux, ce sont des détails qui passent rapidement en second plan… Pour l’heure, profitons, nous calculerons (et mangerons des patates) plus tard.

Une semaine seulement que nous roulons, et ce pays entre d’ores et déjà dans la case « COUP DE CŒUR » de notre périple. Chapeau l’artiste, il y avait pourtant des concurrents de taille en amont…

Mais, reprenons. Il est déjà midi, et il nous reste 100km de routes sinueuses avant la fameuse randonnée. Ça craint un peu, nous n’avons pas encore mangé et nous espérions atteindre un camping proche de Milford Sound avant extinction des feux. Peut-être qu’aujourd’hui, le programme était un peu trop ambitieux finalement. 

Roulons, et nous verrons ce qui passe. Rouler et aviser, c’est bien, mais plus nous roulons, et plus le soleil intensifie sa partie de cache-cache en compagnie d’épais nuages pas hyper accueillants. La pause déjeuner qui devait être un joli point de vue au bord d’un lac ne ressemble pas vraiment aux photos qu’Aurore avait vue… Lorsque nous atteignons le début de la randonnée, il est 14h, il bruine et les montagnes sont cachés par les nuages. Notre moral en prend un coup.

 
 

Enfin pas tout à fait parce que Aurore ADORE marcher. Nous voici donc en route pour faire un bout de la fameuse Kepler Track (oui, un bout, parce que pour Bastien, marcher 3h sous l’eau sans y voir que pouic à l’arrivée, c’est pas non plus hyper passionnant comme projet d’après-midi…Et en plus il n’aime pas les aller-retour. Personne ne sait pourquoi il est venu en fait. Rabat joie…).

Comme dans tous les voyages, il faut donc trancher. Non, pas trancher Bastien pour régler le problème, bien que ce soit parfois tentant pour Aurore, mais bien trouver un compromis.

Ce compromis-ci consistera à partir pour un petit aller-retour (Note de Bastien : « brrrr ») depuis le pont suspendu de Rainbow Reach en direction des Moturau Hut. Non, aucun rapport avec pizza hut. Cette partie de la kepler track longe la fameuse Anduin River, dont les fans de la trilogie du seigneur des anneaux se souviendront très probablement.

 

Comme hier nous nous retrouvons au cœur d’une immense et verdoyante forêt en seulement quelques secondes : ça, pas de compromis, on adore tous les deux, et la flore est incroyable. Le point de vue sur la rivière, situé à environ 20mn de marche, est sympa c’est vrai. En réalité, il doit surtout l’être lorsqu’il fait beau, et nous faisons déjà demi-tour.

 
 
 
 
 

C’est le moral dans les chaussettes-doublées-parce-qu’il-fait-froid que nous reprenons la route.

La raison? Nous allons attaquer la fameuse route vers Milford Sound, classée route la plus belle de Nouvelle Zélande, rien que ça. Et là aussi, on y voit QUE POUIC. Visibilité inférieure à 100 m, pas de quoi distinguer plus d’un demi-million de moutons… Oui ici, c’est peanuts (NDLR : ça veut dire cacahuètes).

Sauf que à peine arrivés à la ville de Te Anau, les nuages se dispersent immédiatement. Ils sont restés accrochés à la forêt, et nous avons le bonheur de retrouver un immense ciel bleu ! 

Cette région affiche un taux de pluviométrie assez incroyable, à savoir 7 à 9m par an (contre 3 en Amazonie par exemple) soit 2j de pluie sur 3. Et je ne vous parle pas des nuages qui apparemment sont quotidiens. Ca, c’était la parenthèse Catherine Laborde.

Plus de place pour l’hésitation : nous fonçons (en respectant bien sur les limitations de vitesse) vers le fjord de Milford !

La route est superbe, et les 70km qui nous éloignent du dernier camping avant le port passent en un éclair, effaçant en un instant la fatigue de la journée.

Nous faisons des pauses aux célèbres point de vue, Eglington Valley et Miror lakes. Les montagnes qui nous entourent masquent déjà le soleil alors qu’il n’est que 16h. 

 

Nous arrivons à Cascade Creek Campsite après avoir dépassés les 5 autres campings du DOC tous vides, et pensons passer la nuit seuls. Mais il n’en est rien, une bonne dizaine de Van sont également stationnés sur cet immense camping, plus semblable à un parking de supermarché qu’à autre chose. Nous nous acquittons des frais pour la nuit dans une honesty box, soit 13$ par personne. Pour un parking au milieu de nulle part, c’est cher, nous sommes d’accord, surtout en self-contained, mais le freecamping est complètement interdit tout au long de la route et de nombreux panneaux sont là pour vous rappeler que les rangers rôdent pour aligner les méchants contrevenants.

Nous comprenons que ce soit le cas en été, lorsque des centaines de motorvan se succèdent sur ces routes, mais en basse saison nous trouvons dommage que les conditions ne soient pas assouplies.

Mais nous sommes à une quarantaine de kilomètres du ferry pour le lendemain, ce qui devrait considérablement rallonger notre quota de sommeil sans avoir à rouler de nuit, et nous diminuons considérablement le risque de « Black Ice » sur la route, un verglas tenace qui menace de vous faire partir dans le fossé à chaque virage. Oui, rouler en hiver ici, c’est aussi accepté de participer à Holliday on Ice version XXL.

Et puis le spectacle du soir vaut bien quelques dollars…

 Carnet de voyage – samedi 2 juin 2018

Cette Nuit notre couette a givrée. Heureusement nous dormons emmitouflés dans nos duvets (prévus pour des températures bien plus douces), avec une seconde couette de secours. De quoi nous isoler au maximum des températures glaciales qu’il a fait cette nuit encore. Nous prenons la route avec les premiers rayons de soleil, et quelle route !

1h incroyable jusqu’au port de Milford Sound. Des « wow » à tous les virages que nos photos ne pourront refléter, et certains « wooOoOoow » lorsque les roues du van entrent en contact avec la glace. Bien heureusement, les équipes en charge de l’entretien s’affairent à marquer les zones dangereuses tout au long de la journée, et les machines tournent à plein régime pour répandre du gravier sur les zones glissantes. Alors oui, le gravier en virage, ça glissouille un peu, mais bien moins franchement que le mister freeze initial qui s’étend dans les zones ombragées.

 

Nous traversons le tunnel de 1,2km creusé sous la montagne. Il a été laissé tel quel, pas d’enrobage béton ni de tapisserie à fleurs, une seule voie gérée par un feu bicolore rudimentaire. En pleine saison, ce doit être un sacré chantier… A la sortie, c’est bien la plus belle vue de notre voyage qui nous attends. Même si vous ne souhaitez pas vous lancer dans la croisière en ferry, rien que l’aller/retour sur cette route vaut largement le déplacement jusqu’à ce bout du monde.

 

Il fait beau, pas un nuage à l’horizon, notre bonne étoile est toujours là malgré sa farce de la veille. Nous nous afférons donc à prendre nos places pour la croisière Jucy, la première de la journée, mais aussi la moins chère des compagnies et pour laquelle nous payons une place à moitié prix car nous avons une location chez eux. Bon à savoir !  

La croisière dure 1h30. Nous longeons les montagnes qui entourent le fjord d’un côté, atteignons la mer Tasman et revenons sur l’autre versan du fjord. L’équipe à bord est jeune et dynamique et nous fait passer un très bon moment. Bien sûr, le temps n’y est pas pour rien : face à nous, les sommets sont enneigés sous un soleil radieux. Nous passons la première partie de la navigation dehors avant de devoir rentrer lorsque le bateau fait face au vent glaciale sur le retour. Un vent à y perdre son postiche !

 
 
 

   

Avant de nous lancer, nous avions lu de nombreux avis négatifs sur cette croisière, et avions donc longuement hésités à nous lancer dans cette étape qui représente un certain cout dans un voyage tel que le nôtre. Notre expérience à nous est plus que satisfaisante, mais nous comprenons les remarques des autres voyageurs. Cela ne mérite pas autant de matraquage publicitaire, la balade est sympa mais n’a rien d’extraordinaire.

Ajoutez à cela que les sommets enneigés donnent un tout autre charme au lieu et que certains soient déçus en été lorsque les sommets sont déneigés ou lorsqu’il fait nuage ou qu’il pleut (soit 2 jours sur 3 de l’année) nous ne pouvons que le comprendre. De plus, nous sommes peu sur le raffiot ce matin, le schéma doit être très différent en pleine saison, voir rapidement insupportable… Enfin, nous ne pouvons que l’imaginer.

La route du retour est tout aussi belle. Impossible de s’arrêter sur le bas-côté pour risque d’avalanches alors Aurore mitraille comme elle peut depuis sa fenêtre.

À midi c’est pavé de viande (eux appellent cela un steack , mais c’est bien plus gros que nos standards) et pâtes, le combo parfait avant de nous lancer dans …? Une randonnée ! Youhou !

Il peut s’avérer difficile de faire un choix parmi les 60 randonnées que propose le parc des fjiordlands. Nous concernons, nous opterons pour réaliser un morceau de Routeburn Track, une autre Great Walk. Ce trail part du parking nommé The Divide, et serpente jusqu’au point de vue sur le lac Maurian, en passant par le Key Summit à 1000m d’altitude.

Une randonnée de 2h30 aller-retour dans la neige et le verglas (annoncée 3h, c’est que notre condition s’améliore dites donc !), avec une première partie dans la forêt, puis une seconde avec un superbe panorama sur les montagnes en arrière-plan. Les vues sont extraordinaires et la randonnée relativement accessible. Le dénivelé est réparti tout au long du chemin.

 

 
 
 

C’est heureux et fatigué que nous achevons notre découverte des Fjiordlands.

Notre dernier arrêt se fait au Gunn Lake pour admirer une dernière fois le jeu de reflets entre ce point d’eau et les montagnes environnantes.

 

Petit bémol, la suite du programme s’annonce moins réjouissante. Faute de camping gratuit dans la région, nous prenons la route de Queenstown à la tombée de la nuit pour atteindre un freecamp à 40km au sud de la ville que nous visiterons demain. Réconfort en arrivant, 3 français en PVT rencontrés quelques heures auparavant sont dans nos traces, et nous convient à partager une bière dans leur van à l’arrivée ! Nous apprécions particulièrement d’avoir l’occasion de vivre ces moments d’échanges avec des jeunes au profil complètement différent du nôtre. Nous leur sommes particulièrement reconnaissants de nous avoir envoyé un guide qui nous donnera un vrai coup de pouce pour la suite du voyage : le guide « frenzy », du nom d’un voyageur proposant des itinéraires « bis », moins fréquentés que ce que vous pourrez trouver dans des guides tel que le Lonely.

Si vous nous lisez, un incroyable merci à vous trois les gars !

 

premiervol

Aurore et Bastien vous proposent de suivre l'aventure TOUR DU MONDE, de l'idée, au retour en France, en passant par le premier vol en Janvier 2018.

Une pensée sur “Croisière et Randonnée dans les Milfords sounds

  • 22 août 2018 à 16 h 50 min
    Permalink

    Hello,
    Je suis assez admiratif de votre organisation dans le timing de la journée. On imagine très bien par les photos les belles randonnées et même s’il faut faire un aller retour , une double couture tient mieux qu’ ‘une simple et les souvenirs sont à présent graver dans vos cerveaux.
    Il faudrait penser à rendre accessible vos derniers articles depuis le menu .
    Bonne route
    James

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