Copacabana & le Lac Titicaca

Carnet de voyage – 23 au 26 octobre 2018

 

Apres 9mois et demi de voyage, nous devrions pourtant avoir l’habitude… Mais non, nous n’arrivons toujours pas à intégrer le fait qu’il ne faut JAMAIS croire une compagnie de bus. Jamais.

C’est ainsi relativement fiers de nous que nous montons dans notre bus pour Copacabana, dans de superbes sièges VIP CAMA, dont nous avons payé les places 2 fois moins cher grâce à notre anticipation légendaire (…) pour un trajet direct en direction de la Bolivie, notre prochaine étape.

En réalité, et comme vous vous en doutez maintenant, il n’a de direct que le nom. À 5h du matin, arrêt à Puno et nous découvrons que nous devons descendre pour monter dans un autre bus, prévu 20mn plus tard.

1er échec pour nous qui pensions enfin avoir droit à une nuit complète.

À 6h, avachis sur le quai à attendre le fameux Bus, nous commençons à comprendre que ça sent le roussi. Aurore part glaner des informations au guichet de la compagnie, pendant que Bastien effectue les ravitaillements en café. Un nouvel enregistrement de nos sièges auprès de la compagnie, heureusement que nous sommes curieux et persévérant, car sans ça, personne ne nous aurait informé que s’enregistrer était nécessaire…

2e échec donc, le Bus ne part (théoriquement) qu’à 7h, encore 1h à attendre. À 7h passé le Bus n’est toujours pas là, comme nous pouvions nous en douter. Nous sommes 4 avec les mêmes tickets ; après un interrogatoire du pauvre agent de la gare routière qui n’avait rien demandé, ce dernier nous informe que le fameux bus est juste devant nous, sur le point de partir. 

Pas le même nom de compagnie, pas le quai indiqué sur nos billets, mais semblerait-il que nous étions censés deviner. Même le chauffeur hésite mais une femme (qui? personne ne sait) lui confirme que c’est bon ; il abdique.

C’est donc dans un beau foutoir que nous partons enfin de Puno, sans vraiment savoir si nous sommes dans le bon véhicule ; une chose est sûre, il va dans la bonne direction et c’est bien le principal.

Le passage de frontière est incroyablement simple, tampon de sortie, 200m à pied, tampon d’entrée. Chacun dispose d’un ticket d’une compagnie différente dans le bus, mais enfin, nous voilà en Bolivie.

 

Copacabana n’est qu’à une petite vingtaine de minutes de la frontière, et avec l’heure de décalage nous arrivons dans le petit village aux environs de midi.

Il nous faudra faire un grand tour de la ville et des établissements avant de trouver notre bonheur, une chambre correcte, propre et bien placée, avec vue sur le Lac. Pas simple, et ce n’est pas la vue dégagée à laquelle nous nous attendions que nous trouvons, mais au moins ce n’est pas cher (négocié avec succès), propre, et le propriétaire nous plait bien. Les hôtels sont très nombreux ici, mais pas tous en bon état, voir proches de l’insalubrité pour certains, il faut choisir avec attention. Cette fois-ci, nous servir de nos applications n’était pas judicieux : les seuls hôtels sur booking sont les plus chers, bien au-dessus de la concurrence. Apres cette nuit chaotique nous avons besoin de repos et décidons de prendre 3 nuits à Copacabana pour nous mettre au rythme bolivien avant de continuer notre périple.

Aurore connait déjà ce village d’un précédent voyage, et a hâte de le faire découvrir à Bastien ce qui lui avait tant plus.

Apres un brunch avec vue sur le Lac Titicaca, nous nous lançons dans l’ascension du mirador de la ville. 2 chemins y mènent, le chemin de croix et un chemin à même la roche très peu banalisé : le sommet étant visible il suffit de grimper dans sa direction, en activant le mode « bouquetin ».

 

Malheureusement ce côté de l’ascension nous montre un tout autre visage du point de vue, la déchetterie à ciel ouvert qui se cache en dessous.

Des déchets, partout, en quantité, qui nous ont vraiment gâché la superbe vue qu’offre le mirador. Une triste réalité, même ici sur le toit de la ville, au bout d’un chemin de pèlerinage, avec la plus belle vue que les environs ont à offrir, l’homme réussi à détruire ce que la nature offre de plus beau.

Au sommet, des scènes de vie locale, entremêlant prières, pleures, babioles et autres bougies apportées par des familles boliviennes en quête de spiritualité.

Un enfant dort sous une bâche pendant que sa mère vend des offrandes, le lieu est surprenant de par ce mélange entre attraction touristique et lieu de recueillement.

La vue sur le Lac Titicaca reste superbe, mais une fois de plus, les immondices accumulées autour nous mettent un coup au moral.

     

De retour par le chemin de croix, nous partons au marché acheté de quoi se faire des sandwichs. Un plaisir qui nous coûte aussi cher qu’un restaurant, les boliviens nous voient arriver de loin, mais qui reste un plaisir indispensables pour nos papilles.

 

 Nous nous installons pour pique-niquer sur la place principale face à la superbe cathédrale de Copacabana.À 14h30 pétante, le prêtre sort avec un seau d’eau bénite et s’échine à bénir tous les véhicules stationnés devant le bâtiment pour l’occasion : il s’agit de voitures, bus, camions et autres engins roulants non identifiés nouvellement achetés par des familles boliviennes.

 

L’idée est de porter chance au conducteur et à ses passagers pour que personne ne perde la vie dans ces carcasses, sur certaines des routes les plus dangereuses au monde (nous reviendrons là-dessus plus tard, vous verrez…) Ce rituel à lieu 2 fois par jour, quel que soit le jour de l’année, et des milliers de boliviens traversent le pays pour cette occasion. Une fois que le propriétaire a souscrit à son assurance chez « Dieu & Co » (dont l’abonnement est reversé au prêtre), c’est champagne pour la famille, les amis, le prêtre, et bien sûr la voiture… On arrose la carrosserie et les roues histoire de valider le contrat et de ne pas se taper un malus immédiatement. Les intervenants jettent également des fleurs, des graines, et diverses choses non identifiées sur titine, attirant des nuées de pigeons, pour des raisons que nous n’avons cependant pas forcement bien identifié.

Une bien curieuse tradition, qui selon nous mérite le coup d’œil ! Une chose nous rassure : même les bus des grands groupes (comme la compagnie Titicaca) y passent. Nous ne craindrons donc rien en repartant, c’est certain…

 

Le reste de notre journée n’est pas très violent, principalement à base de repos, à profiter des abords du lac jusqu’au coucher de soleil qui est magnifique.

 

Pour notre dernière journée à Copacabana, nous nous rendons au ponton pour 8h afin de prendre des billets de bateaux pour 8h30, suite aux informations que nous avions pris les précédents jours. Nous en avions également profité pour faire le tour des agences et négocier nos tarifs.

 

Aucun souci sur l’embarquement, en 5mn nous sommes sur le ponton à attendre le départ. Au programme, Isla de la luna et le sud de l’Isla del sol puis un retour à 16h30 à Copacabana.

Alors qu’il y a 3 ans aurore avait dormi sur l’Isla Del Sol, les conflits qui sévissent entre communautés depuis quelques temps ne nous aura pas donné envie de réitérer l’expérience. Aujourd’hui, l’ile est véritablement coupée en 2, et impossible de se rendre sur la partie Nord en toute liberté. La partie Sud, elle, semble se transformer peu à peu en Disneyland Paris, perdant petit à petit de son charme…

Nous partons donc seulement à la journée, pour ce qui reste l’une des balades incontournables de Copacabana.

Dans le bateau, nous rencontrons 2 couples de français : La discussion s’engage très naturellement et nous passons le reste de la journée tous les 6.

Apres un stop rapide à l’Isla Del Sol, le bateau repart pour l’Isla de la Luna a 50mn de navigation.

Le temps est gris mais il ne pleut pas, un guide se présente et propose ses services pour les deux îles, nous indiquant que ne pas faire appel à ses services reviendrait à louper le bateau pour le retour, l’île étant trop grande et complexe à visiter… De nombreuses personnes acceptent mais nous préférons nous balader par nous-même et ne pas passer 1h devant 2 cailloux à écouter ce gentil monsieur, pour une somme non négligeable sur notre budget une fois de plus. Maps.me, une fois de plus, sera notre meilleur allié.

À l’entrée de l’Isla de la Luna, une taxe de 10bols est demandée : nous en avions été prévenus, aucuns soucis à ce niveau-là. Nous pouvons ensuite grimper au temple de la lune où vivaient et étaient sacrifié les vierges élues de la région (bonne ambiance).

 

Nous ressortons ensuite de l’enceinte et en profitons pour monter avec les mules sur la crête de l’île, en suivant les chemins indiqués par notre application fétiche.  Nul besoin de guide, et nous recroisons l’important groupe qui a choisi de se faire guider, loin derrière nous finalement. La vue sur l’étendue du lac et sur l’Isla Del Sol vaut le détour, et la grimpette au milieu des lamas est loin d’être difficile.

 Nous n’avons qu’une heure et c’est « un peu » au pas de courses que nous redescendons après avoir pris le temps au sommet. Cela reste largement faisable sans l’aide de quiconque, c’est une petite île dont on a vite fait le tour.

 

Dans le bateau pour l’Isla Del Sol, nous réalisons que le groupe avec guide se fait déposer aux ruines situées à l’extrême sud et que nous avons « obligation » de rester dans le bateau jusqu’au port, sous risque de nous perdre et de ne jamais partir de l’ile (rire diabolique, et tout le bardas). Seulement 2h nous sont accordées pour visiter le sud de l’île et manger avant de repartir pour Copacabana… Nous avons pris des billets pour le bâteau, et même si nous avons choisi de partir sans guide, nous ne comprenons pas (en bon français) pourquoi nous n’aurions pas droit de descendre lorsque le bateau fait halte…

 

Avec un peu de forcing (et en sautant sur le pont malgré les réprimandes de l’équipage, poussant au maximum pour que nous déboursions un peu plus pour rien), nous choisissons de faire notre propre itinéraire et de descendre au même endroit que le groupe.

En nous retournant nous réalisons que tout le bateau nous a suivi. Oups… Les matelots nous mettent une nouvelle fois en garde concernant le fait de se perdre sans guide ni carte…

Nous trouvons une boucle à faire avec différents points de vue grâce à maps.me et arrivons au village après 1h de ballade vraiment agréable, à prendre le temps. Effectivement, avec maps.me, il est trop facile de se rendre au village directement. Pour ce qui est de se perdre, il y a très peu de risque, même sans application (rappelons le, ça reste une moitié d’ile…)

   

Nous quittons les 4 français pour aller piqueniquer un peu plus loin pendant qu’ils vont au restaurant et nous donnons rendez-vous au ponton à 15h comme indiqué sur nos billets.

 

In fine, et comme cela devait arriver, lorsque nous arriverons au ponton à l’heure prévue, le bateau sera déjà repartie, car « plein »… Un coup volontaire des matelots pour se venger de notre audace ? Nous le saurons pas…

Une autre compagnie acceptera à force de persuasion de nous laisser monter dans un coin pour nous ramener sur la rive, sans surplus. Nous redirigerons notre capitaine vers la compagnie qui devait nous attendre, en lui laissant nos tickets pour qu’il se fasse payer par notre blagueur de transporteur.

Tout se fini bien, donc. Si la sortie sur ces îles a un vrai côté « circuit touristique », il ne faut pas hésiter à en faire à sa tête et à prendre quelques libertés ; c’est bien là que la beauté de ces îles se cache.

 

Il est déjà temps de repartir, et nous avons avec nos nouveaux amis négociés nos billets de bus pour la suite : chacun prend un chemin différent, certains au départ pour le désert, d’autres pour la ville, et nous… Nous, nous partons pour une aventure un peu hors du commun. Direction l’AMAZONIE !

A bientôt!

Aurore & Bastien

 

Infos voyageurs:

  • Hôtel Paris dans la rue principale. chambre double au 4e etage sans ascenseur. salle de bain commune propre. le « confort » à la bolivienne, mais un hotel vraiment peu cher et propre comparé aux autres dans la meme gamme de prix – négocié 20€ pour les 3 nuits.
  • Journée Bateau + Iles du lac titicaca 7€ par personne.
  •  Bus pour la Paz – négocié 3,20€ par personne (groupe de 6).

 

 

premiervol

Aurore et Bastien vous proposent de suivre l'aventure TOUR DU MONDE, de l'idée, au retour en France, en passant par le premier vol en Janvier 2018.

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