Au rythme du Mékong

De Huay Xai à Luang Prabang

 

Carnet de voyage – Dimanche 25 février 2018

On appréhende toujours un peu les passages de frontière. Enfin, « on », c’est surtout Aurore. Si il y a bien une chose dont elle a peur, c’est l’autorité… L’objectif du jour est très simple : passer la frontière vers le Laos et tenter de prendre l’unique slow boat du jour en direction de Luang Prabang, notre premier arrêt de cette nouvelle destination, qui nous est complétement inconnue. Si nous n’y arrivons pas, aucun problème on prendra celui de demain, et cela nous laissera le temps de nous reposer.

C’est donc avec le premier bus de la ville que nous partons vers Chiang Khong. 6h c’est un peu tôt (enfin, surtout pour Bastien, cette fois-ci), mais nous ne sommes pas les seuls, le bus est rempli de couples de backpackers français comme nous. On se sent moins seuls dans « l’épreuve », qui n’en est pas vraiment une.

Avant d’allumer son moteur, le chauffeur nous tend une feuille. Le prix normal pour aller au village est de 65Baths par personne, nous avions lu que celui-ci nous arrêtait à une intersection à 2km du poste frontière pour faire marcher les tuktuk à hauteur de 50Baths par personne. Le chauffeur nous propose pour 100Baths/tête de nous amener jusqu’au poste frontière. Les réflexions ne sont pas longues, tous les étrangers acceptent. Cela dit, après coup, avions-nous le choix finalement ?  

Notre dernier trajet terrestre se fait sans encombre, à 8h10 nous sommes devant le poste frontière. Le tampon de sorti se fait en 2minutes : nous voici devant le guichet pour la fameuse navette du pont. Un pont de « l’amitié » a été construit entre les deux pays et il est interdit de le traverser à pied (forcément), la navette coute 20Baths par personne en semaine, 25 le week-end. La guichetière nous propose aussi d’échanger notre monnaie en kips, car la banque est fermée de l’autre côté, ce qui est vrai le dimanche. On accepte, en perdant pas mal d’argent au change mais sur le moment difficile de réaliser que 70 000 sur 1 400 000 kips c’est beaucoup. Première erreur qui nous fera faire encore plus attention sur les transactions entre les monnaies. On ne gagne pas à chaque fois, que voulez-vous…

Après 1h d’attente nous traversons enfin le pont. Tous à nos stylos pour remplir le visa On Arrival, le sourire des douaniers a été oublié avec leur amabilité mais nous l’avons le fameux sésame pour 31$ au lieu de 30$ puisque nous sommes dimanche. En réalité à n’importe quel moment de la semaine vous paierez 1$ supplémentaire, et n’essayez pas de comprendre le pourquoi du comment, vous n’arriverez pas à les faire céder. Sur ce côté, pas possible de batailler, c’est comme ça ou ça n’est pas. Pour le reste, nous avons lu que la Thaïlande faisait particulièrement pression sur cette frontière pour que les bakchichs disparaissent, et cela semble avoir porté ses fruits.

Aurore commence à se détendre : c’est bon, nous sommes légalement au Laos. Un rabateur nous propose les tickets pour le slow boat depuis le port de Huay Xai. Aurore avait lu sur les blogs qu’il était préférable de l’acheter au port car moins cher mais le prix du rabatteur est égal à celui que internet annonce ; après une courte mais intensive réunion directionnelle de nous-même, et 2minutes après qu’un canadien nous informe qu’un ami à lui a voulu faire la même chose et à beaucoup galéré, nous n’hésitons pas trop et prenons les billets.

Bien nous en à pris, les seuls « taxis » amenant au port ce jour là sont ceux des agences, un couple belge prendra le taxi avec nous et se fera un bon coup de stress de peur de louper le bateau (une triste histoire de sac abandonné à des amis pendant que eux partaient chercher un autre sac perdu ailleurs, alors que leurs amis avaient le ticket du slowboat précédent… bref, une vraie histoire belge !)

Histoire d’augmenter leur sentiment de ONESTFOUTU, notre « taxi » nous arrête à 10h à l’agence pour prendre le « lunch » composé d’un malheureux sandwich et d’une bouteille d’eau. Première explication lao-française entre Bastien et l’homme de l’agence, celui-ci nous a vendu le lunch à 100Baths de plus au poste frontière et demande à ceux qui n’avaient pas pris cette option au départ, 60 Baths sur place. Petit cours de maths pour le monsieur, qui s’excusera mais ne lâchera pas l’idée que c’est normal. Donc petit conseil aux suivants, le slowboat + taxi à 1100Baths c’est bon, les 100Baths pour le sandwich aux oubliettes. Le coup de pression à la française ne nous aura permis d’obtenir qu’une bouteille d’eau en dédommagement, faible victoire… Pas bon pour instaurer un climat de confiance cette histoire ! Nous commençons sur la défensive.

Après une nouvelle heure d’attente, nous partons pour le port (c’est là qu’on a perdu les nerfs des belges eheh…). La chance nous sourit, au vu du nombre de personnes, 2 bateaux partent et nous montons dans le 2e qui n’est qu’un quart rempli. Nous pouvons choisir nos sièges et comble du luxe, nous finirons avec une banquette 4 personnes pour nous deux. Pour ce type de transport, c’est assez exceptionnel, nous l’apprendrons à nos dépends par la suite.

C’est parti pour 7h de bateau (selon l’agence, qui essaiera de vendre des chambres à 500Baths en faisant pression sur les difficultés à en obtenir une, c’est « full,full », vous dormirez dans la rue si vous prenez pas… Mon œil ! Déjà qu’ils ne nous plaisaient pas ces types…)

On en prend plein les yeux, la beauté du Laos nous arrive en pleine face. Un Mékong majestueux au milieu de montagnes et de roches karstiques. Une eau, pas toujours très propre malheureusement, où des petits ilots de plastiques apparaissent mais une ambiance apaisante, sur un bateau qui vogue calmement mais à bonne allure slalomant entre les rochers sortis de l’eau tel des icebergs et montrant par leurs couleurs tous les niveaux que peut atteindre le fleuve.

Les villages se succèdent, quelques cabanes en bambou perdus au milieu de la jungle, des enfants viennent mendier lorsque le bateau accoste quelques minutes pour déposer quelqu’un, on observe les buffles et vaches se rafraichir dans l’eau, les pêcheurs tirer leurs lignes et les orpailleurs en pleine action. Nous ne savions pas à quoi nous attendre pour ce pays, nous apprenons de minute en minute, au fil du cour d’eau.

 

Au final, 5h dans le bon sens du courant nous suffiront à atteindre Pakbeng, ville dortoir à mi-chemin. A notre arrivée, les gérants de guesthouse nous attendent, pancartes à la main. On commence les négociations dans un nouveau pays et obtenons une chambre à 230Baths au lieu de 600. On commence sérieusement à penser à une reconversion dans le commerce. Même si, pour ce coup-ci, ce n’était pas particulièrement difficile face au choix de logement qui s’offrait à nous.  

Comble du hasard, Claire et Arnaud, que nous devions rencontrer le soir, choisirons la même GH que nous. Nous passons la soirée avec eux au restaurant le plus proche. Merci à vous pour les échanges sur nos tours du monde, et profitez bien de la fin de votre aventure. Pour les curieux, Claire et Arnaud tiennent le blog énergiesvagabondes ! Ils sont sur la fin de leur tour du monde, l’occasion d’échanger au court d’un bref repas sur leur passage au Laos et le nôtre en Thaïlande ; nous échangeons de pays, en quelque sorte.

 

Carnet de voyage – Lundi 26 février 2018

En se baladant sur le bateau hier, nous avons découvert la salle des machines, salle où se situe le moteur et tous les passagers qui n’ont pas eu de sièges faute de place.

 

Notre bateau d’hier n’étant pas plein, les passagers dans cette pièce y étaient de leur plein grès pour pouvoir s’allonger. Mais nous avons envie à nouveau de pouvoir choisir nos places alors le réveil des coqs à 6h nous permet de nous décider et de partir à 7h30 acheter nos sandwichs dans la rue principale puis de prendre place avant 8h dans le seul bateau qui part pour Luang Prabang. Oui, un seul bateau, alors qu’hier il y en avait 2. Vous voyez le problème arriver ? Nous aussi. A 9h les gens font encore la queue pour monter, la tension monte, les esprits s’échauffent et une bonne 30aine de personnes devront faire le trajet debout car la salle des machines est aussi pleine à craquer. Nous ne partons qu’a 10h sous les applaudissements des étrangers, peut être déplacés pour les coutumes locales mais assez typique de nos coutumes à nous.

Encore chanceux nous nous retrouvons assis à côté des « 4 sous l’océan », une famille de 4 partie depuis 6 mois et originaire du Gers. Après avoir partagé notre manque de magret respectif, ça ne pouvait que coller entre nous. Nous passons quasiment tout le trajet à échanger, en profitant des paysages. Identiques à la veille, tout en étant différent. Nous passons devant les fameuses grottes de Pak Ou qui abritent des milliers de statues bouddhas à flanc de falaises. Le temps file et nous accostons à 16h30.

 
 
 
 

Personne ne bouge, mais où sommes-nous ? Cela ne ressemble absolument pas à un port de ville. Maps.me nous répondra puisque aucun membre de l’équipage ne parle réellement anglais, nous sommes à 10km du centre-ville. Les « petites arnaques » dont nous ont prévenu Arnaud et Claire hier commencent. 20 000Kips (2€) par personne pour un taxi collectif de 8, afin de rallier le centre-ville. Aucune autre option possible, ça commence bien. Nous apprendrons par la suite par notre petite famille de 4 qu’il faut tenter le bluff, s’équiper, et partir à pieds en direction de la route (pas très éloignée). Soit les tuktuk vous rattraperont quelques centaines de mètres plus loin avec un nouveau tarif, soit vous pourrez toujours en trouver un le long de la route principale et obtenir un tarif plus juste. Nous n’avions pas l’astuce, une fois de plus on ne gagne pas à chaque fois… Mais le climat de défiance dont nous vous parlions plus tôt ne fait que se renforcer. Vache à lait, nous ? Ok ça va être la guerre !

Il est l’heure de trouver une guest house ; celle que nous avions repérée étant complète, on commence par en faire 3 et découvrons les prix incroyables qu’ils pratiquent. Finalement un homme nous accoste tout en nous croisant avec son scooter : il est gérant d’une guesthouse dans le meilleur quartier de la ville (au pied du temple le plus prestigieux) et c’est un peu honteux que nous lui faisons baisser le prix de 165.000Kips au départ à 120.000Kips, finalement l’homme acceptera assez facilement, et nous servira même de taxi. Cela reste très cher pour l’Asie mais une connexion aux sites de réservations confirme nos craintes, en affichant des dortoirs de 8 au même prix ! Finalement, nous sommes déjà contents de trouver une chambre à ce prix-là, après coup. Pour vous donner un ordre d’idée, nous espérions nous loger pour 60 à 80.000kips la nuit (entre 6 et 8€, et oui, la conversion est facile ici !)

Une migraine tient Aurore depuis 2 jours, assez insupportable et qui nous oblige à ne pas aller trop loin pour manger. Bien nous en a pris, le boui-boui à coté de notre guesthouse nous a régalé pour rien du tout. Heureux de voir que nous allons pouvoir trouver ce type de restauration ici, à 20h c’est extinction des feux pour madame, en espérant que 12h de sommeil lui fassent du bien.

 

Infos voyageurs:

  • Bus Chiang Rai -> Poste frontière de Chiang Khong 100THB/personne en bus local
  • Navette « friendship bridge » 25THB/personne
  • Croisière 2j + Taxi frontière/embarcadaire + lunch 1200THB/personne
  • Chambre double Pakbeng 60.000 LKR la nuit (=230THB)
  • Taux de change au Laos : 1€ = 10.100 LKR 

 

 

premiervol

Aurore et Bastien vous proposent de suivre l'aventure TOUR DU MONDE, de l'idée, au retour en France, en passant par le premier vol en Janvier 2018.

2 pensées sur “Au rythme du Mékong

  • 18 mars 2018 à 11 h 29 min
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    Hello,

    Après je peux comprendre l’appréhension d’aurore pour le passage de frontière. J’ai deux potes (bob et manu) qui ont fait un tdm de 2 an et demi et je crois me souvenir qu’ils avaient réussis à passer une frontière en Asie qui était réputée être infranchissable sans graisser la patte des douaniers. Cela avait failli mal se terminer pour eux . Vous pouvez suivre leur anciens exploits sur leurs blog « bob et manu ».

    Les paysages du Laos sont magnifiques mais il est vrai que la couleur du mekong gache un peu .

    Se retrouver dans un traquenard à touristes pour les faire raquer pour rejoindre la ville m’aurait quelque peu gonfler .

    Bravo à vous et j’envoie à aurore en express 10 boîtes de doliprane !

    Bonne route

    James

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    • 18 mars 2018 à 11 h 34 min
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      La fameuse frontière doit être celle entre le Laos et le Cambodge ! Nous y passons demain , en effet la corruption est très présente dans ce coin. Affaire à suivre 😉
      Merci pour le blog de tes amis nous allons y jeter un œil ! Et encore merci de nous suivre… à bientôt James.

      Répondre

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