Au coeur de la cordillière centrale: Huancavelica

Carnet de voyage – Jeudi 4 octobre 2018

Vouloir sortir des sentiers touristiques, c’est bien beau. Mais on réalise que trouver des informations fiables sur les transports peut être un véritable casse-tête quand on ne vit pas ici. Après avoir passé 3h à chercher et à être aidé par nos hôtes, nous décidons de nous lever à 4h du matin pour prendre le train de 6h30 qui amène à Huancavelica notre proche étape.

 

4h30 nous sommes dans la rue, montons dans un taxi qui nous amène rapidement à la gare de Chilca. Portes fermées mais lumière allumée, notre chauffeur nous dit qu’elle ouvre un peu plus tard, premier remerciement à une agence de tourisme du centre qui nous a dit d’y être à 4h sinon nous n’aurions pas de place.

En s’approchant on remarque une feuille délavée accrochée sur la porte en date du 13 septembre et qui dit que la ligne est en travaux jusqu’à nouvel ordre. On toque et un homme vient répondre à nos questions au pied de la porte « non il n’y a pas de train. Depuis plusieurs mois. Et encore pour plusieurs mois ».

 

Là, de suite, dans cette ruelle sombre, nos backpacks sur le dos, on ne vous cache pas que nous sommes un peu au fond du seau. Encore une fois nous nous sommes levés bien trop tôt pour rien. On prend nos sacs et parcourons le km qui nous sépare des bus Ticllas, censés faire ce trajet (parce que oui, nous avions une solution bis, comme quoi, on finit par apprendre tout au long du voyage…). Selon internet (et notre hôte), les bus ne partent que 5 fois par jour dont le premier à 4h30 que nous avons donc loupé. Le prochain est censé être à 9h, il est 5h. Oh Joie !!!

 

Surprise, en demandant nos billets, on apprend qu’il y a finalement un départ par heure, au même prix que le train et que nous pouvons partir dans 45mn. Donc, nous avons passés pas mal de temps à préparer, chercher, nous déplacer, pour QUE DALLE. Personne n’aura su nous donner la réponse. Nous vous conseillons donc si vous atterrissez dans cette région de vous rendre directement au guichet de Ticllas pour qu’ils vous indiquent ou vous pouvez aller… et quand.

 

Les 4h de route qui nous mène à Huancavelica sont incroyables. Les paysages de la cordillère centrale sont à couper le souffle et nous ne pouvons décrocher nos yeux de la fenêtre malgré la fatigue.

     
 

Il est seulement 10h quand nous arrivons au milieu d’une foule de drapeaux politiques. Après demain ce sont les élections cantonales, régionales et ici on ne rigole pas avec la politique. L’ambiance est bouillante. Outre les maisons toutes peintes aux couleurs des partis (et ce dans une parfaite surenchère d’exubérance), les péruviens semblent très intéressés par leur avenir et prêts à défendre leur candidat coute que coute. D’un côté, un parti distribue de la nourriture dans la rue. De l’autre, le concurrent organise un convoi véhiculé entre les petits villages. En face, arrive le 3ème concurrent, qui bloque l’entrée de la ville. Et ainsi de suite… Nous sommes les seuls touristes au milieu de ce vaste capharnaüm, et difficile de tout comprendre, mais cela se déroule dans une ambiance très bon enfant. Ca force le respect…

Après avoir tourné dans la ville un bon moment en quête d’un hébergement correct, nous posons nos sacs à Los Balcones. Ce n’est pas la folie, mais en termes de logement pas terrible, c’est le moins cher. Quitte à dormir dans un placard, autant garder quelques euros pour la suite…

Depuis le 1er étage nous observons la foule manifester dans un vacarme incroyable. Les parties se croisent avec politesse, tout le monde est en rang, sans débordement tout en chantant et dansant en tenue traditionnelles. Toutes les tranches d’âges sont là, dans la rue, et le pays semble à l’arrêt. Pas besoin de service d’ordre, cela semble naturel et normal et chacun peut ainsi se faire entendre. Pour notre plus grand plaisir, la musique rythme ces défilés.


La fatigue et l’altitude commencent à se faire sentir, et nous sonnons la fin de la journée. Nous faisons 2 sorties en ville uniquement pour manger et observer cette méga bamboula pré-électorale, mais passons une bonne partie de la journée à nous reposer dans notre cagibi.

 
 

Carnet de voyage – Vendredi 5 octobre 2018

Réveillés au son de la procession religieuse, après une bonne nuit de sommeil, il est temps de découvrir ce pour quoi nous sommes venus nous perdre au cœur de la cordillère centrale.

 
 

 Huancavelica est une ville entourée de montagnes, à l’image de Huancayo. Le meilleur moyen de l’apprécier est donc de prendre de la hauteur. Pour cela on se lance après le « menu del dia » en direction du sanctuaire mirador du seigneur de Oropesa, une ascension d’une heure au départ du centre-ville sur un lieu de pèlerinage important pour les habitants. Les marches sont nombreuses mais l’ascension facile, et ce malgré le passage au-dessus de 3700m d’altitude. Nous sommes rassurés, jusqu’ici nous supportons plutôt bien ce palier.

 


           

 
 
 

 

Le panorama au sommet vaut largement ces efforts, et comme depuis 4 jours, nous sommes seuls à profiter un long moment des montagnes voisines et de leurs changements de couleurs grâce aux jeux de lumières du soleil

 
 
    

 
 
 
 
 
 

De retour à Huancavelica, on fait un détour par le couvent Saint François (un de plus) puis par le musée de la ville un peu difficile à trouver (il faut arpenter les ruelles derrières la place principale).

 
 
 
 

Nous sommes accueillis par une jeune femme très enthousiaste de nous faire visiter son exposition, mais qui nous annonce avec tristesse que la section archéologie n’est pas visible : quel dommage, la pièce principale de cette exposition est justement dans cette aile-là. En contrepartie, la visite est gratuite en ce moment ! Elle nous explique donc les différents costumes et coutumes dont disposent chaque région, chaque village, leurs danses particulières dont certaines vont jusqu’à la flagellation, les processions religieuses et leur importance pour les péruviens. Les instruments de musiques réalisés à base de cornes de vaches et peaux.

A la fin Bastien lui demande, quelque peu intéressé il faut avouer, pourquoi la section archéologie est fermée… Oui, tu comprends Madame, on s’intéresse beaucoup, et du coup on est tout tristes…

Malgré les interdictions (cette partie sort à peine de rénovation et n’as pas encore été inaugurée), elle se décide à glisser la clé dans la serrure de cette salle, pour nous permettre de jeter un « rapide coup d’œil » à ses trésors. Plus qu’un rapide coup d’œil, elle prendra le temps de nous détailler chaque vitrine, chaque élément de cette salle, des premières traces de l’homme en Amérique du Sud au développement des cités incas, les différentes poteries en fonction des évolutions de technologies, les diverses armes et objets du quotidien retrouvés dans les montagnes environnantes et datant de 3000milles ans.

Nous finissons notre visite par la découverte de la fameuse vitrine qui avait suscité notre curiosité : 3 momies et 3 crânes, parfaitement conservées, sont exposés dans la position de leur découverte. Un moment déroutant et incroyable, nous n’en n’avions jamais vu auparavant.

 

Notre guide nous explique leur âge, le pourquoi de leur sacrifice et comment elles ont été retrouvés quasiment intactes plus de 1000ans après. Ces sacrifices d’enfants (car oui, il s’agit d’enfants issus de la haute société, souvent princiers, sacrifiés pour apporter la prospérité à la population) semblent si loin de notre culture actuelle, c’est fascinant d’en apprendre autant face à ces corps momifiés, dans ce petit musée perdu au cœur du Pérou.

Nous avons passé plus d’une heure dans le musée, et toutes les informations transmises étaient passionnantes. La visite de ce bâtiment ne coute en tant normal que 2soles. Comme la section archéo n’était pas officiellement ouverte l’entrée pour nous était gratuite, et nous avons donc laissé un tips plus conséquent à notre guide (touchée du geste mais qui n’en a jamais soumis l’idée, et ça, on apprécie).

Définitivement, si votre voyage vous emmène jusqu’ici, il s’agit là d’une étape incontournable pour mieux comprendre l’histoire du Pérou. Une fois de plus, ce sont les visites non prévues qui s’avèrent les plus enrichissantes…

 

Faute de temps et de motivation, nous ne sommes pas allés voir la « mine fantôme » de Santa Barbara : il s’agit d’une mine et d’un village désaffecté à quelques kilomètres de Huancavelica. L’office du tourisme vous propose des tours à la demi-journée pour 60soles par personne (15€), vous pouvez également tenter de trouver un taxi pour vous y amener, mais lorsque nous avons demandé tous refusaient. En vous regroupant avec d’autres voyageurs (si vous en trouvez) cela peut devenir une solution intéressante !

Enfin il vous reste l’option marche, 15km plutôt bien indiqués sur maps.me mais avec un sacré dénivelé, notre corps n’étant pas encore acclimaté à l’altitude nous ne nous sommes pas lancés.

Apres les deux belles découvertes du mirador et du musée, nous nous penchons sur la suite du périple et à nouveau le problème des transports se fait sentir. Peu de bus, mais surtout aucun de jour…

Les retours des voyageurs sur Ayacucho ne nous ont pas donné envie d’y aller alors nous souhaitons rejoindre la côte en passant par « la route des miroirs », et c’est bien là que ça se complique, puisque personne ne réussit à nous dire comment faire. Il s’agit d’un chemin très peu emprunté, et nous le découvrirons, d’une route particulièrement dangereuse.

Après un petit vent de panique à nous imaginer retourner sur Lima pour pouvoir continuer notre périple, nous trouvons enfin notre salut. Quelques voitures privées proposent de partager la route avec d’autres voyageurs (souvent locaux) à destination des villes de Chincha et de Pisco. La route de Pisco passant par les fameux lacs miroirs que Aurore veut voir, cette option semble la meilleure, même si elle coute deux fois plus cher que le bus de nuit.

 

Après tout, c’est souvent lors des trajets que nous découvrons les plus beaux paysages depuis notre arrivée en Amérique du Sud…

A bientôt.

Aurore & Bastien

Infos voyageurs:

  • Bus Huancayo – Huancavelica 3,40€ par personne
  • Nuit Los Balcones, chambre double . 12€, négocié 9€. Hôtel en centre ville, sommaire mais literie confortable, télé dans la chambre et salle de bain privée.

premiervol

Aurore et Bastien vous proposent de suivre l'aventure TOUR DU MONDE, de l'idée, au retour en France, en passant par le premier vol en Janvier 2018.

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