Antigua & l’ascension du Volcan Acatenango

Nous arrivons finalement à Antigua une fois la nuit tombée. N’ayant aucun hôtel réservé, nous passons commande dans un café avec vue sur la place centrale pour trouver un endroit où dormir tout en profitant de la vie locale. Nous jetons notre dévolu sur El Cristal, une maison coloniale typique avec un patio intérieur et 8 chambres toutes très bien aménagées. Au vu de l’heure tardive nous n’avons malheureusement pas le choix de la chambre et sommes installés côté rue, bien plus bruyant que l’autre côté.

Mais le staff fait la différence, on se sent de suite comme à la maison. Accueillis dans un anglais impeccable on parle spanglais et on se comprend très bien.

Notre hôte nous donne toutes les informations nécessaires pour découvrir Antigua, ce que nous ferons demain après une bonne nuit de repos.

 

Carnet de voyage – mercredi 31 août 2018

Ayant droit à un petit déjeuner typique (et donc particulièrement « rassasiant ») ce n’est qu’en début d’après-midi que nous partons à la découverte de la jolie ville d’Antigua, dont nous avons d’ores et déjà entendu le plus grand bien dans la bouche de nombre de touristes en revenant.

 

Nous ne pouvons qu’être d’accord avec eux : nous sommes tombés sous le charme de cette très belle ville coloniale dès nos premiers pas. Toutes les maisons ne dépassent pas 1 étage, les façades présentent des couleurs chaudes et pastels, et les ruelles pavées ont comme toile de fond le magnifique volcan Agua.

 

Un cadre qui rend l’ancienne capitale très touristique, sans cependant que nous ne le ressentions particulièrement. Un vrai coup de foudre !

Cependant la ville est assez petite, et en réalité le tour en est rapidement fait. Après avoir découvert l’immense marché couvert puis le marché artisanal, nous dégustons un pepian, plat typique de la région à base de poulet, au cœur du marché et des locaux, puis partons en ville au hasard des rues.

 

De nombreux édifices religieux sont en ruines depuis les derniers séismes dévastateurs, donnant une ambiance particulière à la ville ; en parallèle, d’autres sont toujours debout, et sont disséminés aux 4 coins de la ville.

 
 

La ville d’Antigua est relativement animée, et ce surtout en début de soirée autour de la place centrale : tout le monde se retrouve pour discuter alors que le soleil baisse, une sorte de « rituel » dans cette petite ville où il fait bon vivre. 

 
 

Nous avons néanmoins passé la plupart de notre temps libre à notre hôtel, afin de nous reposer, car nous nous sommes lancé un défi de taille : l’ascension du 2e plus haut volcan du Guatemala, l’Acatenango et ses 3976m. Certes, pour beaucoup d’entre vous c’est peanuts, mais on vous assure que pour nos corps fatigués, ça représente un certain challenge ! Le « tour » est réservé (sachez qu’il est possible de le faire en autonomie cependant), et nous voici prêts à nous lancer dans l’aventure !

 

Carnet de voyage – samedi 1er septembre 2018

Il est 8h30 lorsque notre bus arrive, à l’intérieur 2 suisses avec qui la discussion s’engage de suite Charlène et Loïc. À quelques rues nous récupérons 2 barcelonais Clara et Eloï. Nous sommes assez étonnés mais réalisons rapidement que nous ne serons que 6 dans notre groupe et on en est tous plus que ravi ! Nous avions entendu des histoires de groupe de 10, 15 personnes, rendant la grimpette désagréable pour tous.

 

Le bus s’arrête devant l’agence organisatrice. Nous avons tous pris nos places dans différentes agences ou hostel du centre ville, et chacun d’entre nous a donc payé un prix différent. De notre côté nous avons choisi El viajero pour les bons retours lus sur un blog et avons négocié notre treck a 225 quetzal chacun, sans l’entrée au parc naturel qui s’élève à 50 quetzal chacun.

Un homme nous récapitule l’organisation de ces 24 prochaines heures.

Un sac nous est remis contenant nos 3 repas ; assez rudimentaire, surtout en ce qui concerne le petit déjeuner du lendemain mais nous avions anticipé la chose et acheter 1kg de bananes, des barres de céréales au marché, et des nouilles instantanées (au cas où, il s’agirai pas de mourir de faim en haut vous nous connaissez !). 

Nous partons chacun avec 4L d’eau également, que nous devions amener. Pour le reste, le matériel de camping est d’ores et déjà installé au camp de base à 3600.

On se rend vite compte que les agences ne nous ont pas tout dit et si nous n’avions pas lu de blogs nous aurions été comme nos amis d’ascension « un peu étonné » avant le départ.

 

Ceci étant, Apres 1h de route nous arrivons au pied de l’Acatenango, où une famille est prête à vous vendre eau/fruits et maïs de quoi prendre quelques réserves au cas où…

Nous sommes à 2200m d’altitude et rencontrons Moise, notre jeune guide de 22ans et nouvel ami pour ces 2 jours.

 

On récapitule le programme de nouveau :

Départ 10h30 à 2000m, arrivée vers 15h au camp de base à 3600m. Plusieurs arrêts prévus dont le déjeuner à 3000m.

Le temps est nuageux mais pas de pluie à l’horizon, ça nous va très bien.

On commence par 1h de montée dans de la terre mêlée à de la roche volcanique, le tout glissant après la pluie des derniers jours. Aïe, si tout le sentier ressemble à ça, ça va être plus compliqué que prévu.

Ca monte sec et dès le départ les jambes d’Aurore lui semblent extrêmement lourde. Une sensation très désagréable qui ne la quittera malheureusement pas de la journée… La fatigue accumulée sur les derniers semaines et les derniers mois se fait ressentir ; le coup de baton en quelque sorte ! Bastien, bizarrement, ne s’est jamais senti aussi en forme…

Nos 4 compagnons ont un rythme assez soutenu et nous restons en arrière du peloton, avançant au rythme d’Aurore et retrouvant le groupe lors des pauses « eau » toutes les ½ heures.

Un peu déçu d’elle-même, Aurore trouve l’ascension difficile alors qu’elle avance à un rythme normal. Bastien de plus en plus à l’aise sur les randonnées trouve l’ascension agréable, le sentier glissant a laissé sa place à un sous-bois à l’abris du vent.

À 11h30 nous sommes à 2800m. Nous venons de faire 600m de dénivelé en ligne droite. Tout le monde supporte bien l’altitude, et ça, c’est déjà un très bon point pour la suite !

Pause banane et barre pour tout le monde puis c’est reparti à travers la forêt de pin. Cette fois ci l’ascension se fait en zig-zag, un peu moins brut et difficile. Moins d’une heure plus tard nous arrivons à la pause déjeuner. Poulet, riz et légumes le combo des champions. Encore quelques bananes engloutis et on est reparti. Il nous reste 1h d’ascension dans la forêt pour atteindre le niveau du camp de base. Toujours en arrière nous avançons au rythme d’aurore qui souffre de porter 8kg sur le dos en plus de ces jambes. Bastien l’aide en faisant un échange de gourdes ce qui l’allège de 2kg et l’aide pour la suite.

 

À 13h30 la souffrance prend fin et il ne nous reste plus qu’à marcher Sans dénivelé pendant un peu plus d’une heure pour atteindre le camp de base sur l’autre flancs de l’Acatenango.

Cette partie de la randonnée est la plus agréable et nous retrouvons et restons au rythme de nos 4 compagnons. On en profite pour faire un peu plus connaissance avec Charlène et Loïc et admirer la flore qui nous entoure.

 

Les volcans voisins sont dans les nuages mais on devine déjà au loin le grondement d’El fuego.

Peu avant 15h nous arrivons à notre campement, sous la pluie cette fois-ci. Finalement nous sommes montés en un peu moins de 4h30, ce qui pour Moïse, notre guide, reste un bon temps ! Si vous êtes des montagnards aguerris, vous engloutirez les sentiers bien plus vite…

Malgré ce que nous pensions, nous sommes les premiers à arriver sur le campement. Une dizaine d’autres campements sont disséminés sur ce flanc de l’Acatenango. Assez espacés les uns des autres, cela nous donne l’impression d’être seuls, et nous apprécions le moment malgré l’humidité.

La pluie se fait plus dense, et nous restons tous autour du feu, protégés par une bâche. Nos vêtements étant mouillés par la transpiration, on se change tous et Bastien tend notre fameuse corde multi-usage au-dessus du feu pour que chacun puisse faire sécher ses vêtements. Au moment où on écrit ceci, quelques mois après, certaines de nos vestes ont toujours l’odeur du feu… On ne vous parle même pas de nos sacs de couchage.

Au départ, on se dit que l’après-midi va être longue, surtout que les volcans Agua , Pacaya et Fuego qui nous entourent sont complètements invisibles. Et puis, très naturellement, nous nous mettons à discuter de tout et de rien au coin du feu. Notre guide et 2 très jeunes Guatemalteques qui l’aident sur le camp viennent faire connaissance avec nous. Si vous souhaitez un café, comme prévu lorsque vous réservez le tour, sachez qu’il faudra utiliser votre eau, les guides montent sans, et pas de source sur ce volcan. Heureusement, nous en avons tous en quantité car les températures n’étant pas très chaudes nous n’avons pas eu besoin de nous hydrater plus que nécessaire.

Autour du café et du feu les discussions continuent et Moise nous promet l’apparition des volcans à 18h pétante. Nous avons peine à le croire tellement les nuages sont épais et constants depuis notre arrivée, et Bastien ne cessera de chambrer nos guides sur ce rendez-vous d’une ponctualité théoriquement sans faille.

Mais bien entendu, il a raison, et le spectacle promis se déroule même un peu en avance.

À 17h30 le temps bascule, sous le soleil couchant, les géants du Guatemala finissent par se dévoiler. À notre droite El Fuego, le volcan actif El Fuego, crachant ses nuages de cendres sans discontinuer : il s’agit du géant étant entré en éruption 3 mois auparavant, aillant fait de nombreuses victimes dans les villages alentours. À notre gauche, l’Agua, bien plus paisible et également le plus beau à nos yeux avec sa forme conique parfaite ; au fond le Pacaya, dont les coulées de lave apparaissent de plus en plus clairement lorsque la nuit arrive.

 

C’est un moment magique, hors du temps, qui nous fait comprendre en quoi ce treck est exceptionnel et pourquoi il s’agit là du meilleur souvenir de beaucoup de voyageurs au Guatemala.

Nous restons tous au coin du feu jusqu’à ce que la fatigue l’emporte. À partir de 20h les éruptions de roches volcaniques d’El Fuego se font plus fréquentes, et à chaque éruption, nos guides crient « lava » pour que l’on tourne la tête afin d’admirer le spectacle. La lave jaillissant de ce géant dans l’obscurité est impressionnante, et le grondement qui l’accompagne suivi du fracas des roches se grave dans nos cerveaux comme une empreinte indélébile.

Au menu pâtes et sauce tomate, pas très appétissant mais efficace, de quoi nous rassasier et c’est tout ce qui compte.

À la fin du diner c’est chocolat chaud pour tout le monde et le guide du groupe voisin nous rejoins alors que Eloi l’un de nos compagnons venaient de poser une question à notre guide qui semblait embêté de répondre. Nous allons très rapidement comprendre pourquoi.

Le récit de leur histoire, retransmis par Bastien le lendemain de notre ascension afin de ne rien oublier, se trouve ici. Un moment fort en émotion pour nous tous.

 

Par la suite, les conversations continuent et se font plus légères. Les jeunes retrouvent leurs sourires leurs vidéos et musiques qui nous font rire et danser. Vers 21h nous sommes épuisés et demandons à rejoindre nos tentes.

N’étant que 6, chaque couple a sa propre tente. 2 tapis de sol et 4 duvets très épais. Nous ajoutons à l’intérieur nos duvets légers, ce qui devrait nous permettre de dormir quelques heures. Pour Bastien, difficile de se résoudre à fermer la tente alors qu’un tel spectacle se déroule juste devant nous… Mais le réveil est très proche ; et nous devons récupérer des forces pour la dernière étape de l’ascension.

 

Carnet de voyage – dimanche 2 septembre 2018

Les matelas de sol c’est bien connu pour ne pas être confortable alors la Nuit aura été courte et difficile, ponctuée par les explosions de notre voisin agité. À 4h, un « buenos dias  » nous extirpe de notre torpeur : il est temps.

L’ascension reprend à 4h30, frontales et lampes pour seuls lumière.

Comme hier, Aurore peine à suivre le groupe et garde son rythme. Moise fait de nombreuses pauses et l’ascension n’est pas si longue que cela. Nous grimpons dans une épaisse brume, un orage se déchaine autour de nous, et les éclairs viennent illuminer le ciel à intervalles régulières. Nous ne voyons ni d’où nous partons, ni où nous allons.

À 5h30 nous arrivons au sommet, alors que le soleil commence à se lever.

Nous sommes dans les nuages et le panorama tant espéré ne nous apparaît pas mais le soleil fini par percer, mais le plus important c’est de réaliser que nous l’avons fait, nous sommes à 3976m au sommet de l’Acatenango, sur le sommet du Guatemala.

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On résiste pendant 20mn aux rafales de vents puis on se rend à l’évidence, la vue ne se dégagera pas et il vaut mieux que l’on redescende sans trop attendre.

La descente est bien plus facile, on se laisse glisser dans les roches volcaniques qui ressemblent au sable de notre dune du Pilat. Dès que nous sommes en dessous des nuages le spectacle est grandiose : finalement, c’est quasiment redescendu au niveau de notre camp de base que la vue se dégage. Tous les volcans nous apparaissent.

Nous restons un long moment au petit déjeuner à admirer ces paysages.

 

Moise nous remontre les coulées de lave dévastatrices et le fameux Canyon où il s’est caché pendant ces événements meurtriers.

À 8h nous prenons la route du retour. Après la partie plate, nous prenons un autre chemin pour la descente dans la forêt. Un chemin bien agréable mais un peu difficile car extrêmement glissant, nous faisons tous très attention, avec la fatigue nos genoux commencent à souffrir.

Après de nombreuses pauses, plus pour profiter du moment que par nécessité, nous arrivons au point de départ à 11h.

 

Il est temps de dire au revoir et surtout merci à Moise, qui aura été parfait tout au long de cette aventure. 

Nous avions lu que l’ascension de l’Acatenango pouvait être aussi éprouvante qu’extraordinaire et on ne peut que confirmer. Ces 24h resteront longtemps dans nos mémoires et font parti des expériences les plus belles que nous ayons vécu pendant notre tour du monde.

 

Il est temps pour nous de nous reposer. Nous avions laissé nos sacs à l’hostal et décidons d’y rester une nuit supplémentaire afin de récupérer. 

 

Carnet de voyage – lundi 3 septembre 2018

Avant de quitter Antigua, Aurore part au belvédère de Cerro Del Cruz profiter de la vue panoramique sur Antigua et le volcan Agua. Elle en profite pour flâner encore une fois dans les rues colorées de la ville.

 
 
 
 
 

Antigua est une vrai ville coup de cœur pour nous deux. C’est beau, on s’y s’en bien, c’est touristique sans trop l’être, et on y trouve tout ce qu’il faut pour s’y poser quelques jours.

À midi, il est temps de faire nos adieux aux adorables gérants de l’hostal : nous partons en shuttle pour le Lac Atitlan, dernière étape de notre séjour au Guatemala !

 

Infos Voyageurs:

  • Bus Biotopo del Quetzal – Antigua 100Q par personne
  • Hostel EL Cristal 19€ la chambre double avec sdb commune et petit déjeuner, 16€ avec un surclassement à notre retour de l’Acatenango, cadeau du propriétaire. Un staff adorable et une très jolie maison coloniale très bien agencée. Les chambres en bord de route sont plus bruyantes mais moins chers que les autres.
  • Ascenscion Acatenango 225Q (=26€) par personne chez EL viajero (un hotel qui fait également agence) + Entrée du parc 50Q par personne.
  • Shuttle pour Panajachel (lac atitlan) 70Q par personne

premiervol

Aurore et Bastien vous proposent de suivre l'aventure TOUR DU MONDE, de l'idée, au retour en France, en passant par le premier vol en Janvier 2018.

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